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CNH 2014 le President Association des Paralysée de FranceÀ l’occasion de la Conférence nationale du handicap qui s’est tenue ce jeudi au Palais de l’Élysée, le président de l’Association des Paralysés de France, Alain ROCHON, n’a obtenu aucune annonce à se mettre sous la dent afin d’obtenir une société pour tous. Pour lui, la solution est de se passer de l’État afin que les bailleurs sociaux, promoteurs immobiliers, entreprises, se mettent le plus rapidement possible aux normes.

F.H.I --- Cette Conférence nationale du handicap a-t-elle répondu à vos inquiétudes

Alain ROCHON : Sur la forme, cette Conférence nationale du handicap était pas mal. On a pu s’exprimer et dire ce que l’on attendait de cette journée. Les retranscriptions des forums régionaux étaient assez bonnes. Après, Concernant les annonces, je n’ai pas trouvé grand-chose à me mettre sous la dent. On n’a pas ressenti une grande ambition pour le handicap. Parfois, les personnes handicapées sont mises sur un même pied d’égalité et parfois il faut créer des structures spécialisées pour ces personnes. C’est un peu flou pour nous. On comprend bien que le gouvernement ne pouvait pas annoncer un plan de plusieurs milliards d’euros pour le handicap mais un peu plus de volonté et de mobilisation des pouvoirs publics, cela aurait fait du bien

F.H.I --- Selon vous, l’exécutif ne prend pas en considération cette question du handicap

Alain ROCHON : Je ne pense pas que la question du handicap soit une priorité pour le président de la République, François Hollande, et de son gouvernement. On dit que la loi du 11 février 2004 manquait de financement et de pilotage, j’ai peur que dans quelques années, o dise la même chose.

F.H.I --- Cela veut-il dire que le handicap n’est pas une cause nationale ?

Alain ROCHON : J’attends de voir ce que va donner la campagne audiovisuelle sur l’accessibilité. On aura peut-être d’heureuses surprises. On ne sent pas que c’est le dossier prioritaire et c’est très dommage. Cette société évolue soit vers plus de mercantilisme et de repli sur soi, soit vers une société où les personnes handicapées incarneraient les valeurs de la République : la solidarité, la fraternité. Malheureusement, je n’ai pas entendu ce souffle dans le discours présidentiel.

« Les agendas d’accessibilité programmés, un dispositif qui a le mérite d’exister mais qui est trop laxiste et trop souple. »

F.H.I --- Sur la question de l’accessibilité, que peut-on faire ?

Alain ROCHON : On attend une mobilisation et des moyens qui tardent à venir. Avec un dispositif flou, des délais qui sont de plus en plus long, on n’en sortira jamais. Maintenant, je vais me passer de l’État. Je vais aller voir les lobbies. J’ai commencé à discuter avec la SNCF, les promoteurs immobiliers, les distributeurs et les bailleurs sociaux pour leur dire que c’est notre intérêt commun. On s’y met tous ensemble. J’ai déjà de bons échos. Bien évidemment, je n’y arriverai pas tout seul. Essayons cette méthode et après on viendra voir le gouvernement en disant qu’on a trouvé un accord entre nous. On va faire une petite cérémonie pour bénir notre union. On va se retrousser les manches une fois de plus et on va y aller nous-même.

F.H.I --- Le gouvernement va mettre en place les décrets d’application des agendas d’accessibilité programmés, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour le faire ?

Alain ROCHON : Certains disaient que c’était la moins mauvaise solution possible. François Hollande l’a rappelé dans son discours, il n‘y avait pas de portage politique ni d’aides financières sur cette question de l’accessibilité. Même s’il a parlé de la Caisse des dépôts et la Banque publique d’investissement, mais pour emprunter, il faut avoir une situation financière saine. On tourne en rond de manière lamentable. Aujourd’hui, on a un dispositif qui a le mérite d’exister mais qui paraît trop souple et laxiste. Il va falloir durcir les choses.

F.H.I --- Sur ces agendas d’accessibilité programmés, n’avez pas peur que les délais ne soient jamais tenus par les entreprises ?

Alain ROCHON : On va parler d’optimisation en matière d’accessibilité. On va aller voir les partenaires en leur disant que c’est dans leur intérêt de se mettre aux normes dans les trois ans à venir. Si vous le faites le plus rapidement possible, vous aurez plus de clients dans votre commerce. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire.

« Prendre notre vote en considération par ceux qui nous gouvernent. »

F.H.I --- Pensez-vous qu’il y ait une politique claire sur le handicap ?

Alain ROCHON : Il y a une feuille de route qui a été lancée par Jean-Marc Ayrault en septembre 1993 et qui est confirmée aujourd’hui. Mais elle comporte des lacunes et un manque de volonté totale. Si on n’a pas de moyens et une ardente obligation, on ne s’en sortira pas.

F.H.I --- Le handicap pourrait-il être un axe fort de la campagne présidentielle de 2017 ?

Alain ROCHON : Un jour ou l’autre, nos adhérents traduiront leur colère au niveau électoral. En mars, il y aura les élections cantonales, je m’attends à un vote de défiance envers l’équipe actuelle. Pour revenir sur l’accessibilité, cela concerne 15 millions de personnes qui vieillissent. Note vote est donc à prendre en considération par ceux qui nous gouvernent.

Propos recueillis par
Romain BEAUVAIS

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