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Stephane BRIDEL Secretaire General du Fonds Handicap et Societe le 22 juin 2016 a ParisQuelques jours après la présentation du baromètre IPSOS sur l’emploi des personnes handicapées intitulé Entreprise & Handicap. Nous sommes allés interroger Stéphane BRIDEL Secrétaire Général du Fonds Handicap & Société nous lui avons demandé de nous expliquer les réponses et les résultats parfois surprenant de cette enquête. Mais qui confirme a la fois progression du chômage tout comme les sentiments encore très fort sur l’aspect de l’inclusion des travailleurs handicapés et les préjugés persistent dans la réalité en fonction de la nature du handicap.

Comme le confirme et le reconnaît Stéphane BRIDEL, qui souhaite que ce travail avec le premier puisse permettre « une réelle prise de conscience et la mise en place d’actions adaptées et en cohérence avec la situation actuelle que vivent les personnes en situation de handicap ».

Un chemin qui au-delà de ces réponses parfois positives nous font penser que le chemin risque encore d'être difficile pour les personnes handicapées il suffit de regarder le monde de la presse ou celui du ministère de l’éducation nationale qui se cache dernière encore sous certaines dérogations pour ne pas respecter la loi de 2005. Et les manques sont nombreux comme le disait dans une interview Josef SCHOVANEC, Auteur, conférencier et qui devrait rejoindre prochainement le cabinet de Ségolène NEUVILLE pour lequel le manque de formation est flagrant, « Il n'y a aucune formation handicap dans les écoles d'élite ni dans les écoles de journalisme, et la représentation du handicap dans les grands médias est désastreuse. Nous ne sommes donc pas pris au sérieux. À cet égard, la France est clairement en retard non seulement par rapport à d'autres pays occidentaux mais aussi par rapport à d'autres pays orientaux perçus ici comme arriérés ».

FHI --- Ce baromètre est le second que vous présentez, si vous deviez analyser les réponses faites par les chefs d’entreprises et des DRH et celles faites par les salariés notamment sur l’évolution d’un chômage qui continue de progresser avec 486 258 au premier trimestre 2016, selon l’AGEFIPH. Quels seraient les principaux désaccords ?

Stéphane BRIDEL --- Le premier volet de l’enquête réalisée en 2014 démontre que la difficulté perçue par les dirigeants se base exclusivement sur des préjugés. En effet 88 %, des dirigeant n’employant pas de personnes handicapées jugent difficiles l’emploi de personnes malvoyantes contre 47% pour les dirigeants ayant mis en place une politique d’embauche des personnes handicapées. Cet exemple n’est pas isolé puisqu’il se vérifie pour les autres handicaps : l’emploi d’une personne en fauteuil roulant, est par exemple, jugé difficile pour 66% des dirigeants non employeurs de personnes handicapées alors que seuls 25% des entreprises ayant au sein de leurs effectifs des personnes handicapées le juge difficile. Au regard des réponses des personnes handicapées en 2016, relatives aux difficultés qu’elles rencontrent dans leur recherche d’emploi, 89% des personnes handicapées jugent qu’à qualification égale, elles auront moins de chance d’être recrutées qu’une personne valide. Finalement, le constat observé auprès des dirigeants mis en parallèle de celui des personnes handicapées ne révèle pas de désaccord. Il confirme le décalage entre la réalité qu’est l’emploi des personnes handicapées et les nombreux préjugés qui persistent dans notre société ; ce qui contribue au fort taux de chômage des personnes handicapées, problématique incontestable puisqu’il engendre l’isolement des personnes par une rupture tant économique que sociale.

FHI --- L’enquête démontre que au-delà d’une image du handicap qui progresse de façon positive, malgré une réponse plus réservée chez les personnes en situation de handicap, pensez-vous que vos propositions soient suffisantes pour réduire ce sentiment de discrimination à l’emploi qui demeure persistant chez les sondés ?

Stéphane BRIDEL --- Les propositions faites à la suite des résultats de l’enquête ne sont pas exhaustives. Ce sont des pistes de réflexions pouvant nourrir le débat autour de l’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail, pilier essentiel de l’inclusion des personnes handicapées dans la cité. Les pouvoirs publics doivent se saisir de la question de l’emploi des personnes handicapées comme moteur d’intégration de ces dernières. Il est à noter que les dispositifs mis en place concourant à l’emploi des personnes handicapée profitent bien souvent à l’ensemble de la population.

FHI --- Vous parlez notamment de l’amélioration de la formation, alors que les derniers chiffres de l’AGEFIPH confirment là aussi une baisse des contrats de formation ou qualification. Mais la principale raison n’est-elle pas dans l’accès à la scolarité et aux études supérieures. Selon les associations seuls 2 % accèdent actuellement à celles-ci ? Et comment expliquez-vous cette baisse de la formation ?

Stéphane BRIDEL --- La question de la formation, notamment professionnelle, est essentielle. Les pouvoirs publics, comme les partenaires sociaux, doivent se saisir de ce sujet primordial.
L’une des recommandations du Fonds Handicap & Société est évidemment d’ouvrir des perspectives d’insertions professionnelles aux jeunes et aux adultes handicapés. Cela doit se faire en amont de la recherche d’emploi, notamment par la scolarité, l’accès aux qualifications et la formation professionnelle. Il convient également d’actionner des leviers pour permettre une meilleure visibilité des différentes étapes du parcours professionnel des personnes handicapées.

FHI --- Ils sont aussi 48 % a estimé que l’adaptation aux postes de travail, au-delà de l’accessibilité à l’emploi reste un problème et un frein à l’inclusion dans l’entreprise. Une situation difficile à comprendre pour des entreprises qui peuvent bénéficier d’aide financière. Comment expliquez-vous cette situation et cette dégradation aux principes mêmes de l’accessibilité ?

Stéphane BRIDEL --- Seules 35% des entreprises ont bénéficié d’aides financières à l’insertion professionnelle des personnes handicapées selon les résultats de l’enquête réalisée en 2014. Cette situation peut s’expliquer par l’opacité qui existe entre les entreprises et les organismes publics dédiés au handicap générant considérablement une méconnaissance des dispositifs mis en place pour favoriser l’accès à l’emploi pour les personnes handicapées. Cette problématique est liée à la pluralité des interlocuteurs œuvrant pour l’emploi des personnes handicapées qui nuit aux relations et à la bonne communication entre les acteurs économiques et les organismes publics.

FHI --- Autres interrogations alors que Cap emploi ou Pôle emploi ne cessent de prétendre leurs efficacités. 68 % des personnes handicapées ont estimé être mal accompagnées par les organismes chargés de cette mission, 7 % ayant même renoncé. Quelles sont les raisons de cette situation et quels sont les moyens à mettre en œuvre pour renverser cette situation ?

Stéphane BRIDEL --- L’accompagnement ne s’arrête pas à l’embauche d’une personne handicapée, il s’inscrit dans une véritable démarche inclusive basée autour de 3 axes :
• la préparation par la formation du candidat handicapé, la sensibilisation du futur employeur et de ses équipes, etc.
• l’intégration par l’accessibilité du lieu de travail, l’adaptabilité du poste et la sensibilisation des autres salariés de l’entreprise, etc.
• le suivi personnalisé du salarié handicapé tenant compte de ses aspirations, ses besoins et ses compétences.
Le trop grand nombre d’acteurs dont la mission est l’emploi des personnes handicapée rend d’autant plus difficile l’accompagnement de celles-ci. IL convient de regrouper les différents organismes et institutions (Agefiph, Cap emploi, MDPH, Sameth...) pour mutualiser leurs compétences et ainsi répondre de manière efficiente aux missions qui sont les leurs.

FHI --- Alors que 20 % des actifs ou demandeurs d’emploi en situation de handicap privilégient une taxation plus forte des entreprises pour les « mauvais élèves ». Les salariés actifs valides privilégient eux en priorité le développement des partenariats entre les entreprises et les structures associatives concernées par le handicap. Comment analysez-vous cette situation et quelle est la meilleure solution selon vous ?

Stéphane BRIDEL --- Le développement des partenariats est la voie la plus naturelle et la plus saine pour favoriser l’accès au monde du travail. Une politique punitive n’est pas la meilleure des réponses. Si toutes les entreprises remplissaient l’obligation des 6% prévue par la loi du 10 juillet 1987 et si le marché de l’ESAT était vu comme une alternative et non comme un substitut, la question de l’emploi serait en partie résolue. Il conviendrait alors de mettre en place des dispositifs pour permettre davantage de fluidité entre ESAT, Entreprises Adaptées et milieu ordinaire.

FHI --- Un « Outil précieux permettra à tous les acteurs de l’emploi de nourrir la réflexion autour de ce sujet », selon Patrick GOHET, Adjoint du Défenseur des Droits. Vous concernant ainsi que le Fonds Handicap & Société, qu’espérez-vous au-delà des pistes de réflexions que vous avez proposées que ce baromètre puisse permettre d’apporter de façon concrète dans la vie des travailleurs handicapés ?

Stéphane BRIDEL --- Il convient de nourrir le débat notamment dans le cadre des futures échéances électorales. Le baromètre du Fonds Handicap & Société, réalisé avec le concours de l’institut IPSOS, doit permettre d’ouvrir la réflexion autour du sujet de l’emploi des personnes handicapées. Nous souhaitons une réelle prise de conscience et la mise en place d’actions adaptées et en cohérence avec la situation actuelle que vivent les personnes en situation de handicap. L’accessibilité universelle, des entreprises et des salariés sensibilisés au handicap, un accompagnement renforcé avant et pendant l’emploi ainsi qu’une rénovation des dispositifs actuels allant vers une simplification des institutions et des procédures permettront d’améliorer la situation des personnes handicapées et de leurs donner accès au marché du travail. C’est dans ce sens que le Fonds Handicap & Société a réuni les acteurs de l’emploi qu’ils soient économiques, associatifs, politiques, lors d’un petit déjeuner le 22 juin 2016 à Paris.

Interview réalisé Par
Stéphane LAGOUTIERE

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