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la Facade du Tribunal administratif de Cergy Pontoise dans le Val-d'Oise qui a accueilli le procès en référé Après avoir vendredi dernier avec le soutien de l'Unapei, la Famille d'Amélie a poursuivi son combat aujourd'hui avec la comparution aujourd'hui devant le tribunal administratif de Cergy Pontoise du Val-d'Oise au référé-liberté contre le Conseil Général du Val d'Oise et l'Agence Régionale de Santé (ARS) d'Ile de France. Un jugement qui sera rendu lui lundi dans la matinée.

Une première dans le droit français ainsi que pour l'Unapei et pour lequel on peut espérer comme en son temps avec celle-ci déposé contre l'État pour manquement à son devoir d'éducation cette plainte puisse faire date dans l'histoire administrative.

Le délibéré du jugement et quand a lui attendu lundi et pour lequel ont puisse esperer qu'il puisse permettre de trouver une solution pour la jeune fille âgée de 19 ans et atteinte du syndrome de Prader-Willi, de troubles autistiques et de troubles envahissants du développement n'a pas de solution d'accueil depuis près d'un an et qui souffre de probleme d'obesité.

Une jeune fille qui octobre 2012, avait quitter l'institut médico-éducatif qu'elle fréquentait et qui, selon sa mère, "n'était plus adapté". Elle retourne vivre chez ses parents, qui ne trouvent pas de nouvelle place en institution spécialisée. Des parents qui sont aujourd'hui a bout de souffle.

« Deni de citoyenneté » et « Droit a la Vie »

«Nous voulons montrer que c'est un déni de citoyenneté», a déclaré Christel PRADO, la président de l'Unapei, regrettant que les lois qui prévoient l'accueil des personnes handicapées «dans des établissements adaptés à leurs besoins (...) ne soient pas appliquées». Un sentiment de la famille et confirmé par leur avocat Me FELISSI «Eu égard à l'absence de prise en charge médico-sociale d'Amélie et à l'épuisement psychique de la famille, il y a une atteinte au droit à la vie» soulignera t-il a la sortie.  

La Présidente d'ajouté que « Les familles sont abandonnées à un destin inacceptable que nul être humain ne peut supporter sans songer à commettre l'irréparable. L'Unapei demande l'application stricte du droit à compensation. Les lois bafouées conduisent à des existences amputées, et c'est indigne d'une société fraternelle fondée sur la déclaration universelle des droits de l'homme ».

Stéphane LAGOUTIERE

La jeune Amélie âgée de 19 ans atteinte du syndrome de Prader Willi dans son fauteuil chez ses parentsFaute de solution d'accueil, de très nombreuses personnes handicapées sont contraintes de rester au domicile de leurs parents. Droit pourtant fondamental qui leur est reconnu par la loi. L'Unapei, aux côtés de la famille d'Amélie âgée de 19 ans, a engagé une procédure de référé-liberté devant le juge administratif.

Le recours à cette procédure n'a encore jamais été tenté. Un jugement, qui sera rendu par le tribunal administratif de Pontoise, vendredi prochain et qui devrait marquera nécessairement un tournant... Plus d'une "dizaine de milliers" d'enfants et d'adultes handicapés cherchent en vain un hébergement spécialisé en France, selon l'Unapei.

Amélie, jeune adulte, est atteinte du syndrome de Prader-Willi, de troubles autistiques et de troubles envahissants du développement, une anomalie génétique rare qui a entraîné un retard mental et l'a rendue obèse. Depuis sa majorité, faute de place en établissement médico-social malgré une orientation par la MDPH, elle a vécu chez ses parents pendant près d'un an.

Son état de santé s'est dégradé de jour en jour, ses troubles du comportement non contenus se sont amplifiés dans des proportions démesurées et insupportables au quotidien. Après un court séjour de répit à l'hôpital elle est retournée vivre à domicile ce qui la met en grand danger, ainsi que ses parents et son frère.

Après avoir été contrainte durant neuf mois d'assumer seule et sans aucune aide l'accompagnement d'Amélie, la famille est aujourd'hui épuisée psychiquement et incapable de supporter plus longtemps un abandon à la fatalité de ce manque de place.

Devant l'urgence attestée par les professionnels de santé, l'Unapei a porté l'affaire en justice aux côtés de la famille et lancé une requête en référé-liberté. Cette procédure d'urgence n'a jusqu'ici jamais été lancée pour défendre le droit à compensation et le droit à la vie pour les personnes handicapées. Le jugement fera date.

« Les familles sont abandonnées à un destin inacceptable que nul être humain ne peut supporter sans songer à commettre l'irréparable. L'Unapei demande l'application stricte du droit à compensation. Les lois bafouées conduisent à des existences amputées, et c'est indigne d'une société fraternelle fondée sur la déclaration universelle des droits de l'homme. » déclare Christel PRADO, présidente de l'Unapei.

Stéphane LAGOUTIERE

Des cohons enfermé dans un batiment Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Lons-le-Saunier (Jura) vient d'annoncer la condamnation le 11 septembre dernier, d'un opérateur de porcheries industrielles pour "faute inexcusable".

La société Pelizzarri n'a pas fourni de protection auditive alors que celle-ci pouvant atteindre entre 121 et 133 décibels au cours du repas des cochons violant la réglementation qui oblige l'employeur à fournir une protection à partir de 85 décibels.

Situation qui selon le TASS est responsable de la surdité du salarié, une première dans le monde agricole et de la profession.

Une maladie professionnelle reconnue !

Serge Personeni, 49 ans, dont le taux de surdité aux deux oreilles correspond à 40 % se dit heureux, après la reconnaissance de maladie professionnelle avaient donné en 2012. « Je suis très content, ça fait cinq ans que je me bagarre et, finalement la justice a reconnu la faute de mon patron », a déclaré M. PERSONENI.

Une avancée confirmée par la FNATH défenseur du requérant dont la TASS a suivi les arguments. La Fédération qui a estimé que l'employeur « avait conscience du danger » couru par la victime qui travaillait « huit heures par jour et sept jours sur sept dans le bruit des machines et les hurlements des 4.000 porcelets et cochons, en particulier quand leur nourriture était préparée ».

Une situation que ne reconnaît pas l'avocat de l'employeur, qui affirme que la surdité de l'ancien porcher a été provoquée par ses activités précédentes.

« Avant de travailler chez nous, M. PERSONENI a eu une activité de bûcheron où le niveau sonore est très élevé » et Me Frédéric RENAUD d'ajouter que « Chez nous, il se déplaçait chaque jour dans plusieurs établissements et il avait d'importants temps de transport, il n'était donc pas soumis en permanence aux cris des cochons, son exposition ne pouvait pas être significative ».

Des conditions de travail indignes...

Lors de l'audience, du 26 juin dernier, le président du Tass avait rappelé que l'inspection du travail avait estimé que l'ancien porcher travaillait dans des « conditions incompatibles avec la dignité humaine ».

La FNATH de saluer cette décision « qui témoigne des conditions de travail pénibles dans le monde agricole ».

Quant à l'avocat de la société Pelizzarri, il a confié à l'AFP qu'il allait désormais « réfléchir sur l'opportunité d'un appel », tout en le jugeant « vraisemblable ».

Une victime qui devra encore attendre une expertise médicale a été ordonnée par la TASS, pour estimer le préjudice global de Serge PERSONENI. Le montant de la rente perçue par ce dernier pour sa maladie professionnelle sera alors réévalué en fonction du résultat de l'expertise.

Stéphane LAGOUTIÉRE.

Façade du conseil d'Etat a Paris (illustration)Après plusieurs semaines d'attente, le Conseil a rendu son arrêt N°344035 annulant l'arrêt du 2 mai 2012 fixant les tarifs plafonds des établissements et services d'aide par le travail (Esat) pour « erreur manifeste d'appréciation ». Une victoire pour les associations qui dans un communiqué commun leurs satisfactions.

Une pratique qui verra le jour en 2009 pour la première fois dans le cadre du budget, depuis cette date les tarifs plafonds des Esat n'ayant connu aucune évolution. Un dispositif que plusieurs associations comme l'APF, l'Unapei, ont saisi le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir, afin de faire annuler les trois arrêtés fixant les tarifs plafonds des Esat pour 2010, 2011 et 2012.

Les associations considérant ce mode de tarification contraire au principe de libre de choix de l'usager d'un établissement social et médical et au principe de non-discrimination fondé sur le handicap et mis en place en l'absence de concertation avec le secteur.

Les hauts magistrats décidant eux condamner les ministres d'avoir, « pour la quatrième année consécutive », maintenu les tarifs plafonds à un niveau inchangé « en fonction d'une étude reposant sur des données de 2008 ».

Les magistrats précisant que ces derniers n'avaient pas cherché à apprécier l' « incidence de l'application des règles de convergence fixées par les arrêtés successivement applicables sur la situation des établissements et services, en particulier sur la situation de ceux dont les charges immobilières sont très nettement supérieures à la moyenne ».

Les associations signataires des recours successifs demeurent mobilisées. Ces dernières attendent de l'État une mise en exécution immédiate de la décision du Conseil d'État, l'annulation de l'arrêté ayant des conséquences dans le calcul des dotations des établissements pour les exercices 2012 et 2013.

La mobilisation collective des organisations, plus nombreuses chaque année à se joindre aux différentes actions menées en faveur de la défense des intérêts des 1300 ESAT et 160 000 travailleurs handicapés qui y sont accompagnés, ne faiblit pas ! *

Dans un contexte budgétaire contraint, marqué par une convergence tarifaire sans commune mesure avec d'autres secteurs et l'arrêt autoritaire du plan de création de places, les organisations interpellent l'État quant au devenir des ESAT et demandent la reprise des travaux sur le financement de ces structures, stoppés depuis plus de 18 mois.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Organisations signataires : APF – APTE - Entraide universitaire - Fédération des APAJH – FEGAPEI – FEHAP - Association –RESOLUX – UNAPEI – UNIOPSS

La salle d'audience du tribunal de Nanterre peu avant l'ouverture du procès le 14 mai 2012 Un an après le début d'un procès mis en échec pour des raisons de procédure, les victimes, tout comme celle qui avait dénoncé le scandale, le Dr. Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, en juin 2009 compte bien cette fois aller jusqu'au bout même si celle-ci exprime certaine interogations. Un procès qui débute aujourd'hui à Nanterre, pour une durée de 16 jours et qui sera le fruit de certaines victimes refusant d'attendre l'indemnisation à laquelle elle prétende. Les accusées, Jacques SERVIER 91 ans, et quatre anciens cadres de Servier et sa filiale Biopharma, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nanterre et seront jugés pour « tromperie aggravée ».

Des victimes exigent réparation immédiatement !

Se sont donc 700 parties civiles qui sont à partir d'aujourd'hui a nouveau sur le banc des victimes, demandent réparation devant le tribunal correctionnel. Des victimes refusent d'attendre l'issue de l'instruction menée parallèlement au pôle santé du parquet à
Illustration graphique des morts et victimes causé par le médiator a longParis pour lequel plus de 3000 plaintes ont été déposées. Certaines d'entre elles refusent de permettre à Jacques SERVIER de gagner du temps ont misé sur une procédure rapide : une citation directe pour "tromperie aggravée" dans laquelle leur revient la tâche d'apporter les preuves, sans avoir accès aux investigations parisiennes. Parmi les nombreuses victimes de l'anti-diabétique des laboratoires Servier, Céférina CORDOBA, lourdement handicapée par sa maladie. À ce jour, elle n'a toujours pas reçu d'indemnisation. Elle vit avec 570 euros par mois.

Des victimes reprochent à Jacques Servier, 91 ans, fondateur des laboratoires du même nom qui ont commercialisé le Mediator, de les avoir "délibérément" trompées sur la composition de ce médicament destiné aux diabétiques, mais largement prescrit comme coupe-faim. Ils n'auraient pas été informés de "la nature anorexigène" de son principe actif, le Benfluorex. Ce dernier larguerait dans l'organisme une substance toxique, la norfenfluramine, une molécule très proche de l'amphétamine qui provoque des hypertensions artérielles pulmonaires et multiplie par trois le risque de valvulopathies (dysfonctionnement des valves cardiaques).

Parallèlement aux poursuites pénales, les victimes présumées peuvent demander réparation à la justice civile ou se tourner vers le Fonds public d'indemnisation pour les victimes du Mediator, géré par l'Oniam (Office national d'indemnisation des accidents médicaux) et mis en place le 1er septembre 2012. Une commission qui a ce jour à rendus 152 avis favorables à l'indemnisation de victimes du Mediator par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) sur près de 7.939 demandes. Selon Erik Rance, directeur de l'Oniam, la plupart des refus (992) portent sur des pathologies non imputables à ce produit. Dans 90 cas, l'Oniam a estimé ne pas avoir à sa disposition suffisamment de pièces pour se prononcer. Des avocats qui pour leur part ont evoquer l'indéscence des montants affirmant pourvoir obtenir des montants trois a quatre superieur...

Bataille de procédure...

Jacques Servier le 14 mai 2012 lors de la premier audience au tribunal de Nanterre. Mais les victimes verront-elles vraiment le procès aller sur le fond, un an après une première interruption en 2012 suites à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense de Servier et refusée par la Cour de cassation ? Rien n'est moins sûr et laisse même craindre selon pour Me Juliette Nattier, conseil d'une trentaine de victimes présumées, "il y a un risque que l'affaire ne soit encore pas jugée, la défense de Servier devrait en effet engager une nouvelle bataille de procédure susceptible d'entraîner un nouveau renvoi du procès".

De leur côté, les parties civiles disposent de plusieurs pièces maîtresses comme des documents internes de Servier et les annexes du rapport accablant de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Selon l'Igas, le retrait du Mediator "aurait pu être décidé dès 1999", soit dix ans avant sa disparition du marché. Jacques Servier, ainsi que les quatre anciens cadres de Servier et sa filiale Biopharma jugés à ses côtés à Nanterre, encourent quatre ans de prison et une amende de 75 000 euros ; Servier et Biopharma, en tant que personne morale, une amende de 375 000 euros ainsi qu'une interdiction d'exercer.

Pour la pneumologue, qui avait alerté en 2008 sur les risques cardiaques du médicament commercialisé en 1976, redoute en outre que l'instruction en cours ne complique la tenue duLe Dr et Pneumologue, Irene FRACHON ici au CHU de Brest et auteur du livre Médiator 150Mg combien de Mort ? paru en 2012©AFP / FRED TANNEAU procès. "Est-ce qu'un tribunal va accepter de juger aujourd'hui la tromperie rapidement, alors qu'il y a une autre procédure pénale en cours qui semble peut-être aller à son terme?" s'interroge-t-elle, jugeant que c'est "la question qui va être posée certainement très rapidement à l'ouverture de ce procès".

Des victimes toujours plus nombreuses !!!

S'il est difficile de procédé a calcul exact des victimes décédé en 1976 et 2009 en France, des chiffres qui vont de 500 personnes l'Afssaps et 3500 hospitalisations ou le rapport d'expertise judiciaire sur le Mediator à conclut lui que les décès à court terme imputables à une valvulopathie sont évalués entre 220 à 300 à court terme et entre 1.300 et 1800 à long terme.

Des instructions en cours oui  mais de quelle type ?

Les laboratoires Servier et leur fondateur sont poursuivis dans deux procédures : une conduite depuis le parquet de Paris, l'autre, depuis celui de Nanterre. L'information judiciaire pour trafic d'influence est conduite à Paris. Deux informations judiciaires ont été ouvertes en février 2011 : l'une pour tromperie et escroquerie dans laquelle le patron des Laboratoires Servier et six sociétés du groupe ont été mis en examen, l'autre pour "homicides et blessures involontaires" dans laquelle Jacques Servier a été mis en examen. Sachant que l'Agence du médicament a en effet été mise en examen en mars dernier pour "homicides et blessures involontaires", les juges d'instruction parisiens la soupçonnant d'avoir négligé les alertes sur la dangerosité du Mediator.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Martine AUBRY exprime sa joie face a décision dont elle rappelle qu'il n'y a eu selon elle ni faute ni négligence Mise en examen en novembre 2012 pour « homicides et blessures involontaires » dans l'enquête sur l'exposition à l'amiante des salariés de l'usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau (Calvados). Celle-ci a été annulée aujourd'hui par la Cour d'appel de Paris, auquel s'ajoutent huit autres personnes poursuivies dans cette instruction sur l'exposition à l'amiante des salariés de l'usine. Une annonce faite par Me Michel Ledoux, avocat de l'Association nationale des victimes (Andeva).

Une décision qui vient confirmé la demande du parquet fin février en faveur de l'annulation de cette mise en examen de Martine Aubry. "Pour justifier ses demandes d'annulation des poursuites", selon l'avocat général a fait appel à une loi du 10 juillet 2000, la loi Fauchon, laquelle « exige pour les délits commis de manière indirecte la présence d'une faute caractérisée qui ait eu pour conséquence l'exposition des victimes à un risque d'une particulière gravité qui ne pouvait être ignoré ».

Une décision que le parquet justifie sur le fait la transposition d'une directive européenne en droit française relève "du pouvoir réglementaire". « Un fonctionnaire ne peut être accusé de retard dans cette transposition », au motif que « même de rang élevé, ne dispose dans ce domaine d'aucun pouvoir propre ».

Un arrêt « glorifiant l'action du CPA »

Des victimes expriment leur colère face à une décision, certains avaient reconnu dès le départ être sceptiques sur le bien-fondé des poursuites contre le maire de Lille. Des victimes qui, pourtant, s'insurgent contre la décision de la cour d'appel de Paris pour les huit autres personnes, dont le successeur de Martine AUBRY Olivier Dutheillet de Lamothe, et la mis en doute la réalité de l'influence de l'organisme considéré comme le lobby des industriels de l'amiante. Raison de leur pourvoi en cassation contre cet arrêt.

Pour François Desriaux, vice-président de l'Andeva cette décision refait l'histoire quand il assure qu'il n'y avait aucune connaissance médicale et scientifique sur les risques de l'amiante avant 1995. Pourtant en 1986, l'agence américaine EPA prônait son interdiction. En 1991, l'Allemagne proposait une directive en ce sens... que la France a refusé alors que des voix s'élevaient déjà contre la "politique d'usage contrôlé". Qui selon était un leurre inventé par le Comité permanent amiante (CPA)... dont l'arrêt glorifie l'action

Martine AUBRY, « ni faute ni négligence »

L'actuel Maire PS de Lille a exprimé sa joie dans un communiqué, transmis après l'annulation de sa mise en examen affirmant que « La justice reconnaît aujourd'hui qu'aucune faute ni négligence ne peut m'être imputée dans le drame de l'amiante, comme je n'ai cessé de le dire depuis le premier jour ». Et de précisé « j'ai notamment créé la cessation anticipée d'activité pour les salariés de l'amiante, ainsi que le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante », se félicitant de la décision de la justice. Une joie pour lequel François Desriaux, invite la maire de Lille a retenir sa joie face au malheur des victimes.

Quels sont les objectifs de l'enquête ?

Cette enquête emblématique porte sur l'exposition à l'amiante de salariés de l'usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau (Calvados). La juge Bertella-Geffroy s'intéresse en particulier à l'influence du CPA. La magistrate enquête aussi sur la réponse apportée par les pouvoirs publics à ce drame sanitaire à partir des années 1970. En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l'État pour sa "gestion défaillante" de l'amiante, jugé responsable par les autorités sanitaires de 10 à 20% des cancers du poumon et qui pourraient provoquer 100 000 décès d'ici à 2025.

En 1983, une directive européenne détermine le temps d'exposition maximal à l'amiante. Or ce texte n'est appliqué en France qu'en 1987. À l'époque, la maire de Lille est à la tête de la Direction des relations du travail (DRT), un organe dépendant du ministère du Travail. Raison de sa mise en examen par le juge cherchait à savoir pourquoi il avait fallu quatre années pour appliquer ce texte.

Stéphane LAGOUTIÉRE

 

Marie-Therese-Hermange ex sénatrice UMP ayant rédigé le rapport du Sénat en 2011Si la responsabilité de l'État et des institutions était déjà sérieusement mise en cause, l'affaire prend plus que jamais un aspect politique avec la mise en examen le 26 avril de l'ex-sénatrice UMP Marie-Thérèse HERMANGE et du N°2 du laboratoire Servier, Jean-Philippe SETA. Tous deux soupçonnés d'être intervenus dans un rapport sénatorial pour minimiser leur responsabilité et celle du laboratoire et insiste sur celle de l'Agence du médicament. Auquel c'est ajouté aujourd'hui celle de l'ancien pharmacien des laboratoires Servier, Alain le Ridant, pour tromperie et escroquerie dans une des enquêtes sur le drame du Mediator.

Des mises en examen qui ne font confirmer les suspicions que présagées déjà la Dr. Irène FRACHON, qui avait été la première à avoir mis en garde contre le Mediator. Et de dénoncer "des manipulations, des mensonges, une complaisance à l'égard des laboratoires Servier quand j'ai lu le rapport du Sénat". Pour elle, "l'infiltration tentaculaire des laboratoires Servier au sein de notre République est intolérable, mais ancienne, solidement installée dans les habitudes de notre République". Situation il vrai où il suffit de voir les professions les mieux représentées au parlement qui sont notamment les professions du corps médical et celle des avocats.

Un rapport chargé de réduire les accusations sur Servier

La mise en examen vendredi de Jean-Philippe Seta, dauphin désigné du fondateur, Jacques Servier, est un nouveau coup dur pour les laboratoires Servier. Deux mises en examen qui interviennent dans l'une des deux instructions menées en parallèle au pôle santé publique à Paris sur le Mediator. La première est ouverte pour « homicides et blessures involontaires ». La seconde, pour tromperie, escroquerie, prise illégale d'intérêt ou encore trafic d'influence ouverte fin 2011. Ses dans ce dossier qu'ont été mise en examen ses derniers, soupçonnés d'être intervenus dans la rédaction d'un rapport sénatorial sur le Mediator dans le but de minimiser leur responsabilité dans l'affaire du Mediator et d'insister et a contrario, insiste sur celles de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, elle-même mise en examen, le 17 mars 2013. Selon le fameux rapport sénatorial, l'Afssaps désormais l'ANSM aurait « redécouvert tardivement des travaux publiés pourtant dans les années 1970 ».

Une affaire qui avait débuté en juin 2011, avec la publication par nos confère du Figaro des écoutes téléphoniques montrant des liens entre Jean-Philippe SETA et le Pr Claude GRISCELLI, professeur de pédiatrie et de génétique qui fut directeur général de l'INSERM. M. GRISCELLI dans une écoute du 24 juin 2011, à 19 h 6 indiquait au dirigeant de Servier que Mme HERMANGE, responsable de la rédaction d'un rapport du Sénat sur la réforme du médicament publié en juin 2011, lui avait « demandé d'aller travailler avec elle pour le Sénat ». Une conversation dans lequel .ont pouvait également entendre Claude GRISCELLI : «(...) Je me suis fichu des choses nulles qui n'avaient pas d'importance, mais bien sûr j'ai regardé des phrases clé qui concernait la responsabilité de Servier (...). Et donc j'ai fait changer pas mal de choses. . Jean-Philippe SETA: D'accord. (...) Claude GRISCELLI: «(...) sur ce qui te concerne toi ça a été très sobre, tant mieux ».

Marie-Thérèse HERMANGE, qui avait catégoriquement démenti à l'époque ces affirmations auprès de l'AFP, mais sur lequel elle revenu reconnaissant avoir rencontré le Pr GRISCELLI "pour avoir une discussion avec lui". Mais "le rapport était bouclé" et "aucun élément n'en a été modifié à la demande de M. GRISCELLI", avait-elle insisté. Le groupe Servier avait, lui aussi démenti avoir fait modifier ce rapport.

Depuis, les enquêteurs ont établi qu'entre mars et juin 2011, la sénatrice et le pédiatre ont échangé 46 contacts téléphoniques (appels et/ou SMS). Dossier qui se poursuit puisque le Pr. Griscelli devrait quant à lui prochainement être convoqué par les juges. Un autre responsable de Servier, Emmanuel Canet, en charge du développement, a été placé la semaine dernière sous le statut de témoin assisté.

l'ancien pharmacien de Servier mis en examen pour tromperie

Autre mise en examen le 25 avril dernier, dans ce dossier celle de Alain le Ridant, ancien pharmacien des laboratoires Servier, notamment pour tromperie et escroquerie, dans une des enquêtes sur le drame du Mediator, a affirmé lundi une source judiciaire. À la retraite depuis deux ans, M. Le Ridant est également poursuivi pour "obtention indue d'autorisation" et "complicité du délit de participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée", a-t-on précisé. L'ancien pharmacien avait précédemment indiqué aux enquêteurs que "le Mediator aurait pu être retiré, en 2007 certainement, et peut-être même en 2005".

1.300 à 1.800 morts confirment les experts

ordonné par les juges enquêtant sur le Mediator en juillet 2011, ce rapport rendu vendredi confirme de précédentes estimations de mortalité et met en avant la volonté de Servier de masquer le caractère anorexigène du médicament, selon les conclusions présentées par le parquet de Paris. Ces derniers évaluent entre 1.300 et 1.800 le nombre de décès à long terme en France lié à une pathologie cardiaque imputable à ce médicament et dénonce la stratégie de dissimulation de son fabricant, le laboratoire Servier.

Les trois experts estiment que la molécule du Mediator, le benfluorex, est à l'origine du développement de valvulopathies (déformation des valves cardiaques) et d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), pathologie rare actuellement incurable « Pour les valvulopathies, les experts estiment les décès à court terme, donc à deux ans et demi, entre 220 et 300. Ils estiment les décès à long terme entre 1.300 et 1.800 et les hospitalisations pour insuffisance valvaire entre 3.100 et 4.200 », selon les experts cités par le parquet. Par ailleurs, il n'existe aucune évaluation du nombre de décès dus à des hypertensions artérielles pulmonaires (HTAP), ajoutent-ils.

Une étude publiée en février 2012 par le journal spécialisé Pharmaco epidemiology & Drug Safety avait estimé que le Mediator avait « probablement » causé 3.100 hospitalisations et au moins 1.300 mort par valvulopathie entre 1976 et 2009 en France. Une étude de l'agence française du médicament de 2010 estimait ces décès entre 500 et 2.000. Sur la stratégie d'information de Servier, les experts établissent une volonté d'éviter toute référence aux caractéristiques de coupe-faim de son médicament.

Une commercialisation du médicament, dont les « propriétés anorexigènes puissantes » sont confirmées, aurait dû être suspendue entre 1998 et 2003 par Servier ou par les autorités au vu des premiers signalements de maladies, selon ces conclusions. Le Mediator a été suspendu en novembre 2009 et retiré définitivement en juillet 2010.

Le retard prit dans le retrait, qui selon les experts aurait pu venir de Servier mais aussi des autorités sanitaires, avait déjà été relevé dans le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) rendu en janvier 2011. Ce rapport a été versé à l'instruction judiciaire en cours ouverte notamment pour tromperie et prise illégale d'intérêt. Servier a « pris acte » du rapport, estimant qu'il n'apporte « pas d'élément supplémentaire concernant le risque de valvulopathie ». Ses conclusions « ne remettent pas en cause le fait que les Laboratoires Servier ont parfaitement tenu informé les autorités de santé tout au long de la vie du médicament », ajoutent les experts.