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Michel DEBOUTDans le livre « Le traumatisme du chômage » disponible ce jeudi en librairie publié au édition Atelier, Michel DEBOUT, médecin et spécialiste du suicide, dénonce un véritable scandale de santé publique. Un phénomène qui touche aujourd’hui près de cinq millions de personnes en France et qui au sein des personnes en situation atteint près de 23 %. Depuis plusieurs années, l’auteur alerte les services de santé et de mobiliser le gouvernement sur les dégâts sanitaires, individuels, familiaux et collectifs. C’est pour cette raison que Michel DEBOUT, médecin, homme politique, expert judiciaire et consultant sur les questions de risques psychosociaux et de violences, a voulu dépeindre dans son ouvrage la vie au quotidien d’un chômeur d’un point de vue médical et psychique.

De plus, il met en exergue les circonstances et le choc du licenciement ou la perte d’emploi comme des éléments traumatiques en passant par la dégradation progressive du chômeur dans sa propre estime.

Une situation confirmé par une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) publiée le 6 janvier établit un lien entre taux de chômage et taux de suicide. Près de 600 suicides en France pourraient ainsi être attribués à la hausse du chômage entre 2008 et 2010. Bien évidemment, le chômage est une spirale négative qui peut mener au suicide. Grâce à cet ouvrage, l’auteur espère ainsi mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités.

F.H.I --- Qu’est est ce qui vous a poussé à écrire ce livre sur le traumatisme au chômage ?

Michel DEBOUT : Il y a vingt ans, j’étais à l’auteur du rapport sur la prévention du suicide, j’avais observé que lorsqu’on perdait son emploi, on avait plus accès à la médecine du travail. Cela fait plus de vingt ans que je le dis. Le concept de traumatisme du chômage a évolué au fil du temps. J’ai alors écrit ce petit ouvrage pour montrer que le licenciement, le dépôt de bilan pour un chef d’entreprise ou la perte d’exploitation pour un agriculteur est vécu comme un moment traumatisant pour ces personnes. Par la suite, on peut voir l’apparition de réactions anxieuses, pertes d’appétit, de sommeil et de confiance.

Par la suite, on peut s’aonner à certaines addictions tels que l’alcool, les psychotropes ou des médicaments. Avec tout cela, on survit tout juste et on n’arrive pas à reprendre espoir car le chômage s’installe. Enfin celui qui connaît le chômage se convainc que c’est de sa faute car il n’a pas les compétences requises ou que l’on ne lui fait plus confiance. Rappelons que chaque année avec l’augmentation du chômage, 200 personnes en plus des autres déjà connus se donnent la mort.

F.H. --- Pensez-vous que les préconisations présentes dans votre livre seront-elles écoutées par les pouvoirs publics ?

Michel DEBOUT : On développe une action préventive pour éviter à tous ces chômeurs de basculer dans une authentique dépression. Il faut donc créer une médecine préentive pour les chômeurs. J’en appelle aux pouvoirs publics pour qu’elles
doivent la mettre en place. On essaie de penser à la santé de demain. Dans le futur, il faura mettre la prévention soit sur le même pied d’égalité que les soins. On prévient et on soigne. Il faut que tous les acteurs de la santé soient mobilisés car ce n’est pas le ministre tout seul qui pourra répondre à tous ces problèmes.

F.H.I --- Selon vous, y-a-t-il une prise de conscience collective ?Le traumatisme du chomage

Michel DEBOUT : Par exemple, on a lancé l’an l’Observatoire du suicide alors que cela faisait vingt ans que j’appelais les pouvoirs publics à l’organiser. Cela fait également vingt ans que je parle de médecine préventive et elle n’est toujours pas mise en place.À la fois, il y a des raisons d’optimismes car beaucoup de choses avancent mais en même temps, il y a des freins. Ce que l’on dépense pour la santé des chômeurs, c’est ce que l’on ne dépensera pas demain pour eux.

« Avoir un regard préventif, c’est que votre bien-être intéresse tous les Français. »

F.H.I --- Avez-vous des pistes concernant la situation des personnes handicapées ?

Michel DEBOUT : Le handicapé connaît sa situation de handicap. Mais ces personnes invalides doivent être considérées comme des citoyens comme tous les autres. On prend en compte son handicap mais il doit pouvoir s’inscrire ans notre société. S’il perd son travail, il sera dans la même situatio de traumatisme mais du fait de son handicap, il aura moins de moyens pour s’en sortir et remonter la pente. Ce que je dénonce pour tous les chômeursest encore plus vraie pour les personnes en situation de handicap.

F.H.I --- L’accès aux soins pour les personnes handicap »es est compliquée, comment fait-on pour qu’elles puissent accéder à cette médecine préventive ?

Michel DEBOUT : Lorsqu’on parle de santé, on catégorise la population. Il faut une prévention tout au long de la vie pour tous les citoyens qui connaissent une situation de handicap, une situation sociale et familiale difficile. Avoir un regard préventif, c’est que votre bien-être intéresse tous les Français. Que vous soyez handicapé ou non, c’est la qualité de votre vie qui est en cause. La santé, c’est la meilleure réponse aux problèmes que tous on a pu rencontrer au cours de son existence.

F.H.I --- Demain, peut-on avoir une santé inclusive pour tous ?

Michel DEBOUT : C’est le bien-être de tout un chacun qu’il faut défendre. J’espère que les handicapées pourront bénéficier totalement de ce bien-être. Il faut donc se mobiliser tous pour eux.

F.H.I --- Dans l’avenir, pensez-vous que votre ouvrage va améliorer les choses ?

Michel DEBOUT : C’est mon souhait. Malheureusement, le chômage est une situation que beaucoup de Français connaisse ou vont la connaître. Le chômeur, J’espère vraiment qu’on va progresser tous ensemble.

Propos recueillis par
Romain BEAUVAIS

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