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Jean Louis_Fousseret_maire_de_BesanconÀ l’occasion des vœux à la presse ce mercredi dans les locaux de l’Association des maires des grandes villes, le vice-président, Jean-Louis Fousseret, en l'absence pour raison de santé du président Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a rappelé que depuis une quinzaine d’années, le regard sur le handicap avait évolué. Pourtant, il y a encore du travail notamment sur l’accessibilité et l’emploi des personnes en situation de handicap. Le maire de Besançon et président du Grand Besançon, n’a pas voulu reporter la responsabilité sur ses collègues élus de la République concernant l’échec de la loi du 11 février 2005 sur l’accessibilité qui ne sera pas tenu pour 2015.

Mais il tient à noter la volonté des maires de France à dialoguer avec les associations sur ces questions. Pour lui, il faut se donner un nouvel objectif : celui d’avoir une société inclusive pour tous. Un rêve qui ne verra peut-être pas le jour mais peut-être avec le temps et la volonté des pouvoirs publics, on y parviendra…

F.H.I --- Quelles sont vos attentes pour 2015 ?

Jean-Louis Fousseret : J’espère que la mobilisation manifestée par les Français après les attentats terroristes du 7 janvier ne s’arrête pas en si bon chemin. J’attends également que l’unité nationale ne soit pas mise à mal ce qui permettra aux maires, collectivités et entreprises d’apporter des réponses aux citoyens par rapport à la situation que nous connaissons actuellement.

F.H.I --- Dans vos vœux, vous avez dit quelques mots sur la réforme territoriale, quelle est votre sentiment sur ce sujet ?

Jean-Louis Fousseret : Il faut entendre davantage la voix des territoires. D’un côté, on a le sentiment que les territoires s’expriment et que de l’autre côte, il y a des ministres qui nous entendent mais il existe encore un rempart entre eux et nous. On nous écoute mais on ne nous entend pas bien.

F.H.I --- Justement qu’attendez-vous des pouvoirs publics sur cette question ?

Jean-Louis Fousseret : J’attends qu’on donne aux territoire les moyens de se développer. L’effort financier demandé aux collectivités est une vraie absurdité. Les économies exigées par le pouvoir exécutif sont irréalisables pour ces territoires. Si on a réussi à faire les budgets pour 2015, on ne pourra pas les faire pour 2016 et 2017. Nous serons même obligés de rogner dans nos politiques d’investissement. Je soutiens la majorité mais je leur demande de nous écouter. Je comprends cet effort soit nécessaire pour redresser la situation économique de notre pays mais il faut l’adapter dans le temps.

Jean-Louis Fousseret : « à partir d’une volonté de faire ce qu’il est nécessaire de faire, on trouvera des solutions. »

F.H.I --- Vous avez également rappelé dans vos vœux les valeurs républicaines. Selon vous qu’elles sont-elles aujourd’hui ?

Jean-Louis Fousseret : En tout premier lieu, on pense à notre devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité. Sans oublier la Laïcité. Dans les contrats de ville qui sont en train d’être rédigés, il faut qu’on prenne un certain nombre de paramètre en considération un certain nombre de paramètre comme l’éducation, l’enseignement du fait religieux, la culture ainsi que la mixité sociale. Mais on doit aller encore plus loin car il y a encore des quartiers où les gens ne se parlent pas et ne se mélangent pas. Aujourd’hui, le vivre ensemble a disparu de ces quartiers.

F.H.I --- Selon vous, les personnes en situation de handicap se retrouvent-elles dans ces valeurs républicaines ?

Jean-Louis Fousseret : Oui, je le pense. La société a le devoir de les écouter et de les respecter. Par exemple dans ma ville de Besançon, nous travaillons avec des personnes en situation de handicap. Grâce à eux, ils ont fait évoluer les choses notamment en matière d’habitat et de transport. Ce qui a permis également d’avoir un autre regard sur les personnes en situation de handicap.

F.H.I --- À quelques semaines de l’anniversaire de la loi du 11 février 2005, comment expliquez-vous cet échec ?

Jean-Louis Fousseret : On avait pris beaucoup trop de retard. C’était une réalité que out ne pouvait-être mis en place pour 2015. Il y avait des choses qui n’étaient peut-être pas possible à mettre en place. Il faut dialoguer sur ces sujets avec les associations d’handicapées. Il faut se donner un nouvel objectif mais on doit-être intransigeant sur les délais à tenir aujourd’hui. Maintenant à partir d’une volonté de faire ce qu’il est nécessaire de faire, on trouvera des solutions.

F.H.I --- Ce retard sur l’accessibilité est-il l’échec des maires des grandes villes ?

Jean-Louis Fousseret : Je ne peux pas parler pour mes collègues mais je peux vous parler de la mienne. On a beaucoup fait pour les personnes en situation de handicap et on a même accéléré la cadence mais il y a encore du pain sur la planche. On a mis aux ormes tous nos équipements publics pour l’accueil des personnes handicapées. Les maires ont travaillé d’arrache-pied à quelques mois de 2015 mais le chemin est encore long pour y parvenir.

F.H.I --- Qu’en est-il de l’accessibilité numérique dans votre ville ?

Jean-Louis Fousseret : On est en train de le faire. On met des choses en place pour les personnes souffrant d’une déficience auditive ainsi que des textes avec des polices de caractère adaptées pour les déficients visuels. Par exemple, j’ai une personne malvoyante qui s’occupe du standard et le fit admirablement bien.

« Les personnes en situation de handicap m’ont ouvert les yeux. »

F.H.I --- Autre sujet d’inquiétude pour les personnes en situation de handicap : l’emploi. Comment peut-on changer les choses ?

Jean-Louis Fousseret : Cela dépend de la volonté de chacun. Dans ma collectivité, je respecte le quota de 6% imposé pour embaucher du personnel handicapé. Après je ne sais pas si tout le monde est exemplaire.

F.H.I --- On dit souvent que les personnes en situation de handicap ne sont pas assez bien formés pour prétendre à un emploi. Selon vous l’éducation nationale a-t-elle une responsabilité ?

Jean-Louis Fousseret : On fait déjà beaucoup de reproches à l’éducation nationale. Il ne faut pas tout le temps faire porter la responsabilité sur les autres. La famille doit également jouer son rôle tout comme les collectivités ou les associations. C’est tout ensemble qu’on arrivera et non en reportant la responsabilité sur les autres. Chacun doit balayer devant sa porte. Mais les personnes en situation m’ouvert les yeux car il y a des choses qu’on ne voit pas.  

F.H.I --- Pour répondre à toutes ses inquiétudes, le handicap pourrait-il apparaître dans les programme des prochaines élections et notamment pour les départementales et cantonales ?

Jean-Louis Fousseret : J’ose espérer qu’il y sera. Mais je pense que oui car c’est l’une des compétences du conseil départemental à réfléchir sur ces questions.

Jean-Louis Fousseret :« Est ce qu’elle sera inclusive à 100% ? Je ne suis pas sûre. »

F.H.I --- Alors comment peut-on faire pour que ces personnes en situation de handicap ne se sentent plus exclues de notre société ?

Jean-Louis Fousseret : C’est aux associations et aux citoyens de jouer leur rôle. Les maires ont une responsabilité mais ils ne sont pas les seuls à l’avoir. Mais je pense que depuis ces quinze ernières années, les choses ont bien évolué. Je ne dis pas que tout est parfait mais il y a des raisons d’y croire.

F.H.I --- Demain, aura-ton une société inclusive pour tous ?

Jean-Louis Fousseret : Est ce qu’elle sera inclusive à 100% ? Je ne suis pas sûre. Mais on espère qu’elle le sera au maximum. Par exemple, les fortifications de Vauban à Besançon, monument classé au patrimoine de l’Unesco, je ne pourai pas les rendre accessibles. Mais il faut tout mettre en œuvre pour que dans l’idéal on tende vers 100%.

Propos recueillis par
Romain BEAUVAIS

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