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Rapport-annuel-observatoire-securite-acessibilite-etablissement-scolaireÀ l’occasion de la remise du rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité et de l’accessibité des établissements d’enseignement ce mardi, le rapporteur général, Robert CHAPUIS, a accepté de revenir pour France Handicap Info sur la question de l’accessibilité et celle de la formation professionnelle. Ce dernier a pointé du doigt les 25% des nouvelles constructions depuis 2008 qui ne sont pas aux normes et qui doivent faire des travaux supplémentaires pour la mise en accessibilité. Un comble tout de même. Après les écoles primaires qui doivent également encore faire des efforts, c’est le cas pour les universités qui doivent déposer des agendas d’accessibilité programmée afin d’être aux normes.

Justement, on critique souvent la formation des personnes handicapées mais si les universités se mettaient aux normes pour accueillir ce public, ces derniers seraient bien mieux armés pour entrer sur le marché du travail. Mais pour Robert CHAPUIS, c’est la faute des médias de ne pas mettre en lumière les sociétés où le quota est respecté afin de dire aux autres sociétés que c’est possible d’embaucher des personnes en situation de handicap. Même si des progrès ont été réalisés depuis la loi du 11 février 2005, il y a encore beaucoup de travail à faire.

FHI ---  Depuis la loi du 11 février 2005, avez-vous noté quelques avancées ?

Robert CHAPUIS : L’Observatoire a eu pour fonction, après la loi du 11 février 2005, du suivi de l’accessibilité des établissements scolaires et supérieurs. Notre organisation a ainsi pu observer les évolutions au cours de ces dix années. L’Observatoire a noté des progrès notoires notamment dans les mentalités depuis 2005 . Enfin ce que l’on a pu constater d’après les récentes enquêtes concernant le primaire, il y a encore beaucoup de travail à faire.

F.H.I --- Justement tous sont-ils égaux devant l’école ?

Robert CHAPUIS : Il faut bien évidemment se rapporter à la loi du 11 février 2005. Hormis cela, il faut se rapprocher du concept de la notion d’égalité. Nous sommes dans une période où l’on évoque fortement les valeurs républicaines. S’il y a une valeur à mettre en avant, c’est celle de l’égalité de tous devant l’école.

F.H.I --- Comment expliquez-vous le fait que les nouveaux bâtiments ne sont pas aux normes ?

Robert CHAPUIS : Depuis 2008, 25% des nouvelles constructions ne sont pas aux normes. Cela pose deux questions. En premier lieu, il y a dans la construction, une volonté de diminuer les coûts. Cela aboutit à cette situation. Il a donc fallu réaliser des travaux en plus afin que les élèves en situation de handicap puissent accéder à l’établissement. En second lieu, les commissions de sécurité font en sorte que l’établissement, quand il sera livré, soit aux normes en matière notamment d’accessibilité.

« Cet agenda d’accessibilité programmée pour les universités rentre en œuvre dès aujourd’hui. »

F.H.I --- Comment fait-on pour que les universités soient accessibles pour accueillir les personnes handicapées afin qu’elles puissent se former correctement ?

Robert CHAPUIS : On constate qu’il y a un progrès au niveau des entreprises. Il y a un effort des sociétés afin que les postes pour les travailleurs handicapées soient plus accessibles. Concernant les universités, il y a encore du travail à faire. De notre côté, l’Observatoire a poussé les présidents d’universités à mettre en place un plan d’action sur l’accessibilité. Il faut donc que les facultés déposent un agenda d’accessiblité programmée afin de réaliser les travaux pour être aux normes. On ne peut pas imaginer que les personnes en situation de handicap ne puissent pas accéder à l’enseignement supérieur.

F.H.I --- Comment peut-on faire pour que les universités soient accessibles le plus rapidement possible ?

Robert CHAPUIS : Il faut que cet agenda d’accessibilité programmée pour les universités rentre en œuvre dès aujourd’hui. Après on ne peut pas par un coup de baguette magique rattraper tout ce retard cumulé depuis dix ans. Il faut donc que cet AD’aP soit tenu. Après c’est aux conseils d’uiversités de respecter ces délais. Au sein de ces conseils, il faut des observateurs qui puissent suivre le bon déroulé des travaux à réaliser pour la mise en accessibilité de son université.

F.H.I --- Alors que peu d’entreprises respectent le quota de 6% imposé par la loi du 11 février 2005, comment peut-on inciter les patrons à embaucher du personnel handicapé ?

Robert CHAPUIS : Je crois beaucoup à la vertu de l’exemple. Les médias ont une responsabilité car ils ne mettent pas en valeur les lieux où cela fonctionnent bien. Cela pourrait être des appuis pour d’autres sociétés afin de montrer que c’est possible.

« La question du handicap trouve sa place dans les projets et bilans du département. »

F.H.I --- À quelques semaines des élections départementales et cantonales, le handicap est-il au cœur dette campagne ?

Robert CHAPUIS : Il y a encore des progrès à faire dans ce sens. Après l’égalité à laquelle les républicains sont attachés implique que l’on s’intéresse à toutes les situations personnelles y compris celles qui sont touchées par un handicap.

F.H.I --- Les élus prennent-ils en considération ces questions sur le handicap ?

Robert CHAPUIS : Je le crois. Je le vois dans les départements que je connais. Je constate que la question du handicap trouve sa place, le plus souvent, dans les projets et bilans du département.

Propos recueillis par
Romain BEAUVAIS

 

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