Quelle évolution pour la prise en charge des personnes âgées en établissement et le financement des maisons de retraite
Alors que la population de plus 60 ans, ne cesse de progresser en France, , en 2050, en supposant que les tendances démographiques récentes se maintiennent, un habitant sur trois serait âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq, en 2005. Un sujet lié essentiel sur lequel la DREES qui revient en publiant trois études concernants, , mais aussi celles qui sont . Enfin, celle qui porte sur . Des études qui nous rappelle l’importance de ce dossier face a des scénarios du vieillissement qui semble inéluctable avec toutes ces conséquences…
Un vieillissement inéluctable de la population…
« Si les tendances démographiques se poursuivent, la France comptera en 2050 74 millions d'habitants », soit 7 millions de plus qu'au 1er janvier 2017 (66,9 millions), indiqués dans une étude l'Institut national de la statistique, en
2017. Dans l'Ouest et le sud du pays (Corse, Occitanie, Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes), l'augmentation serait plus prononcée. À l'inverse, la Normandie et le Grand Est progresseraient plus faiblement. Ainsi, en 2050, la Bretagne pourrait devenir plus peuplée que la Normandie et l'Occitanie compterait plus d'habitants que les Hauts-de-France.
Les deux régions les plus peuplées, l'Île-de-France et l'Auvergne-Rhône-Alpes conforteraient leur statut. Néanmoins, avec l'arrivée des générations du baby-boom (entre 1945 et 1975) aux âges de forte mortalité, les décès dépasseraient les naissances dans de nombreuses régions. Le solde naturel (différence entre le nombre de naissances et de décès enregistrés chaque année) resterait positif, en 2050, dans seulement quatre régions : l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire.
Baisse de la population active au profit des personnes âgées…
Au 1er janvier 2050, la France compterait plus de 20 millions de personnes de 65 ans ou plus soit 8,6 millions de plus qu'en 2013. La population des seniors augmenterait nettement plus que l'ensemble de la population, +1,5 % en moyenne par an. Les plus de 75 ans représenteraient 16,4 % de la population, 12,1 millions de personnes, contre 9 % en 2013. La population en âge d'être active (20-64 ans) baisserait de 588 000 personnes d'ici à 2050 et ne représenterait que la moitié des habitants. La part des jeunes (moins de 20 ans) va augmenter mais modérément pour représenter 22,3 % de la population.
À l'échelle nationale, le ratio entre population âgée et population jeune s'établirait en 2050 à 122 personnes de 65 ans ou plus pour 100 de moins de 20 ans. En 2013, il était de 71 seniors pour 100 jeunes, précise l'INSEE. Néanmoins, quelle que soit la région, cette hausse du ratio serait surtout marquée jusqu'au début des années 2030. En résumé selon les projections, la France compterait 74 millions d’habitants en 2050. Les décès dépasseraient les naissances dans de nombreuses régions, à l’exception de l’Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire. La population des seniors augmenterait nettement plus que l’ensemble de la population. Quant à celle qui est en âge d’être active, elle baisserait.
Le recours aux SSR en progression de 11 % entre 2008 et 2016
Avec le vieillissement de la population, le recours aux soins de suite et de réadaptation (SSR) se développe, en particulier chez les personnes de 90 ans ou plus. Le taux de recours global a ainsi augmenté de 11 % entre 2008 et 2016. Reflet de cette demande de soins croissante, les établissements de SSR ont enregistré 37,9 millions de journées d’hospitalisation en 2016, soit 16 % de plus qu’en 2008 (32,8 millions). Pour répondre aux besoins de soins de SSR et à l’augmentation de l’activité, les établissements ont adapté leur offre : les capacités d’accueil en SSR ont progressé, passant de 97 000 à 105 000 lits en hospitalisation à temps complet (+8 %) et de 7 000 à 12 500 places en hospitalisation à temps partiel (+82 %).
Depuis 2008, les disparités territoriales de l’offre de SSR – historiquement fortes – se sont résorbées peu à peu. Les départements les moins équipés en lits et en place de SSR en 2008 ont, depuis, augmenté leurs capacités d’accueil pour se rapprocher de la densité d’offre des départements mieux lotis.
Un quart des personnes décédées, en 2015, vivaient en EHPAD
En 2015, 5,6 % des personnes âgées de 65 ans ou plus vivent en institution. Parmi les 728 000 résidents, 80 % vivent en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La même année, 150 000 résidents d’EHPAD sont décédés. Les décès de résidents d’EHPAD représentent un quart des décès enregistrés en France tous âges confondus et un tiers des décès des 75 ans ou plus. Dans trois cas sur quatre, le décès du résident survient au sein même de l’EHPAD et dans un cas sur quatre, lors d’une hospitalisation.
À caractéristiques des résidentes égales, le décès à l’hôpital est moins fréquent lorsqu’une infirmière est présente dans l’EHPAD 24h/24, plus fréquent lorsque celui-ci rencontre des difficultés de recrutement. De plus en plus confrontés à la question de l’accompagnement de la fin de vie, 87 % des EHPAD ont mis en place des procédures, en 2015 (contre 75 % en 2011). 75 % ont un volet « soins palliatifs » dans leur projet d’établissement (contre 62 % en 2011), et la même proportion a signé une convention avec une équipe mobile ou un réseau en soins palliatifs (74% des EHPAD contre 60 % en 2011).
Malgré le développement de ces dispositifs, le recours aux soins palliatifs en EHPAD reste limité. En 2015, 10 % des résidents décédés ont bénéficié de l’intervention d’une équipe mobile de soins palliatifs ou d’un réseau de santé en soins palliatifs (12% hors EHPAD rattachés à une structure sanitaire, qui peuvent bénéficier des équipements de celle-ci).
1 850 € par mois pour leur maison de retraite pour plus de la moitié d’entre eux…
Une enquête de la DREES menée auprès de 3 300 seniors en établissement montre qu’en 2016, la moitié des résidents doivent payer au moins 1 850 € par mois pour financer leur maison de retraite, après perception des allocations et des contributions des obligés alimentaires (hors aides volontaires des proches). Cette participation financière s’élève à au moins 2 420 € pour la moitié des résidents des établissements privés à but lucratif, contre 1 800 € pour les autres types d’établissements. Les retraités vivant en France perçoivent une pension moyenne d'environ 1 500 € nets mensuels fin 2016.
Certains doivent donc mobiliser d’autres ressources pour financer les coûts liés à la prise en charge en établissement : un tiers des résidents déclarent devoir puiser dans leur épargne et 11 % devoirs mobiliser leur entourage pour payer une partie de ces frais. Près d’un résident sur dix envisagé de vendre du patrimoine pour couvrir ces dépenses.
Stéphane LAGOUTIÉRE
Sources : DREES / INSEE
Publication : 27/11/2018
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