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Une hormone produite lors de l’exercice pourrait améliorer les capacités musculaires des séniors

Culture d'adipocytes au laboratoire du département "Métabolisme et obésité" de l'unité 858, CHU Rangueil, Toulouse

Une équipe toulousaine vient de montrer le rôle d'une hormone dans la fonte musculaire liée à l'âge. Ces travaux illustrent l'ambition de Toulouse à devenir le plus grand centre de recherche sur le « vieillissement en bonne santé ». Comment limiter la diminution liée à l’âge des capacités musculaires (ou sarcopénie), une des causes majeures de perte d’autonomie des séniors ? Ces a ces questions que des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier et du Gérontopôle du CHU de Toulouse pourraient avoir trouvé, au sein même des muscles, un allié de taille dans la lutte contre cette maladie : l’apeline. Cette hormone, dont la production diminue avec l’âge, est sécrétée lors de l’exercice physique et permet une amélioration de la capacité musculaire.

Des travaux publiés dans Nature Medicine permettent d’envisager l’apeline à la fois comme un outil diagnostique de la sarcopénie et comme une solution pour son traitement. En 2016, l’OMS reconnaissait enfin la diminution des capacités musculaires - aussi appelée sarcopénie ou dystrophie musculaire liée à l’âge - comme une maladie. Or, le maintien des capacités fonctionnelles des séniors est essentiel afin de préserver leur indépendance et leur qualité de vie. Associée à une limitation de la mobilité, la sarcopénie apparaît comme une des premières causes de la perte progressive d’autonomie et du développement de pathologies liées à l’âge (ostéoporose, altérations cardiaques et/ou cognitives) et par conséquent comme une des raisons principales de placement en institut médicalisé.

La sarcopénie se caractérise par une dégénérescence de la masse, de la qualité et de la force musculaire. Les stratégies développées aujourd’hui pour lutter contre cette pathologie se heurtent à l’absence d’outils de diagnostic précoce et affichent des efficacités variables, souvent associées à des effets secondaires. L’exercice physique, bien que présentant l’inconvénient majeur d’être souvent Philippe Valet, directeur de l'équipe 3 "Sécrétions adipocytaires, obésités et pathologie associées" au laboratoire du département "Métabolisme et obésité" de l'unité 858, CHU Rangueil, Toulouse. impraticable ou infructueux chez les individus dont les capacités motrices sont réduites, est souvent considéré comme l’approche la plus efficace.

Dans de précédentes études, il a été mis en évidence qu’en stimulant l’activation des cellules souches à l’origine des cellules musculaires, la contraction musculaire générée par l’exercice physique participait au renouvellement des fibres musculaires (myofibres), ainsi qu’à l’amélioration de leur métabolisme.

Les équipe de recherche ce sont intéressée à la relation entre ces mécanismes et le développement de la sarcopénie. Ces travaux ont permis aux chercheurs d’identifier une hormone, l’apeline, produite par la contraction du muscle au cours de l’exercice, et qui semble capable de maintenir voire même de restaurer les capacités musculaires.

En effet, en administrant de l’apeline à des souris âgées, les chercheurs ont notamment pu observer une amélioration de leurs capacités musculaires ainsi qu’un retour à la normale de leurs myofibres. Cette amélioration serait due à la capacité de l’apeline à stimuler à la fois le métabolisme cellulaire dans le muscle et la régénération des myofibres à partir des cellules souches.

Enfin, les chercheurs ont observé qu’à mesure que l’âge progresse, la production d’apeline en réponse à l’exercice diminue. Selon Philippe Valet co-directeur de l’étude et professeur à l’université Toulouse III – Paul Sabatier « dans les années à venir, l’apeline pourrait être utilisée à des fins thérapeutiques dans le domaine de la sarcopénie puisque les résultats de l’étude chez la souris montrent qu’un traitement par cette hormone permet d’améliorer significativement les facultés musculaires. Ces travaux permettent donc d’envisager l’apeline à la fois comme un outil diagnostique précoce de la sarcopénie et comme un traitement prometteur pour lutter contre la perte de fonction liée à l’âge. ».

Des essais cliniques seront menés à partir de 2019, annonce le communiqué, par le Gérontopôle du CHU de Toulouse dans le cadre du projet d’IHU-Inspire sur la prévention, le vieillissement en santé et la médecine régénératrice.

La Rédaction

Source : Inserm / Gérontopôle du CHU de Toulouse

 

Catégorie : ÉTUDE & RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Publication : 03/09/2018
Recherche scientifiqueSantéPersonnes âgéesSanté publiquevieillissementINSERMGérontopôle du CHU de ToulouseExercice physique

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