Contenu principal

Message d'alerte

Thierry DELERCE_Directeur_territorial_Rhone_Alpes_Auvergne_Limousin_et_representant_de_l_ADAPTCe jeudi 08 octobre 2015 au siège de la Société générale, le Groupe bancaire en partenariat avec l'Adapt, a dévoilé les résultats de la première étude prospective « Travail, Handicap et Entreprises 2025 » afin d'améliorer l'emploi des personnes en situation de handicap. C'est pour cette raison que Thierry DELERCE, Directeur territorial Rhône-Alpes, Auvergne, Limousin et représentant de l'Adapt, nous a accordé un long entretien. Avec 450 000 demandeurs d'emploi handicapés soit plus 23 % et des entreprises qui n'arrivent pas à atteindre les 6% demandés par la loi de 2005, la situation est alarmante. 

Pour Thierry DELERCE, il voit une vraie prise de conscience de la part des entreprises qui essayent d'embaucher des personnes en situation de handicap. Mais encore de nombreux dirigeants ont des peurs face au handicap. Mais ce sont aux personnes handicapées qui sont au sein des sociétés de montrer la voie et de leur faire comprendre qu'une telle personne au sein de leurs structures peut offrir de nouvelles perspectives à l'entreprise.

Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. Mais peut-être que ces six scénarios enoncés dans cette étude pourront faire avancer les choses. Cette enquête est la première pierre de l'édifice, maintenant, il faut construire les autres pour aller vers cette société accessible pour tous. Une sociète à laquelle croit beaucoup Thierry DELERCE car pour lui, il ne peut pas penser le moindre instants que « les citoyens ne voudraient pas vivre dans un monde meilleur et apaisée ».

F.H.I --- Pourquoi l'Adapt a-t-elle pris part à cette étude prospective Travail, Handicap et Entreprises 2025 ?

Thierry DELERCE : Depuis de nombreuses, l'Adapt à toujours penser que la personne handicapée devait pouvoir choisir sa vie. Choisir sa vie, c'est aussi s'affranchir de la dépendance et pouvoir trouver un emploi. Lorsque cette association a créé la Semaine pour l'emploi en 1997 avait le rêve, sans doute, de pouvoir voir les entreprises se mobiliser sur cette question de l'emploi pour les personnes handicapées. Quelques années plus tard, le rêve s'est réalisé puisque les grandes sociétés s'emparent de cette problématique ou ce sont des experts à l'intérieur de ces entreprises qui prennent ce problème à bras le corps. C'était donc un rendez-Je trouve que les entreprises avec sérieux dépassent leur propre cadre pour envisager ce qui se passent dans les PME, dans l'évolution des nouvelles technologies et sont très concernées par la scolarisation, l'accès au lycée et à l'université des personnes handicapées. À travers cette étude, cela a, sans doute, permis d'imaginer un avenir différent.

F.H.I --- À plus d'un mois de la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées, quel bilan dressez-vous sur les chiffres consternants de demandeurs d'emploi chez les handicapés ?

Thierry DELERCE : Ce sont des chiffres consternants telles qu'ils sont aujourd'hui. La réalité est très douloureuse. Même si la situation est plus discriminante pour les personnes handicapées, les choses évoluent car les entreprises commencent à les intégrer au sein de leurs structures. Après les associations sont présentes sur le terrain pour bosser main dans la main avec les entreprises. Demain si la courbe du chômage devait s'inverser, le terreau est là pour que les personnes en situation de handicap soient moins discriminées dans le m onde du travail.

« Petit à petit, on pourra faire sauter le verrou de la peur pour l'employeur tétanisé par l'inconnu »

F.H.I --- 80% des lycées handicapées arrêtent leurs études après l'obtention du baccalauréat, comment fait-on pour que les universités accueillent davantage de personnes handicapées sur leur campus ?

Thiery DELERCE : Dès que des personnes en situation de handicap intègrent les universités, cela ouvre la route pour les autres. C'est dommage que ce soit elles-mêmes qui ouvrent la porte pour les autres. Après les entreprises commencent à mettre la pression sur les universités afin d'avoir des collaborateurs bien formés. Et ce sont aux étudiants, qui ne sont pas concernés par une situation de handicap mais qui veulent une société meilleure, sont des moteurs pour au sein des campius.

F.H.I --- Comment fait-on comprendre à un directeur d'entreprise qu'une personne en situation de handicap est aussi compétente qu'une personne valide ?

Thierry DELERCE : Tout dépend de la politique de l'entreprise et de son histoire. On a alors constaté à l'Adapt, à travers des études, que lorsqu'une personne handicapée entre dans une entreprise, elle leur offre des perspectives positives. Après, ce qui est le plus redoutable, c'est la société qui ne prend pas le risque d'embaucher une personne handicapée. En y allant petit à petit, on pourra faire sauter le verrou de la peur pour l'employeur tétanisé par l'inconnu. Par exemple, avec l'Esat Hors-les-Murs et les stages en entreprises, cela permet ainsi de montrer les belles réussites dans le monde du travail.

F.H.I --- Avec le dépôt des agendas d'accessibilité programmée est-elle la solution pour aller vers cette société accessible d'ici 2025 ?

Thierry DELERCE : Dix ans après la loi de février 2005, on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle. Les Ad'ap permettent de se mettre aux normes d'ici trois ans et non neuf ans. N'attendons pas trois ans pour que les établissements recevant du public soient accessibles. Il faut être réactif et ne pas être attentistes.

F.H.I --- Avec les coupes budgétaires demandées aux collectivités territoriales, n'avez-vous pas peur que le handicap soit relégué au second plan ?

Thierry DELERCE : Je suis d'un naturel optimiste. L'Adapt doit dénoncer ce qui ne fonctionne pas mais doit aussi montrer ce qui bouge dans notre société. Par exemple, dans cette étude, les entreprises s'exposent, prennent la parole sur un thème aussi complexe que le handicap.

« Si on s'appuie sur le droit, on aura une société accessible et ouverte à toutes les différences »

F.H.I --- Les Paralysés de France ont exprimé quelques craintes sur l'avenir des Maisons départementales pour les personnes handicapées, quel est votre sentiment sur cette question ?

Thierry DELERCE : C'est une grande question de mélanger handicap et personnes âgées. La problématique de l'autonomie peut réunir sur le thème de la dépendance. Cela peut être redoutable sur l'assimilation des personnes handicapées qui ont un avenir, une carrière devant elles. Beaucoup de MDPH ont fait beaucoup d'efforts pour réaliser un meilleur travail notamment sur la perspective de l'accès à l'emploi ou encore celui à la formation professionnelle. Au final, il y aura toujours deux sections pour ces deux populations. Finalement, si on a une maison unifié, il y aura toujours des services différents car il faut des organes régulateurs pour l'accès aux drois des personnes en situation de handicap. Si on s'appuie sur le droit, on aura une société accessible et ouverte à toutes les différences. De ce fait, on aura plus besoin des MDPH car les personnes handicapées pourront s'en sortir toutes seules.

F.H.I --- À quelques semaines des élections régionales, n'avez-vous pas peur que le handicap ne soit pas au cœur des campagnes électorales ?

Thierry DELERCE : Bien sûr que c'est une crainte. Aujourd'hui, dans une économie tourmentée et dans un monde qui ne fait que d'agiter les peurs, les préoccupations des politiques sont plutôt macroscopiques. C'est à nous de faire qu'il en soit autrement. Si on sait reconnaître la personne handicapée comme son égal, on peut créer une société apaisée pour tout le monde.

F.H.I --- Das dix ans, arrivera-t-on à cette société accessible pour tous ? quels espoirs portez-vous pour 2025 ?

Thierry DELERCE : C'est apparemment loin mais c'est déjà demain tout de même. Beaucoup d'approches qui sont présentes aujourd'hui, le seront en 2025. Il faut tout de même avoir quelques espoirs car les entreprises prennent au sérieux cette question de l'emploi des personnes handicapées. J'aspire donc à une société apaisée où les citoyens veulent vivre dans un monde meilleur.

Propos recueillis par
Romain Beauvais

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir