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Alors que la 14éme édition de la semaine pour l'emploi des personnes handicapées a commencé hier, le Directeur Éric BLANCHET nous confie ici l'impression d'un bilan et l'évolution des travailleurs handicapés dans la société française. Le Directeur qui appel les entreprises à éveil et évolution des mentalités et aussi celle de la responsabilité face au taux de chômage de l'importance de l'accès a l'éducation et aux études supérieures ou encore a la formation professionnelle thème de cette 14e édition. Et confirme le sentiment de l'association face aux décisions de l'État sur sujet ou celui de l'AGEFIPH qui considère cela comme. À noté que vous pouvez retrouver toutes les informations de cette manifestation nationale sur le site édité spécialement à cet effet et mis en place par les trois organisateurs l'ADAPT, l'AGEFIPH et le FIPHFP.

Eric BLANCHET Directeur de ADAPT ©ADAPTEric BLANCHET Directeur de ADAPT ©ADAPT

F.H.I --- 14 ans après sa création en 1997, vos objectifs ont-ils atteint ?

Éric BLANCHET --- Quatorze ans, c'est un cycle significatif. Nous avons démarré dans un no-mans-land et, à l'époque, peu de monde osait faire un rapprochement entre compétences et handicap. Et encore moins de personnes ne pouvaient penser que le handicap pourrait être une force pour l'entreprise. C'était une thématique très faible, car le lien handicap et emploi ordinaire était encore naissant et le handicap représentait surtout un frein pour l'entreprise. Une représentation qui persiste de nos jours, mais qui a fortement évolué notamment grâce à la loi de 2005.

Aujourd'hui, on peut dire que le pari est gagné : le côté rendez-vous annuel est bien campé dans l'agenda social français et la reconnaissance du public à l'égard des travailleurs handicapés s'instaure de plus en plus. Bien que le problème des personnes handicapées au travail se pose de manière continue, il y a au moins une semaine par an où beaucoup de personnes prennent le temps d'y réfléchir et d'agir.

L'an passé, avec près de 380 actions recensées sur notre site, l'édition 2009 de la Semaine a montré une très forte mobilisation des entreprises et des candidats. Nous avons comptabilisé, rien que sur les manifestations portées par L'ADAPT, 2 500 recruteurs et 7 500 candidats mobilisés.

F.H.I --- Aujourd'hui encore bon nombre d'entreprises publique ou privée ont du mal à concevoir la personne handicapée en tant que travailleur, que répondez-vous à cela ?

Éric BLANCHET --- Que les choses ont évolué ! et que si les entreprises avaient encore du mal à imaginer qu'une personne handicapée puisse être un producteur lors de la première SEPH, la loi 2005 a permis de faire évoluer les mentalités et les entreprises n'opposent plus handicap et compétences. Mais il faut continuer à éveiller les consciences et à informer les recruteurs qui ne sont pas tous au même niveau d'information et de sensibilisation. Nous travaillons désormais avec Agefos PME Ile de France qui permet de tisser des relations avec les petites et moyennes entreprises.

F.H.I --- Il y a aujourd'hui un secteur comme celui de la presse (écrite, audiovisuel ou radiophonique) qui n'embauche aucun travailleur handicapé a 90 %. Cela ne vous pose-t-il pas certaines interrogations ?

Éric BLANCHET --- Il y a un manque certain de représentation du handicap dans la société civile et notamment auprès des représentants politiques ou médiatiques. Cela fait partie d'un des axes des PRIORITÉS HANDICAP 2011 que nous avons formulé en ce début de semaine pour l'emploi. Plus précisément, c'est une déclinaison de la quatrième priorité que nous avons formulée ainsi : « accroitre la représentation du handicap dans tous les compartiments de la vie civile ».

Cela part du constat que voir plus de personnes handicapées dans la vie de tous les jours notamment dans les médias permet de mettre fin aux tabous, de travailler sur les perceptions et de dédramatiser les choses.

F.H.I --- Le manque de formation n'est-il pas trop souvent mis en avant comme excuse, alors que celle-ci et largement présente en France et souvent soutenu par les régions ?

Éric BLANCHET --- Même si l'on sait que certaines personnes handicapées ne peuvent aller vers l'emploi, il n'en reste pas moins vrai que pour celles qui le peuvent, les obstacles sont nombreux, car avant l'emploi, il y a l'accès à l'école et à l'enseignement supérieur et que cela reste un obstacle pour nombre d'enfants et d'adolescents handicapés.

Dans un contexte économique difficile où le diplôme est vu comme une garantie pour l'employeur, le manque de qualification représente un frein. Cependant, ce défaut pourrait être corrigé si la réflexion se faisait en termes de métiers et de compétences.

 

 

 

 

 

 

F.H.I --- L'État vient d'annoncer dans la loi de finances 2011 sa décision de ponctionner l'AGEFIPH de 60 M€ en deux ans, n'y a-t-il pas la une contradiction avec ses objectifs a l'emploi ?

Éric BLANCHET --- Plus qu'une ponction, il s'agit d'un transfert de compétences. L'article vise à transférer à l'Agefiph la gestion de certains dispositifs à destination des travailleurs handicapés, aujourd'hui pris en charge par l'État et notamment ceux pour financer et assurer la mise en œuvre des parcours de formation professionnelle... Interrogée à ce sujet par L'ADAPT lors de notre conférence de presse de lancement de la Semaine, l'Agefiph a expliqué que cela nécessiterait des arbitrages, les conséquences de ce transfert sont donc à venir, c'est pourquoi il s'agit d'être attentif.

F.H.I --- L'État n'a-t-il pas une part importante dans le taux de chômage des travailleurs handicapés et notamment dans le domaine de la scolarité où nombreux sont encore ceux qui ne peuvent avoir une scolarité faute d'AVS ?

Éric BLANCHET --- Face à aux pouvoirs publics, ce que nous voulons, c'est que les MDPH avec la CNSA affirment leur rôle de coordinateurs. Il faut simplifier les dispositifs et les rendre lisibles pour que les personnes handicapées puissent solliciter les bons acteurs en fonction de leur situation. Ces coordonnateurs de proximité doivent régler leurs difficultés internes pour mettre leur énergie au service des personnes handicapées. L'ensemble du dispositif législatif à travers la loi 2005 abordait toutes les questions permettant l'accès à la pleine et entière citoyenneté des personnes handicapées. Il faut qu'un plan de mise en œuvre respectant la volonté du législateur soit établi et suivi.

F.H.I — Aujourd'hui encore plus d'un quart des entreprises françaises préfère s'acquitter de la contribution plutôt que de l'embauche, auquel s'ajoute un quart à moins de 3 %. Comment expliquez-vous cette situation ?

Éric BLANCHET — Malgré l'implication des entreprises, force est de constater que le taux de chômage des personnes en situation de handicap est le double de la moyenne nationale. Ainsi l'accès à l'emploi pour les personnes handicapées qui le peuvent reste un défi. On pourrait être tenté de faire porter à l'entreprise la responsabilité de l'emploi des personnes handicapées.

Mais est-ce aussi simple ? Les conditions en amont de l'accès à l'emploi ne sont toujours pas réunies : l'accès à l'école, aux collèges, à l'université ou aux grandes écoles, la pertinence des formations, des transports non accessibles et insuffisants, l'accès aux logements...

Par ailleurs, les représentations qu'on se fait sur le handicap demeurent un frein à l'embauche. Le changement de regard étant un processus long, cela implique une nécessaire répétition des actions de sensibilisation comme le représente la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées.

F.H.I --- Pour conclure sans vouloir me répéter, mais qu'attendez-vous réellement et concrètement de cette nouvelle édition et notamment de nouvelle manifestation organisée cette année ?

Éric BLANCHET --- Notre 14e édition sera placée sous le signe de la vigilance en cette période de crise économique et de forte mutation de notre secteur. La particularité de cette année est notre volonté de répondre toujours de manière concrète aux besoins des personnes en recherche d'emploi et des entreprises, de participer à l'élaboration de solutions. Notre Semaine permet la rencontre entre recruteurs et travailleurs handicapés avec l'organisation d'Handicafés©, de Jobdatings© ou de Forums pour l'emploi.

Mais cette année, nous avons souhaité muscler le discours vis-à-vis de l'emploi et avons menée des groupes de réflexion sur le sujet qui nous a permis de présenter hier lors de l'inauguration de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées au 104 dans le 19e à Paris, des PRIORITÉS HANDICAP 2011 où l'on demande à tous de se pencher sur les parcours atypiques, la formation, le management et le lien nécessaire à créer entre les établissements scolaires et universitaires, les services de l'emploi et les collectivités territoriales.. Nous avons mis en ligne un blog hier sur le sujet qui reprend l'intégralité de nos prioritéshandicap2011.com

Interview réalisé le 16 Novembre 2010 
 Par Stéphane Lagoutiére












 




Propos recueillis à Paris le 16 novembre 2010

Par Stéphane Lagoutière

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