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Les syndicats des psychiatres des hôpitaux (SPH) refusent d’avaler des couleuvresAlors qu'Agnès BUZYN a présenté sa feuille de route et installé le nouveau comité stratégique pour la santé mentale et la psychiatrie (CSSMP) le 28 juin dernier. Les syndicats hospitaliers publics dénoncent à la fois la composition de celui-ci mais aussi les 37 mesures contenues dans la feuille de route. Un mal-être d’une profession dont une étude concernant la santé mentale et le bien-être des étudiants en santé pointe un malaise évident parmi cette population qui s’est engagée dans des études très longues, hypersélectives et souvent épuisantes.

Les syndicats « refusent d’avaler des couleuvres » …
Alors qu’ils ont dénoncé lors de son installation la composition du comité stratégique pour la santé mentale et la psychiatrie (CSSMP) installée le 28 juin au centre Camille CLAUDEL à Paris par la ministre de la Santé Agnès.BUZYN. Le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) épingle dans un communiqué, la vision de la psychiatrie et les 37 mesures contenues dans sa feuille de route.

En fait, de plan pour que la psychiatrie ne soit plus « le parent pauvre de la médecine » insiste le syndicat, cette feuille de route santé mentale et psychiatrie « réactualise surtout l'artifice et le clivage entre une santé mentale revitalisée par les conceptions ayant les faveurs du moment, et la psychiatrie publique recroquevillée avec ses patients sous le poids des clichés, des restrictions budgétaires et des réflexes de contrôle sécuritaire ».

Malgré une activité croissante et plus 2 millions de personnes suivies, la psychiatrie publique n'a droit qu'à des mesures bien légères. À moins d'avoir pour projet qu'elle soit destinée à recréer les pavillons de force dont la seule modernité serait d'être inclus dans des GTH. La ministre de la Santé serait bien inspirée selon le SPH de se souvenir que « la santé mentale ne peut se passer de la psychiatrie et que pour répondre à l'importance des enjeux, il faut lui en donner les moyens ».

Le président du syndicats Marc BETREMIEUX, ces 37 actions qui avaient été annoncées en janvier comme « mesures d'urgence » pour une « discipline d'avenir », permet aujourd’hui au ministère de se défausser face aux attentes des soignants et des professionnelles.

Les internes en psychiatrie dépriment…
Les études concernant la santé mentale et le bien-être des étudiants en santé se succèdent et, malheureusement, se ressemblent. En effet si la situation peut sembler paradoxale la dernière en date parue dans le Journal of affective disorders, isole une vulnérabilité accrue chez les internes en psychiatrie.

Si toutes pointent un malaise évident parmi cette population qui s’est engagée dans des études très longues, hypersélectives et souvent épuisantes. Pour le Dr FOND l’un des auteurs de l’étude « les stagiaires en psychiatrie sont plus exposés à la violence pendant les études médicales, ils rapportent une vitalité plus faible et un comportement accru d'utilisation de substances. Leurs motifs de consommation suggèrent des problèmes de santé mentale associés à un engagement accru dans la psychothérapie et l'automédication des antidépresseurs - anxiolytiques ». Une population qui selon lui « devrait être ciblée comme une population vulnérable spécifique parmi les internes en médecine pour prévenir d'autres problèmes de santé ».

L’étude française qui a porté sur 2165 internes et 1863 dans d'autres spécialités ont été inclus dans la présente étude dont 302 en psychiatrie et issus des 35 universités françaises, peint un tableau plutôt alarmant du rapport que ces derniers entretiennent avec les produits psychoactifs et de leur état psychologique en général. Des résultats qui dans le détail nous montrent ainsi 34 % des internes en psychiatrie à avoir déclaré avoir un suivi psychiatrique, contre seulement 16 % pour les autres spécialités. Par ailleurs, ils disent consommer quatre fois plus d’antidépresseurs (8 contres 2 %), et plus d’anxiolytiques. Ils virent aussi en tête en ce qui concerne le tabac, l’alcool et le cannabis. « D’après les réponses recueillies, il apparaît que 40 % des internes en psychiatrie ont une consommation problématique d’alcool, contre 33 %. Ils disent aussi avoir moins de vitalité que leurs confrères », ajoute le médecin.

Des résultats ont surpris jusqu’aux auteurs eux-mêmes qui s’attendaient à détecter une détresse psychologique plus importante chez les étudiants anesthésistes ou chirurgiens que chez ceux qui se destinent à la psychiatrie. Outre la possibilité, controversée, d’un profil psychologique propre à ceux qui choisissent cette filière et qui les prédisposeraient à une plus grande vulnérabilité émotionnelle, le fait que ses étudiants soient beaucoup plus exposés que les autres à des violences physiques et sexuelles pourraient, en partie, expliquer ces phénomènes.

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