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Message d'alerte

Suite a la présentation le 24 septembre, devant le Conseil de Paris, avait débuté sa première séance sur le thème du handicap et le vote du nouveau schéma. L'occasion pour la ville dont le budget à destination des personnes handicapées est passé de 108 M€ en 2001 a 276 M€ en 2012, de présenté les actions qui seront mise en oeuvre et de revenir avec Véronique DUBARRY sur ce vote qui souhaite maintenir « un effort au moins équivalent au cours des prochaines années ».

 Veronique DUBARRY lors de son intervention au conseil de Paris le 24 septembre 2012

FHI --- Vous avez eu l'occasion le 12 septembre dernier de monter la voirie parisienne à Marie-Arlette CARLOTTI en charge des personnes handicapées. Quatre ans peut-on dire que le handicap intégré dans toutes les politiques publiques comme vous le souhaitez en 2011 ?

Véronique DUBARRY : Si le handicap était intégré dans les politiques publiques « comme je le souhaite », je pourrais enfin plier mes affaires et fermer mon bureau d'adjointe au Maire de Paris chargée des personnes en situation de handicap. Car alors, la question du handicap serait complètement intégrée dans tous les dossiers. Aujourd'hui, on a encore besoin de la mouche du coche que je suis, qui doit constamment rappeler à chacun de prendre en compte la question du handicap dans son action.

Il y a du progrès, une certaine évolution des mentalités. Et je constate avec plaisir que l'on quitte le registre du compassionnel chichiteux gnangnan prôné par notre ancien Président de la République. Ce changement de point de vue est essentiel pour une amélioration de l'action.

FHI --- Le jour même un rapport, remet en cause l'objectif 2015 notamment sur les EPR en bâtit existant, avec deux causes essentielles selon eux les délais et le coût 17 Md€. Et proposition essentielle un report de dix ans. Comment percevez-vous le raisonnement de ces cinq rapporteurs ? Où est le principe de l'accessibilité universelle ?

Véronique DUBARRY : Vous parlez d'accessibilité universelle, et vous faites bien. Lorsque Marie-Arlette Carlotti a présenté le rapport à Paris, j'ai surtout entendu les rapporteurs préciser que pour les handicaps sensoriels, mentaux et psychiques, aucun report ne devait être admis. C'est dommage que les journalistes n'aient pas retenu ce point. Encore une fois, on se cantonne dans la vision handicap = fauteuil.

Idée communément admise qui implique une vision réduite du handicap et empêche les choses d'avancer. Je passe mon temps à marteler aux gestionnaires d'ERP que s'ils ne peuvent installer une rampe, agrandir leur porte, ils peuvent très bien, même si une dérogation leur est accordée par la commission en préfecture, installer une boucle magnétique sans débourser grand-chose, clarifier leur communication en français facile à lire...

Toutefois, je suis d'accord pour dire que les conclusions des rapporteurs ne doivent pas être entendues comme un constat d'abandon, mais comme une vision réaliste de la situation permettant d'intensifier l'action. Attention aux trop longues études ou rapports! Mais si le précédent gouvernement n'avait pas frileusement gardé ce dossier sous le bras, on aurait tout de même pu travailler plus tôt et mieux.

FHI --- La rentrée scolaire a eu lieu, il y a près de deux semaines, quel premier bilan peut-on donner sur l'inclusion des enfants en situation de handicap, alors que l'UNAPEI et d'autres associations ont lancé des messages à la mobilisation ?

Véronique DUBARRY : Plutôt un sentiment qu'un bilan, car on ne dispose pas encore des chiffres. La situation reste à améliorer, nous avons constaté encore des manques d'AVS et je me suis employée, avec ma collègue Colombe Brossel, adjointe au Maire en charge des affaires scolaires, à alerter le rectorat sur des situations ponctuelles. Mais pas autant que l'année dernière. Disons qu'on est passé d'une centaine à une soixantaine de situations difficiles.

Attention, les chiffres parisiens ne sont pas les chiffres nationaux. Et sur le qualitatif, il faut encore se battre. Le travail d'AVS ne peut pas s'accommoder de ce statut précaire et donc de ce turn-over trop important pour des enfants qui ont avant tout besoin d'être sécurisés, et donc de stabilité dans l'accompagnement.

 

 

 

 

 

Pour ce qui est des 60 CLIS à la rentrée septembre 2012– Classes pour l'inclusion scolaire, en collège - - nous estimons avoir répondu aux besoins. Côté ULIS et ULIS pro – Unité localisée pour l'inclusion scolaire, en lycée - , nous avons procédé à 6 nouvelles ouvertures pour un total de 58. Nous continuons d'absorber la demande toujours grandissante. Nous nous concertons avec le rectorat pour anticiper les ouvertures et répondre au mieux à la demande

FHI --- Le conseil de paris sera l'occasion de présenter le rapport de la mission d'information et d'évaluation sur les modes et méthodes d'attribution des logements sociaux à Paris. Beaucoup de personnes en situation de handicap connaissent toujours des difficultés pour obtenir des logements. Quand en est-il pour ces derniers ?

Véronique DUBARRY : Oui, les personnes en situation de handicap connaissent des difficultés de logement à Paris. C'est le lot commun de tous les Parisiens. Il faut tout de même noter que parmi les logements attribués par la Ville à Paris (juste une partie du logement social à Paris), par rapport à la demande, une proportion supérieure de logements est attribuée aux personnes handicapées.

Au-delà des chiffres, il faut adapter finement l'offre à la demande, attribuer un logement non seulement accessible, mais exactement adapté à son occupant. C'est pour cela que nous collaborons très étroitement avec les bailleurs sociaux: nous leur avons demandé de nommer chacun un référent handicap, de recenser les logements accessibles. Près de 130 000 logements, soit 26 % du parc, sont aujourd'hui accessibles : 78 000 à la canne et 53 000 aux fauteuils. L'objectif défini par le Plan Local de l'Habitat (PLH) est d'atteindre 40 % en 2020.

Nous avons aussi mis en place 77 ULS - les Unités de Logements Spécialisés – qui permettent à des personnes lourdement handicapées de vivre en autonomie chez elle, avec une domotique adaptée. Notre objectif est d'en avoir ouvert 200 en 2016.

Et là encore, nous pensons accessibilité universelle. Le personnel d'accueil des points logements en mairies d'arrondissements est en cours de formation à l'accueil des personnes en situation de handicap mental, avec les Papillons Blancs de Paris.

FHI --- Le maire et vous-même à l'occasion du conseil de paris les 24 et 25 septembre allez présenter la politique en direction des Parisiens en situation de handicap. Quelles seront les grandes lignes prises en 2013 ?

Véronique DUBARRY : Ces grandes lignes sont aussi incluses dans le nouveau schéma départemental du handicap 2012-2016 et dans le Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et de l'Espace public présentés le même mois.

Mener une politique du handicap, c'est entretenir, parfois réajuster, tout ce qui a été lancé depuis 2002. Beaucoup de choses étaient nouvelles, indispensables, il faut maintenant affiner. Un véritable travail de fourmi, pas forcément facile à valoriser. Entretenir tous les dispositifs de voirie qui peuvent s'user ou dysfonctionner : bandes podotactiles, feux sonores ... et lancer de nouvelles études pour innover, parfois être les premiers comme nous l'avons été pour le PAM maintenant suivi par tous les départements d'Ile de France. Je vous l'ai dit, nous continuons la mise en place des ULS.

Et pourtant l'impression générale reste que peu de choses sont faites pour les personnes en situation de handicap, que Paris est inaccessible. Nous devons informer les Parisiens en situation de handicap de tout ce qui existe, de tout ce qu'ils peuvent faire. Le 25 octobre, nous sortons le guide : « Vivre son handicap » qui recense et compile les dispositifs parisiens existants, que l'on trouvait auparavant dispersés dans toutes les autres brochures de la Ville. Ce sera l'ouverture du Mois Extra-Ordinaire 2012, le quatrième, qui aura pour thème « Et si nous faisions vraiment connaissance » et qui verra une centaine d'évènements sur tout le territoire parisien, pour continuer à familiariser les Parisiens avec le handicap.

Veronique DUBARRY lors du DéfiFestival organisé le 27 et 28 septembre dernier a Paris

Interview réalisé par
Stéphane LAGOUTIERE




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