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Le President Emmanuel MACRON presentant la strategie de prevention et de la lutte contre la pauvreteLe président de la République a présenté ce 13 septembre au Musée de l'Homme à Paris sa politique relative à la prévention et à la lutte contre la pauvreté d’un montant de 8.5Mds€ sur quatre ans comptant cinq objectifs. Équivalent ainsi à moins de 1000€ par personne pour les 8.8 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté. Emmanuel MACRON qui dans un discours de près 1 h 30 aura surtout tenté de gommer l’image d’un « président des riches », appelant « toutes les forces de la Nation à se mobiliser ».

Quelques grandes annonces….

Le chef de l’État qui ambitionne de « refonder l’État-providence contemporain » qui réponde aux risques nouveaux et aux instabilités de la société, en garantissant « à chacun ses droits, cette place, cette émancipation, cette dignité » au sein de la société ». Un « combat neuf, indispensable, vital pour notre pays, celui de décider résolument de ne plus oublier personne » aura-t-il insisté. Tout en rejetant à la fois toute idée de « tournant social », réaffirmant la cohérence de la politique menée depuis le début du quinquennat. Reprenant pour preuve dans son discours une des formules les plus polémiques utilisées à l'automne 2017. « Personne n'est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas », en appelant « les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée ».

Le président qui aura à l’occasion de cette présentation annoncé la mise en place la création d'un revenu universel d'activité, qui « fusionne le plus grand nombre possible de prestations ». Souhaitant également la mise en place d'un « service public de l'insertion » et annoncé une série d'aides destinées aux enfants et aux jeunes comme les repas à 1 € dans les cantines. Annonçant enfin la création d’une délégation interministérielle.

Une opposition très critique…

Comme on pouvait s’y attendre l’opposition, c’est elle montré très critique à l’égard de cette présentation. Mais peut-elle véritablement se permettre de l’être? Au regard de la politique menée par les précédents gouvernent ou le gouvernement socialiste aura vu le chômage chez les personnes handicapées multiplié par trois. Seul le gouvernement de Nicolas SARKOZY aura été plus bienveillant de ces engagements sur la politique du handicap.

Un plan que la gauche a elle « jugé insuffisant » et le flou sur la mise en œuvre du plan. Tandis que la droite voie un « risque d’augmenter le déficit ». Les Républicains par la voix Laurence SAILLIET dénonçant une « politique des métaphores (...) nous préférons une politique d'action et de résultats ». Du côté du Partis Socialiste, Rachid TEMAL dénonce « beaucoup de bonnes intentions et un catalogue à la Prévert », qui ne « compense pas les cadeaux faits aux plus riches », selon Julien BAYOU (EELV).

Une stratégie jugée « totalement dérisoire » pour l’ancienne secrétaire d’État aux personnes handicapées, Ségolène NEUVILLE, pour qui son financement sera assuré par « les 8 Mds€ en moins pour les APL, les prestations familiales et les retraites avec le blocage sous l'inflation. Un beau discours pour zéro euro ».

Mais une réalité toujours présente…

Si dans son discours le Président la république, c’est engagé à « Faire plus pour ceux qui ont moins », qui rappellent célèbre le slogan du « travailler plus pour gagner plus ». Une stratégie annoncée qui semble bien faible représentante moins de 1000€ pour les 8.8 millions de personnes qui continuent à vivre en dessous du seuil de pauvreté fixé a 1026 € pour une personne seule. Une pauvreté qui touche notamment ceux qui sont en situations de handicaps, qu’il s'agisse des bénéficiaires de l’AAH qui vivent avec 819 €, un montant révalué a 860€ à partir du 1er novembre.

Mais aussi les personnes titulaires de pension d’invalidité, les contrats professionnels précaires, mi-temps pour ne citer que quelqu’un. Des revenus qui ne cessent de se réduire en fonction de la gravité du handicap. Le facteur du handicap demeurant de fait par l’un des principaux facteurs d’exclusion comme pour les nombreux aidants ou ceux ayant la charge comme avec une tutelle concernée par cette situation.

Le handicap « pris en compte » ?

Sophie CLUZEL qui n’a de cesse depuis quelque jour de défendre de l’importance de ce plan et de la prise en compte des personnes handicapées, reconnaissant que « la précarité est une réalité ». Le secrétariat d’État que cette nouvelle « stratégie pauvreté, investissement social global, prend notamment en compte la situation particulière des personnes en situation de handicap ». Le gouvernement qui annonce une « stratégie de long terme et des mesures très concrètes » mises en place dès 2019. Une politique contre la précarité dont ce gouvernement annonce avoir commencé à lutter avec la revalorisation de l’AAH. Une revalorisation votée en septembre 2017 mais qui intervient avec plus d’un an de retard. Mais peut-on véritablement parler lutte contre la précarisation alors plusieurs mesures comme la baisse des APL vient elle réduire le pouvoir d’achat des personnes handicapées.

Éducation, crèche et maternelle…

L’une des autres stratégies consistant à développer un meilleur accueil des enfants les écoles comme avec le plan présenté le 16 juillet dernier. Une mesure à laquelle si l’Unicef estime dans un communiqué que « L'accès à un mode de garde collectif favorise en effet le développement social de l'enfant, son éveil et son autonomie, il constitue pour les parents un appui, favorisant les démarches d'accès aux droits ou de recherche d'emploi ».

Tanguy DESANDRE, président de maplaceencrèche, estime au contraire que les mesures prises concernant la petite enfance sont une « tromperie » à l’égard des parents. « Apporter un soutien aux crèches qui accueillent davantage d'enfants de familles défavorisées ou en situation de handicap est insuffisant tant que le besoin de places en crèches ne sera pas comblé », précise-t-il.

Aujourd'hui, la France compte, selon le dernier rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) remis le 26 aout dernier, 436 000 places de crèches pour 2,4 millions d'enfants de moins de 3 ans. « L'objectif de la stratégie de lutte contre la pauvreté ne règlera pas le problème à l'échelle nationale. Au cours des 5 dernières années, à peine 80 000 places ont été créées et seulement 30 000 le seront dans les quatre prochaines », conclut-il.

Le secrétariat d'État de citer l'abaissement de la scolarité obligatoire à 3 ans favorable pour les tout-petits en situation de handicap (prévention des refus de scolarisation). À l'identique, le secrétariat d'État mentionne la mobilisation renforcée de l'État pour accompagner les jeunes qui bénéficient de l'ASE (Aide sociale à l'enfance), afin qu'ils ne se retrouvent pas sans solution à l'âge de 18 ans, et pouvoir profiter à des publics particulièrement fragiles, pour lequel la prévalence du handicap est plus grande que pour la population générale.

L’accès a la santé…

Un domaine ou beaucoup de personnes en situation de handicap demeure aujourd’hui déficitaire, qu’il s’agisse des soins dentaires, des prothèses dentaires ou auditives. Parmi les objectifs présents dans cette stratégie celle d’intégrer l'ACS destiné à permettre l’acquisition d’une mutuelle, à la CMU-C. Une mesure qui devrait également être favorable aux personnes handicapées très modestes, en particulier bénéficiaires de l'AAH. En effet actuellement, ces derniers ne pouvant seulement que bénéficier de l'ACS mais pas la CMU. Un transfert qui leur permettrait ainsi désormais d'ouvrir le droit à une prise en charge intégrale des dispositifs médicaux d'ores et déjà prise en charge dans le cadre de l'actuelle C.M.U.c. (fauteuils roulants, sondes.), Ce qui n’est pas le cas a ce jour avec l’ACS. Une mesure prise dans le cadre de l’engagement n°4 « Vers des droits sociaux plus accessibles plus équitables et plus incitatifs à l’activité » qui représente a lui seul, avec les autres mesures de cet engagement, le plus important budget fixé à 4.9Mds€.

En vigueur à partir du 1er janvier 2019…

Une transformation du modèle sociale dont Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la santé souligne que cette stratégie « portera deux ambitions majeures d’investissement social : dans l’éducation et la formation, d’une part, et dans l’accompagnement et l’émancipation sociale par l’emploi, d’autre part ».

Une stratégie nécessaire pour l’ONG qui craint comme beaucoup d’association notamment celle représentant le handicap, dont les réactions sont attendues, qu'une fois de plus celles-ci ne soient que des promesses. L’UNICEF qui rappelle dans un communiqué que cette stratégie « peine à s'inscrire dans une vision globale, en proposant plusieurs mesures ponctuelles, de caractère uniquement incitatif dans un contexte de forte tension entre les départements et l'État, et qui sera déployé sur un nombre limité de territoires, autant de facteurs qui vont nécessiter une vigilance particulière dans la phase de mise en œuvre des mesures prévues ».

Selon l'Unicef, la lutte contre la pauvreté et les inégalités doivent aussi « passer par l'école » : une meilleure formation des professeurs et personnels de l'éducation aux enjeux de la pauvreté, la réduction du non-recours aux aides scolaires (bourses, fonds sociaux) et l'accompagnement des parents en situation de fragilité doit être renforcé. Cependant, selon cette ONG, cette stratégie « peine à s'inscrire dans une vision globale, en proposant plusieurs mesures ponctuelles, de caractère uniquement incitatif dans un contexte de forte tension entre les départements et l'État, et qui sera déployé sur un nombre limité de territoires, autant de facteurs qui vont nécessiter une vigilance particulière dans la phase de mise en œuvre des mesures prévues ». Elle doit entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Les réactions des associations du champ du handicap sont maintenant attendues…

Stéphane LAGOUTIÉRE

Sources : Ministère des Affaires sociales et de la Santé / Unicef / maplaceencrèche

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