Emploi : Le « monde professionnel reste un milieu particulièrement discriminant » selon défenseur des droits.
Le défenseur des droits Jacques TOUBON, à présenté hier, à l’issu d’une l’enquête « Accès aux droits » du Défenseur des droits réalisé en association avec l’Organisation internationale du travail (OIT), le . Une enquête qui vient confirmer les nombreuses alertes faites du secteur associatif comme la FNATH ou encore l’UNAFAM. Mais aussi à l’occasion de la semaine de la santé mentale qui se termine aujourd’hui. Un baromètre qui démontre que 49 % contre 31 % des personnes non concernées par le handicap en situation de handicap déclare avoir été discriminé.
Une discrimination à l’emploi présente y comprit en fonction même du handicap, les employeurs préférant, selon un sondage publié en 2016, le handicap physique plutôt qu’auditif, visuel ou mental ou psychique... Un 10e baromètre réalisé sur un échantillon de 5 117 personnes représentatif de la population de France métropolitaine en termes d’âge, de sexe, de catégorie professionnelle et de niveau de diplôme, pour ceux portant sur les expériences de discrimination en milieu professionnel celle-ci ont été analysés pour la seule population active soit 3556 personnes entre le 18 février au 26 mai 2016.
Les raisons de discrimination encore trop nombreuse....
L’emploi apparaît donc contre toute attente comme un milieu particulièrement discriminant, alors que celui-ci reste un facteur essentiel dans l’inclusion sociale, économique et culturelle des Français. Ainsi une personne sur deux
considérants que les discriminations sont fréquentes au cours d’une recherche d’emploi et une sur trois dans la carrière. Des facteurs discriminatoires plus fortement ressentis chez les femmes, que chez les hommes.
Néanmoins si elle reste stable depuis plusieurs années, cette discrimination perçue et rapportée est stable, « fait de l’emploi, qu’il s’agisse de l’embauche ou de l’évolution de carrière, l’un des domaines où les discriminations sont les plus répandues » selon le défenseur des droits.
Ils sont un tiers de la population active (34%) a déclaré avoir fait l’objet d’au moins une discrimination au cours des cinq dernières années en raison du sexe, de l’état de santé ou du handicap, de l’âge, de la grossesse ou maternité, des convictions religieuses ou encore de l’origine. Des expériences de discrimination au travail pour 29 % et/ou lors d’une recherche d’emploi pour 18,5 %. Une discrimination plus facile à identifier dans l’entreprise où ils sont 32,8 % estime qu’elles se produisent souvent ou très souvent dans le déroulement de carrière.
Qui à contrario lors du recrutement ou l’opacité limite les possibilités de disposer d’éléments mettant en évidence la discrimination et laisse une large place au doute. Reste que l’accès à l’emploi est prégnant comme l’illustre par exemple le récent « testing » réalisé par la Dares en 2016, auprès des grandes entreprises.
Des résultats montrent aussi que certains groupes sociaux sont plus exposés que d’autres aux discriminations dans l’emploi. Le fait d’être une femme (avec un taux global de 41 % contre 28 %), cette vue d’ensemble fait également ressortir des variations liées aux caractéristiques personnelles telles que l’âge, l’origine ou le handicap ou encore ayant des enfants en bas âge. Tandis que le jeune âge pour les hommes sera lui un facteur plus important, comme l’origine extra-européenne réelle ou supposée, qui sont autant de caractéristiques susceptibles de renforcer les discriminations.
Le défenseur des droits qui a l’occasion de sa présentation à rappeler « la nécessité pour les pouvoirs publics, comme pour les acteurs de l’emploi, de mettre en place une action vigoureuse de lutte contre toutes les formes de discrimination », précisant regretter « une mobilisation tardive du Gouvernement en la matière qui n’a pas permis de déployer des politiques publiques à la hauteur des enjeux ».
Handicap et maladie invalidante facteur de discrimination...?
Si le handicap n’est pas le seul critère discriminatoire à apparaître dans cette étude, puisque les deux premiers étant lié à l’âge et le sexe suivis de l’origine (8 %). Le handicap ou l’état de santé représente 6 %. Le rapport précise que les motifs de discrimination déclarés se recoupent souvent avec les caractéristiques sociales des personnes (sexe, handicap, origine...).
Les discriminations revêtent des formes particulières. Elles peuvent être fondées sur un critère unique, mais également sur une base multiple en combinant plusieurs de ces critères. Le défenseur citant par exemple le cas d’un homme de 55 ans atteint d’une maladie chronique se voit refuser une promotion en raison de son âge et de ses absences répétées liées à son état de santé.
Le défenseur des droits qui précise dans ce baromètre néanmoins que la perception discriminatoire reste très forte chez les personnes en situation de handicap ou encore pour ceux atteints d’une maladie chronique ou durable. L’exemple des déficients mentaux ou psychiques, en reste une preuve flagrante. Des personnes dont le taux de chômage dépassent 50 %, tout comme le handicap auditif dont le taux dépasse les 33 % ou encore pour certaines maladies comme les diabétiques (v.article) dont la FND avait lancé il y a quelques semaines une campagne pour lutter contre le non-accès a certaines professions.
Ainsi, tous critères de discrimination confondus (sexe, âge, handicap, origine...), près d’une personne sur 2 en situation de handicap déclare avoir été discriminée dans l’emploi (49 %) contre 31 % des personnes non concernées par le handicap. Une enquête qui tend a démontré que comme dans la population active en général les femmes en situation de handicap, entendu au sens large, sont plus nombreuses que les hommes. Elles déclarent également plus de discriminations dans l’emploi tous critères confondus : 56 % contre 41 % des hommes en situation de handicap.
Ainsi selon l’enquête si tous les groupes sociaux sont donc touchés de la même manière lorsque les personnes présentent un handicap ou une altération durable ou chronique de leur état de santé. Ainsi, le fait d’être en situation de handicap multiplie par trois la probabilité d’expériences de discrimination et constitue un facteur aggravant, indépendamment du sexe, de l’âge ou de l’origine. Les personnes en situation de handicap se trouvent donc exposées à de multiples formes de discriminations qui se cumulent et renforcent les obstacles qu’elles rencontrent dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle.
Des conséquences à long terme...
Le défenseur des droits qui précise dans ces conclusions que les discriminations observées sur une période de cinq ans touchent plus particulièrement les femmes, les jeunes perçus comme d’origine extraeuropéenne et les personnes en situation de handicap. Des hommes et des femmes dont il souligne l’importance des « répercussions sur l’ensemble de leur vie professionnelle, leur carrière et par ricochet sur leur vie sociale », auquel il faut ajouter, précise-t-il, « toute celle qu’elles pourront rencontrer en dehors du travail ».
Un défenseur des droits qui aura reçu en 2016, plus de 5 200 réclamations pour discrimination, dont la moitié dans l’emploi. Des résultats de l’enquête qui font état, à cet égard, d’un taux de non-recours particulièrement élevé, notamment à l’embauche où moins d’une personne sur 10 engage des démarches pour faire reconnaître ses droits, et une sur 4 dans sa carrière professionnelle comme l’indique le dernier rapport rendu public en février 2017. « Des résultats rappellent la nécessité d’une action vigoureuse de lutte contre les discriminations des pouvoirs publics comme des acteurs de l’emploi » conclut Jacques TOUBON.
Stéphane LAGOUTIÉRE
Sources : Défenseurs des droits / DARES
Publication : 24/03/2017
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