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Philippe AUBERT porte parole de la Nuit du Handicap le 9 juin prochain et son traducteur Jackson SINTINAIl est âgé de 38 ans, certains pourraient le plaindre, en avoir peur et pourtant Philippe AUBERT, infirme moteur cérébral lui n’a que seule chose en tête vouloir vivre, et même la « rage d’exister » titre de son récent livre ainsi que de l'association qu'il a créee. Un homme qui au-delà de son handicap et de « sa différence », qui l’empêche de faire quoi que ce soit seul pour lequel il a désormais le soutien de son traducteur Jackson SINTINA, aura réussi par force et volonté a l'obtention d'un master 2 de sociologie à l'université de Nanterre. Philippe AUBERT qui nous transmet cette volonté à l’occasion de la première Nuit du Handicap le 9 juin prochain dont il est le porte-parole…et avec beaucoup d’autres l’image que le handicap n’est pas une fin en soi…mais le moyen pour nous tous de découvrir l’autre dans sa diversité.

FHI --- Vous venez de publier il y a quelques jours un livre intitulé la « rage de vivre », un livre sous forme de témoignage où vous exprimez à la fois votre dépendance mais aussi celle du droit à une vie « normale » cela est-il possible ?
Philippe AUBERT --- Depuis ma plus petite enfance, bien qu'ayant un lourd handicap physique, je me bats pour exister, c'est-à-dire avoir une vie la plus ordinaire possible, avoir une activité professionnelle, avoir des projets, avoir des amis, faire des voyages... Etc. Or, la société, dans son organisation et son mode de fonctionnement, a tendance à me restreindre à mon handicap et à me faire rentrer dans des cases préétablies.  Cela dit, je continue à me battre pour que j’existe…D’où ma rage d’exister. Au-delà du fait de vivre, je veux exister et contribuer à faire évoluer les mentalités et l’organisation de la société pour que toutes les différences, quelles qu’elles soient, puissent exister.

FHI --- Vous serez le porte-parole de cette manifestation le 9 juin prochain, quels sont les objectifs et qu’attendez-vous exactement des Français pour cette première Nuit du handicap et pouvez-vous Couverture du Livre écrit par Philippe AUBERT Rage d'exister nous rappeler, comment elle a vu le jour ?
Philippe AUBERT --- J'ai eu l'honneur que l'équipe de l'OCH me propose d'être le porte-parole pour la première " Nuit du Handicap" qu'elle organise le samedi 9 Juin prochain. J'ai tout de suite accepté, car je trouve que c'est une formidable occasion de nous rencontrer (personnes valides et personnes en situation de handicap), d'échanger, car je suis convaincu que c'est par nos différences que l'on s'enrichit, et ce, quelles qu'elles soient. Nous, les personnes en situation de handicap, nous avons aussi des choses à partager avec les autres. En tout cas, en ce qui me concerne, si j'ai fait des études et si je monte aujourd'hui un projet professionnel avec mon associé, Jackson SINTINA, c'est parce que notre rencontre nous a enrichis mutuellement et c'est cette richesse que l'on aimerait partager avec le plus grand nombre. 

Travailler, avoir des projets en commun avec vous tous, faire partie intégrante de cette même société où tous ensemble avec nos différences, nous pouvons construire ensemble. Avec Jackson, nous voulons être des messagers d'espoir grâce à cette rencontre hors du commun. J'aimerais, à l'occasion de cette soirée, que nous comprenions tous, que nos différences sont une force pour bâtir ensemble. Construisons ensemble une société forte et durable avec nos différences.

FHI --- Une soirée pour échanger et partir à la rencontre des Français, oui comme semble dire 74 % des sondés pour leur dire quoi exactement et que, souhaitez-vous apporter aux valides présents à cette occasion ?
Philippe AUBERT --- En tant que porte-parole de la Nuit du Handicap, je souhaite faire passer deux messages. Le premier message que je souhaite faire passer le 9 juin en tant que porte-parole, c’est de dire : « N’ayons pas peur d’aller à la rencontre de l’autre différent, car sa différence peut être une richesse pour nous ». Ma rencontre avec Jackson en donne un témoignage concret. Je veux montrer aux personnes valides comment il est possible de faire de la différence de l’autre une richesse. Je veux montrer comment avoir un regard constructif sur la différence, et comment entrer dans une relation d’échange. Et je veux, le 9 juin, dire à notre société, qu’elle aurait tant à gagner à considérer positivement la différence (et ce quelle qu’elle soit : le handicap, la couleur de couleur, la culture…). 

Aussi, mon premier message est de dire : dépassons notre peur de l’autre. Je veux aussi dire à tous que la vulnérabilité qui est présente en chacun de nous, plus ou moins visible, est quelque chose qu’il faut plutôt accueillir au lieu de la cacher.  Et, c’est ce à quoi nous invite la nuit du handicap.

D’autre part, le deuxième message que je souhaite également faire passer est le suivant : « dans notre monde en métamorphose, nous avons besoin de développer de nouvelles qualités humaines pour construire des futurs souhaitables. » En d’autres mots, cela signifie que, lorsqu’on va à la rencontre de ceux qui sont différents de nous, comme nous le propose, le 09 juin, la première édition de la nuit du handicap, et que l’on crée au cœur de notre société des espaces et des lieux de rencontres où chacun (en situation de handicap ou pas) peut pleinement s’épanouir et mettre avant ses atouts pour notre monde, alors nous développons des nouvelles qualités humaines qui nous permettent de construire une société plus performante, plus solidaire donc plus forte et de vivre dans un monde meilleur.
Et, c’est cette vision de la société, au-delà de notre témoignage, que nous voulons porter lors de la nuit du handicap et que nous voulons mettre en débat dans nos activités de formation, de coaching et de conférences à destination des entreprises, des établissements d’enseignement, des collectivités et de toute autre structure qui souhaite faire de la différence, de la diversité, de l’interdépendance, ou même de la vulnérabilité un outil de performance et de réussite.

FHI --- Un sondage a été publié à cette occasion, qui montre la perception des Français envers ceux qui représentent 19 % de la population. 97 % reconnaissent des difficultés dans leur vie quotidienne. Pourtant, ces Français ne semblent pas ressentir les priorités de ces personnes handicapées, comment expliquez-vous ceci ?
Philippe AUBERT --- Dire qu’il faut inclure les personnes en situation de handicap, c’est une chose, mais le faire, c’est encore autre chose. Beaucoup le disent, mais très peu le font.  Le handicap n’est pas considéré comme une priorité, car on pense que cela ne concerne que quelques personnes à qui il faut juste apporter quelques aides. Mais je ne désespère pas que l'on finisse par intégrer cette réalité que le handicap nous concerne tous.

Philippe AUBERT et ces amis Jackson SINTINA et Sophie JACOLINFHI --- Aujourd’hui le facteur de discrimination reste pourtant très fort, comme le confirme le dernier rapport des défenseurs des droits, mais aussi votre sondage. Ne pensez-vous pas que ce rendez-vous soit l’occasion de réduire celui-ci au sein des personnes handicapées ou le communautarisme et responsable parfois d’un isolement y compris de discrimination ? (par exemple, l’accessibilité a longtemps été conçue uniquement pour le handicap physique, le manque de représentation du handicap mental dans les sports paralympiques).
Philippe AUBERT --- La rencontre fait tomber les barrières des préjugés et de discrimination. L’accessibilité doit être pour tous, car nous avons tous besoins de rencontrer les autres. L’accessibilité pour tous réduit l’isolement.

FHI --- Votre traducteur Jackson SINTINA affirme que « la première que j’ai rencontré Philippe, j’ai eu un choc. Mais j’ai réussi à dépasser ces préjugés ». Pourtant selon votre sondage ils sont encore près de 38 % à avoir un gêne, de l’indifférence voire même de la peur. Comment, expliquez-vous cela et au-delà de la nuit du handicap qu’est-il possible de faire pour faire disparaitre ces sentiments de peur du handicap ?
Philippe AUBERT --- Cette peur, à mon sens, vient, très souvent, d’un manque de connaissances du handicap. Les gens ne sont pas nécessairement hostiles à la rencontre des personnes en situation de handicap. Mais le problème est qu’ils ne savent pas bien souvent comment s’y prendre. C’est la raison pour laquelle, avec mon associé Jackson Sintina, nous avons conçu un programme de formation pour aider les entreprises, les établissements d’enseignement ainsi que les collectivités à adopter la posture la plus adéquate face à une personne en situation de handicap, et ce, quel que soit le type de handicap. Par ailleurs, pour mieux connaître les personnes en situation de handicap, nous pensons qu’il faut non seulement développer ces formations que l’on propose aux structures accueillant des personnes en situation de handicap, mais aussi favoriser et démultiplier des événements tels que la Nuit du Handicap.

FHI --- Jackson SINTINA qui soutient « avoir découvert » en vous, « quelqu’un qui avait, d’ailleurs beaucoup plus que la moyenne, une volonté de vivre extraordinaire ». Actuellement, vous avez l’objectif d’un projet de coaching pour les entreprises qui souhaitent embaucher des personnes handicapées. Des entreprises qui existent déjà quelle en sera la différence ?
Philippe AUBERT --- La plus value de notre projet est, qu’au-delà de nos compétences, nous avons un vécu. Lorsque vous êtes compétent et que cela fait trente huit ans que vous expérimentez le handicap, vous êtes en général crédible. A cause d’une certaine prétention de savoir mieux que nous, ce qu’il nous faut, certains ont longtemps parlé à notre place. Aujourd’hui, avec mon associé Jackson Sintina, je prends la parole (et entend être un porte-parole de tous ceux qui, comme moi, sont considérés comme des incapables) pour dire que nous avons des choses à partager et à apporter à la société.

FHI --- Le président de la République avait promis de faire du handicap « l’une des priorités de son quinquennat » aujourd’hui beaucoup de collectif associatif parlent d’abandon des promesses voire d’un recul et d’une mise en danger par exemple sur l’accessibilité mais aussi sur les revenus ou la PCH. Quel est votre sentiment à titre personnel et en tant que porte-parole de cette manifestation ?
Philippe AUBERT --- Nous sommes, nous aussi, vigilants à ce sujet et nous espérons que le président de la République tiendra ses promesses. Mais je crois qu’il est encore tôt pour tirer des conclusions. Nous devrions rencontrer, à l’occasion de la Nuit du handicap, la secrétaire d’État au Handicap, madame Sophie Cluzel, nous lui en parlerons.

FHI --- En conclusion, si vous deviez formuler un vœu pour cette soirée, quel serait-il et pensez-vous déjà à une deuxième édition ?
Philippe AUBERT --- Que cette soirée soit une fête, car la rencontre est une richesse.  Bien sûr, qu’il faut une deuxième, une troisième, une quatrième…édition pour faire en sorte que l’inclusion soit une réalité.

Interivew réalisé par
Stéphane LAGOUTIÉRE

Bandeau Nuit du handicap

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