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Portrait de M'Hammed Sajidi Président de l'association Vaincre l'autismeM'Hammed SAJIDI est le président de l'association "Vaincre l'autisme" et fondateur du centre Futuroschool de Paris a répondu a l'occasion de la journée mondiale de l'autisme aux questions posées sur l'évolution et la situation de l'autisme et aux dynamise de son potentiel de développement en France. Mais un homme d'expérience, qui confirme que si l'évolution a commencé tout comme la prise de conscience, beaucoup restent à faire tant en matière de prise en charge dans le domaine de l'hébergement que celui scientifique. 

A l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme le 2 avril, votre association "Vaincre l'autisme" organise samedi à Paris la Marche de l'Espérance. Quelle est pour vous la signification de cette marche ?
M'Hammed SAJIDI : Chaque année, le 2 avril est une tribune mondiale se faisant l'écho de la voix des enfants et des adultes atteints d'autisme. C'est un jour important pour sensibiliser et informer le grand public sur ce phénomène encore trop méconnu. La Marche de l'Espérance, qui va compter quelque 500 personnes, revendique une prévention et une protection des enfants autistes et de leurs familles. Cela passe par la prise en compte d'un dépistage et d'un diagnostic précoces qui permettront au plus tôt de mettre en place une éducation pluridisciplinaire adaptée avec pour objectif l'intégration des enfants autistes à l'école en milieu ordinaire et plus largement dans la société. Nous revendiquons que les budgets publics soient consacrés aux prises en charge adaptées réclamées depuis longtemps par les familles.

Le rapport de la Haute autorité de santé (HAS) du 8 mars dernier, va dans ce sens puisqu'il recommande des prises en charge fondées sur des approches éducatives, comportementales et développementales qui ont fait leurs preuves dans le monde. Pour vous, est-ce une avancée ?
M'Hammed SAJIDI : Le rapport de la HAS est une énorme évolution par rapport à la situation de blocage dans laquelle se trouvait le monde de l'autisme en France, en particulier à cause de la mainmise de l'approche psychanalytique. Tout n'est pas réglé sur cette question, mais depuis ce rapport, une porte est enfin ouverte pour la prise en charge adaptée de l'autisme. Les approches comportementales que je défends depuis 2001 sont prises en compte dans les recommandations de bonnes pratiques professionnelles par la Haute Autorité.

Vous êtes également fondateur du centre Futuroschool de Paris. Vous vous fondez justement sur l'approche comportementale, à travers l'ABA, pour intervenir sur les troubles du comportement des enfants avec autisme. Quelles sont les spécificités de l'ABA ?
M'Hammed SAJIDI : Il faut tout d'abord savoir que cette approche n'est pas exclusive aux enfants avec autisme. L'ABA est une branche de la psychologie comportementale. Elle sert à travailler sur le psychisme humain quel qu'il soit. Elle peut concerner des problématiques telles que le tabagisme, les problèmes alimentaires, etc. C'est une approche fondée sur l'analyse du comportement des personnes prises en charge. Concernant plus précisément les troubles de comportement liés à l'autisme, l'ABA est l'outil le plus efficace connu aujourd'hui. Elle est pratiquée depuis plus de quarante ans dans les pays anglo-saxons notamment, les pays du nord de l'Europe, l'Espagne, l'Italie, etc. Elle est donc largement reconnue et a prouvé son efficacité. Aujourd'hui, nous savons que tous les enfants atteints d'autisme doivent bénéficier de l'ABA pour leur permettre d'acquérir les comportements adéquats qui leur permettront ensuite de dynamiser leur potentiel de développement qui est masqué par les troubles dont ils font l'objet.

Quelles sont les raisons avancées pour expliquer l'autisme ?
M'Hammed SAJIDI : L'une des causes explicatives est neurologique. Les personnes autistes connaissent des difficultés à traiter les informations de leur environnement dues à des dysfonctionnements sensoriels, mais surtout à une défaillance dans la compréhension des codes sociaux. Un enfant autiste sait ce qu'il veut, mais il ne sait pas comment faire pour le dire. Il passe son temps à chercher des codes pour pouvoir communiquer, mais cela passe malheureusement par des gestes inappropriés pour le commun des mortels. Avec l'ABA, nous analysons leurs comportements pour cerner leurs demandes et nous les guidons pour leur apprendre à utiliser des codes sociaux adéquats. Cela peut prendre la forme d'une image par exemple, ou passer par un apprentissage mot à mot du langage. Une fois la prise en charge comportementale mise en place, les enfants entrent dans une relation interactive de communication et se développent rapidement. La majorité d'entre eux acquièrent le langage et pourront être scolarisés dans des classes ordinaires. S'il le faut, ils seront accompagnés pour prendre en compte leur spécificité autistique qu'ils conserveront toujours, mais qui ne les empêche pas de pouvoir apprendre aussi bien que n'importe quel élève. Il faut juste leur expliquer comment assimiler des connaissances, les doter de compétences en leur permettant d'acquérir des comportements adéquats de communication qu'ils apprendront à généraliser tout au long de leur vie au sein de la société.

Toutes les personnes avec autisme doivent-elles être traitées avec l'ABA ?
M'Hammed SAJIDI : Au début oui, mais si l'ABA est un outil indispensable il ne règle pas tout. Car l'autisme ne se résume malheureusement pas à un problème de troubles du comportement. C'est un handicap cognitif sévère et multifactoriel qui requiert une intervention pluridisciplinaire. C'est pourquoi à Futuroschool, nous centrons notre approche sur l'enfant pour déterminer un programme individualisé correspondant à ses besoins. Faut-il intervenir sur des troubles du comportement ? Alors l'ABA sera conseillée. L'enfant a-t-il besoin d'une approche cognitive ? Nous faisons appel à des professionnels adaptés. Ce qui importe c'est de mettre en place un programme de prise en charge complet autour de la personne autiste, dont l'ABA est une composante importante, mais non exclusive.


 

Source ministère de la santé

 



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