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Une étagère dune chambre de médicament dans une pharmacie 4e2a3France Assos Santé publie ce jour les résultats d’une enquête exclusive réalisée par l’institut BVA(1).Des résultats inquiétants, qui pointent les difficultés récurrentes d’accès à certains vaccins et médicaments pour des millions de Français, et leurs conséquences directes sur leur santé et leur qualité de vie. Ainsi premier enseignement un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments et la responsabilité directe des industrielles !

Un quart des interrogé en manque médicament…

C’est le principal enseignement de cette enquête : nous sommes face à un phénomène récurrent et massif. 25% des répondants se sont en effet déjà vus refuser la délivrance d’un médicament ou d’un vaccin pour cause de pénurie. Ce taux monte à 31 % pour les personnes atteintes par une affection longue durée (ALD). Une situation qui peut avoir des conséquences même à court terme un impact délétère sur le suivi du traitement, la qualité de vie des personnes et la santé publique.

Près de la moitiés contraintes à reporter ou modifier leur traitement…

45% des personnes confrontées à ces pénuries ont été contraintes de reporter leur traitement, de le modifier, voire d’y renoncer ou de l’arrêter complètement. Graphisme moins dun français sur deux sestime bien informé sur la pénurie de médicaments ou de vaccins cdd7cUne situation jugée anxiogène par 21% des répondants (41% pour les personnes en ALD). Avec à la clé des conséquences potentiellement graves : augmentation des symptômes dans 14% des cas, erreurs dans la prise de médicaments de substitution (4%) et plus inquiétant encore, hospitalisation nécessaire pour une personne sur vingt (4% en population générale, 5% pour les personnes en ALD).

Dans plus d’un cas sur trois (36%), ces ruptures d’approvisionnement concernent des vaccins. « Au-delà du risque évident pour la santé individuelle des personnes, ces pénuries de vaccins constituent une menace potentielle pour la santé publique » rappelle Alain Michel CERETTI, président de France Assos Santé.

Les industriels considérés comme les principaux responsables…

Pour 56% des Français les principaux responsables de la pénurie sont manifestement les industriels du médicament, qui privilégieraient la production de certains médicaments ou vaccins au détriment d’autres. Les pouvoirs publics (13%) et les grossistes répartiteurs (14%) sont également mis en cause.

Pour l’association France Assos Santé, auteur de ce sondage commandé auprès de BVA, les industriels sont en effet très largement responsables de ces pénuries, principalement dues à des stratégies financières contestables(2) à un désengagement de certains médicaments(3) et à une concentration des sites de productions(4). Des mesures correctrices sont annoncées de longue date (stocks de sécurité, sites back-up, recherche de fournisseurs alternatifs(5) mais aucune n’a réellement été mise en œuvre avec succès.

« Nous demandons aux pouvoirs publics et aux autorités de régulation de faire leur travail, et qu’enfin les politiques publiques soient harmonisées à l’échelle européenne », explique Alain Michel CERETTI. Les mécanismes de fixation des prix, le conditionnement et l’association de traitements et de vaccins diffèrent en effet très largement d’un pays à l’autre, entravant de fait une répartition adaptée et cohérente des produits de santé au sein de l’Union Européenne.

France Assos Santé qui demande dans un communiqué "une régulation plus efficace de la part des autorités sanitaires" a la fois nationales et européennes. Précisant que cette « information claire et transparente sur les causes de ces ruptures, les plans de gestion des pénuries (PGP) mis en place, ainsi que sur les sanctions imposées en cas de manquement aux obligations de notification et de mise en œuvre de ces plans » doivent être prévus.

 La Rédaction

Sources : BVA / France Assos Santé 2019

(1) Un sondage BVA réalisé auprès d’un échantillon de 955 personnes représentatif de la population française.

(2) En 2017, la situation de pénurie en vaccin VPP 23 a fait suite à des choix stratégiques des laboratoires Sanofi Pasteur et MSD Vaccins (arrêt de commercialisation du vaccin PNEUMO 23) et conduit à un déficit de la couverture des patients immunodéprimés
(3) En 2014, Le laboratoire Sanofi-Aventis a arrêté la commercialisation des 3 dosages de la spécialité EXTENCILLINE poudre et solvant pour suspension injectable (benzathine benzylpénicilline), utilisée notamment dans le traitement de la syphilis et en pédiatrie dans la prophylaxie de la rechute des rhumatismes articulaires aigus.
(4) Les vaccins monovalents adulte contre l'hépatite B ont connu des tensions d'approvisionnement de janvier 2017 à mars 2018 en raison d’un incident sur une unique chaine de production approvisionnant toute l’Europe (laboratoire GSK)
(5) Atelier presse du 20 mai 2014, page 15

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