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Christian GRAPIN, est Diplômé de l'ESSEC, de l'Institut de l'innovation et de l'entrepreneuriat social. Après un parcours de consultant en Relations Humaines, Il rejoint l'association TREMPLIN – Études, Handicap, Entreprises - et en devient le Directeur en 2003. Son objectif aujourd'hui étant de mobiliser les compétences et les expertises de tous pour favoriser l'inclusion des lycéens et étudiants handicapés dans les études et dans les entreprises. Il inscrit l'action de l'association dans de nombreux projets régionaux et nationaux, et s'ouvre aujourd'hui à l'Europe en contribuant à une initiative unique et innovante de l'OCDE.

 christian GRAPIN Directeur de l’association Tremplin : Études, Handicap Entreprises

FHI --- Il existe beaucoup de manifestations déjà en place pourquoi une supplémentaire ?

Christian GRAPPIN : Cette manifestation n'est pas, une manifestation spécifique, dédiée au handicap. C'est une manifestation généraliste tournée vers les étudiants issus de grandes écoles et d'universités qui s'ouvrent depuis l'année dernière aux étudiantes et étudiants en situation de handicap.

Elle reste, et restera généraliste, mais sous l'impulsion de TREMPLIN, elle opère cette année une plus grande ouverture axée sur « l'inclusion » dans toutes ses facettes du handicap. Facette entreprises, facette études supérieures, facette sport. À ce titre, je ne pense pas qu'il existe beaucoup de manifestations généralistes de ce genre destinées aux étudiantes, et mobilisées sur le handicap sans en faire une spécificités.

FHI --- Le Chômage a progressé en 2011, de + 15 % chez les travailleurs handicapés une situation qui se poursuivit dans le premier semestre 2012. Quel soutient nouveau pouvez-vous apporter à ces jeunes ?

Christian GRAPPIN : Effectivement, le taux de chômage des personnes handicapées n'est toujours deux fois plus élevé que celui des autres Français. Il serait suivant les sources entre 20 et 22 20 à 22%. Comme vous le savez, les personnes avec une reconnaissance ouvrant droit à l'OETH sont plus âgées et moins diplômées que l'ensemble de la population des 15-64 ans. Selon l'INSEE 48 % d'entre elles ont plus de 50 ans, et 83 % des personnes handicapées ont une qualification inférieure ou égale au BEP.

Notre mission est d'accompagner, avec notre réseau de près de 200 entreprises, les jeunes lycéens et étudiants handicapés pour d'une part qu'ils avancent dans les études supérieures, tout en, d'autre part, développant leur expérience professionnelle. Notre objectif est qu'il arrive sur le marché du travail avec un bon voire très bon niveau d'études, et avec une connaissance de leur capacité et qualités professionnelle. Et cela fonctionne.

Presque 18% des jeunes accompagnés par notre association qui sont aujourd'hui dans un parcours Bac+4/5 sont venus chez Tremplin avec seulement un Bac. Quant à ceux qui préparent un Bac+3, ce sont presque 25% qui sont venus avec un Bac. Donc aider les jeunes à passer du Bac aux études supérieures ; c'est possible. Et les aider à passer des études supérieures à l'emploi aussi. Parmi les jeunes qui trouvent un emploi après avoir été accompagnés par TREMPLIN, 52%% le trouvent en 3 mois maximum, 76%% en 6 mois maximum.

FHI --- Depuis quelque année des associations comme STARTING-BLOCK ont fait évoluer la donne comme dans les ESC où l'intégration a particulièrement été réussie. Quel bilan dressez-vous de cette évolution ?

Christian GRAPPIN : Le nombre d'étudiants en situation de handicap a évolué dans le supérieur 12 000 en 2011, dont 1000 dans les grandes écoles (ils étaient 8400 en 2005). Le nombre de jeunes en primaire aussi 126 300 en 2011 contre 105 000 en 2005, et la plus grande évolution est en secondaire : 75 000 en 2011 contre 47 000 en 2005.

En revanche, comme les chiffres ci-dessus le montrent, les transitions primaires/secondaires ou secondaires/supérieure sont toujours si difficiles.

 

Sans oublier pour autant dans la transition supérieure/Emploi. Car ce n'est pas parce qu'un étudiant handicapé rentre en supérieur que sa transition vers l'emploi est acquise. Et cela en France comme en Europe. C'est pourquoi, en France, nous accompagnons les étudiants jusqu'à leur 1er emploi, et qu'au niveau européen, nous sommes partenaires d'une expérimentation concernant le Danemark, l'Irlande, l'Italie et la France.

Sensibiliser les écoles, sensibiliser les étudiants valides comme le fait Starting-Block est une démarche très importante. Mais elle n'est pas suffisante. Il faut aussi sensibiliser les lycéens, les étudiants en situation de handicap et les accompagner. C'est ce que nous faisons. Et c'est face à leurs projets que nous pouvons proposer aux écoles et universités des actions concrètes d'accueil et de formation. Si elles sont déjà sensibilisées, la réactivité en sera meilleure.

FHI --- N'est-il pas un problème de penser université ou grande école alors que le parcours avant le bac reste aujourd'hui un parcours du combattant pour certains élèves ?

Christian GRAPIN : La réponse précédente confirme votre regard. Si l'évolution est marquante dans le primaire et le secondaire, il est important de se tourner vers les jeunes de lycées, pour rendre plus efficace la transition secondaire/supérieure.

FHI --- Pour conclure vous parler d'inclusion en affirmant « toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs », personne ne viendra vous contredire, comme l'AGEFIPH qui rendu son rapport c'est loin d'être le cas dans l'ensemble des entreprises. Comment fait-on ?

Christian GRAPIN : Justement, affirmer la nécessité des mélanges, des rencontres et parfois les chocs, c'est bien ; les mettre en œuvre c'est mieux. En 2011 TREMPLIN a permit à 300 jeunes qui nous accompagnent de réaliser plus de 760 actions dans les entreprises. Ce mélange est bénéfique et formateur tant pour les jeunes qui vont dans les entreprises que pour les collaborateurs et collaboratrices qui les accueillent, les forment, les intègrent.

Christian Grapin au fond entouré de jeune étudiant sur l'un des stands mise en oeuvre dans le cadre de son association Tremplin

Le dire, c'est bien, le faire, c'est mieux. La loi de 2005 porte en elle cette pensée inclusive. Tous les acteurs dont les écoles (et leurs professionnels) et les entreprises (et leurs professionnels) doivent la mettre en œuvre. Chacun sait qu'une loi ne change pas comme par enchantement les comportements, les représentations, les pratiques de ceux qui doivent la mettre en œuvre. Cela vaut pour celles et ceux qui entourent les personnes handicapées, comme les personnes handicapées elles-mêmes.

L'on constate malgré tous un progrès dans les entreprises. Entre janvier 2009 et janvier 2010, le taux d'emploi de personnes handicapées serait passé de 3,99 % à 4,21 %.

 

Interview réalisé à Paris le 1er juin 2012
Par Stéphane Lagoutiére

 

 

 

 

 

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