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A l' occasion du lancement de 5e campagne Handivalide qui aura lieu dans 40 universités et grande école française du 11 février au 5 mai 2010, pour promouvoir l'égalité des chances pour les étudiants en situation de handicap. Nous avons interrogé le président Robert Borja de l'association étudiante Starting-Block et Larissa Blaser Présidente de la Commission Handivalides de Centrale Lille. Car si le bilan de l'action et certes largement positif, idée préconçue et manque de volonté et parfois de moyens financier côté administration ou politique laisse songeur...


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F.H.I --- Au lendemain de l'anniversaire du vote de la loi sur l'égalité des chances, celle-ci a-t-elle permis une meilleure accessibilité et ouverture aux étudiants en situation de handicap ?

Robert BORJA --- Oui, effectivement, cela a permis des améliorations notables, car la dernière loi sur le sujet datait de 1975 et ne traitait pas spécifiquement de l'enseignement supérieur. Ainsi, depuis 2005, les établissements supérieurs ont la responsabilité d'organiser et de financer l'adaptation des locaux ainsi que les conditions d'accueil et d'accompagnement pédagogique des étudiants handicapés. Cette loi a été suivie par la signature de deux chartes entre le Ministère de l'Enseignement supérieur et la conférence des présidents d'Universités, en 2007, et la conférence des Grandes Écoles en 2008. Sont ainsi apparus dans les établissements supérieurs les référents handicap, chargées d'évaluer les besoins de l'étudiant et de mettre en place un plan d'aide et d'adaptation personnalisé. Néanmoins, les situations sont encore très variables d'un établissement à l'autre et certaines barrières subsistent toujours. Ainsi, l'intégration du handicap psychique dans les politiques d'accueil et d'accompagnement reste aujourd'hui encore très difficile à prendre en compte

Larissa BLASER --- Handivalides – Melle Blaser : Je ne suis pas depuis suffisamment longtemps la problématique du Handicap et des études supérieures pour pouvoir répondre à cette question. Toutefois, je trouve la notion de chance, peu approprié. L'accessibilité des études devant être un droit.

F.H.I --- Le gouvernement, lors son arrivée au pouvoir, s'était engagé à favoriser l'accès et l'ouverture aux grandes écoles pour les étudiants en situation de handicap, quel est votre sentiment ? Y a t-il eu des avancées sur ce point et lesquelles ?

Robert BORJA --- En 2008, la signature de la charte entre le Ministère de l'Enseignement supérieur et la Conférence des grandes écoles a permis de mettre en place une vraie dynamique à ce niveau. On assiste depuis à une globale amélioration de l'accès des étudiants handicapés aux grandes écoles. Mais ces avancées restent très lentes et parfois insuffisantes. Par exemple, il est encore très difficile pour un étudiant handicapé d'accéder aux classes préparatoires de certaines grandes écoles. Il reste également beaucoup à faire en terme d'aménagement des concours afin de garantir une réelle égalité des chances. Aujourd'hui encore, le taux d'étudiants handicapés suivant une formation dans les grandes écoles est encore très faible.

 

Larissa BLASER --- Je n'ai pas l'impression que le gouvernement a agi en faveur de l'accessibilité des Handicapés aux grandes écoles. Certes elles doivent se rendre accessibles à tous d'ici janvier 2011, mais le financement ne suivant pas, forcer la main en imposant des délais qui ne peuvent être respectés, ne sont pas d'un grand intérêt. Et cette accessibilité des locaux mise de côté je pense que les grandes écoles pourraient aussi agir plus, indépendamment du gouvernement, en réformant les manières d'enseigner notamment. Selon moi, chacune des deux parties est prête à faire avancer, il manque juste un peu d'entrain.

 

F.H.I --- Pour pouvoir permettre aux jeunes handicapés de réussir leur parcours d'étude à l'université ou dans les grandes écoles, pensez-vous que les moyens donnés au départ soient suffisants ?

Robert BORJA --- Il est clair que les moyens ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux. Malgré le programme Handiscol qui a permis des avancées significatives, le manque d'AVS est un problème récurrent depuis plusieurs années.

Il faut noter également un manque criant de formation initiale des enseignants du primaire et du secondaire sur le handicap. Et pourtant, toutes les avancées relatives à l'accès et à la prise en charge des étudiants handicapés dans le supérieur ne pourront être pérennes que lorsque ces défis dans le primaire et le secondaire seront pleinement relevés.

C'est dans cet esprit que Starting-block a lancé un programme de jumelage scolaire entre des classes de collégiens valides et handicapés afin de sensibiliser et de permettre une meilleure connaissance mutuelle entre jeunes valides et handicapés dès le plus jeune âge. Nous venons également récemment de mettre en place un programme de tutorat pour les jeunes du secondaire afin de les accompagner, en amont, dans leur orientation en termes d'études et d'emploi.



Larissa BLASER --- De ce que j'ai pu apprendre, il me semble qu'au-delà des moyens mis à disposition en primaire ou en secondaire, le problème vient plus de l'autocensure. Autocensure qui d'ailleurs se retrouve aussi bien chez les jeunes handicapés que valides et qui peut sembler assez justifier. En effet, au-delà des moyens, la complexité des formations supérieures rend difficile la réussite. Manque d'aides scolaires disponibles et aptes à comprendre les cours suivis, manque de temps notamment en classes préparatoires par exemple. 

F.H.I --- Certains jeunes étudiants handicapés estiment que la discrimination est encore beaucoup trop présente (notamment de la part des étudiants et des professeurs). Quel ressenti avez-vous sur cette problématique ?

Robert BORJA --- Effectivement, c'est ce qui ressort d'une grande partie des témoignages que nous mettons en lumière lors de la campagne Handivalides. Certaines estiment à 30 % le nombre de jeunes handicapés qui pourraient bénéficier des aides mises en place, mais qui ne le font pas connaître par peur de la discrimination. Pour y remédier, nous estimons que les dispositions légales et techniques doivent être accompagnées d'un travail de sensibilisation sur le terrain. C'est un des objectifs principaux de la campagne Handivalides, que nous menons dans les établissements supérieurs depuis plusieurs années...

Larissa BLASER --- Pour moi, toute discrimination est de toute façon « trop » présente. Après je pense que ces réactions sont plus le résultat d'une peur. L'ignorance sur les handicaps, la peur de la différence sont des choses qui peuvent facilement être résolues par des campagnes d'information auprès des jeunes. Et à ce niveau-là je trouve important qu'Handis et Valides travaillent ensemble, chacun ayant un rôle à jouer pour briser les barrières. Certes ce n'est pas forcément facile de communiquer sur son handicap, mais essayer de le cacher tend à justifier les comportements discriminatoires.

F.H.I --- Quel bilan concrètement (avancé technique, matériel, financier...) dressez-vous de la campagne Handivalides 2009 ? Quels sont vos objectifs pour la campagne 2010 ?

Robert BORJA --- De plus en plus d'universités et de grandes écoles ont fait le choix de nous rejoindre dans la démarche Handivalides, en accueillant une journée de sensibilisation sur leur campus. Par ailleurs, les associations étudiantes sont de plus en plus nombreuses à porter le projet. Ces tendances très visibles en 2009 sont encore renforcées en 2010 et nous nous en réjouissons, car cela prouve une appropriation de la thématique du handicap par les principales parties concernées. Nous sommes très heureux notamment de voir, parallèlement à la Campagne Handivalides de Starting-Block, l'éclosion d'autres initiatives étudiantes liées à ce sujet.

De notre côté, pour la campagne 2010, nous avons créé un comité de pilotage composé exclusivement d'étudiants motivés, au cœur du projet dans leurs établissements respectifs. Cette implication des associations étudiantes permet de renforcer encore l'ancrage local des journées Handivalides, indispensable à la pertinence et à la pérennité de la campagne.

L'enjeu consistera dans les prochains mois à accompagner la maturation d'un véritable mouvement national étudiant dédié au développement d'une culture d'inclusion des étudiants handicapés à toutes les composantes de la vie étudiante et d'une collaboration constructive à la politique handicap de leur établissement.

Larissa BLASER --- La commission Handivalides a rejoint la campagne 2009 trop tard pour pouvoir tirer un bilan. Nos objectifs personnels pour cette année, consistent seulement à organiser une journée Handivalides qui ait un impact autant, voir plus grand que l'année dernière, sur tous les visiteurs et plus particulièrement l'administration de Centrale Lille. Et d'inscrire durablement la problématique du Handicap à l'école Centrale Lille. Pour mon école, suite un audits celle-ci est tours en attente de financement, malgré des subventions qui ont permis d'amélioré l'accessibilité,l'absence d'étudiant chez nous et surtout du par notre secteur d'étude, malgré tout je reste persuader que cela sera possible pour notre école d'accueillir un étudiant qui le souhaiterait intégré se cursus scolaire.

F.H.I --- Enfin, à l'approche des élections régionales (mars 2010) et compte tenu du rôle essentiel des régions sur les questions de handicap, quels sont vos souhaits en matière de politique à destination des étudiants en situation de handicap ?

Robert BORJA --- A travers notre campagne d'opinion « Jeunes et Handicaps égalisons nos chances », nous soulignons que l'accès aux études est étroitement lié à d'autres thématiques telles que celles de l'accès aux loisirs, au logement, au transport et à l'insertion professionnelle. Ce n'est qu'en travaillant sur ces 5 axes fondamentaux, tant au niveau local que national, qu'une réelle égalité des chances pour tous sera possible.

Larissa BLASER --- Je n'ai aucune remarque à faire à ce sujet.

 

Interview réalisé à Paris le 11.02.2010
 Par Stéphane Lagoutiére



 

 

 

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