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L'équipe de l'hôpital Edouard Herriot lors du prélèvement sur la donneuse © Copyright HCL bccf3Les 2 et 3 septembre, les chirurgiens des Hospices civils de Lyon ont réalisé la première greffe du larynx en France. Karine heureuse et dont ces enfants pourront désormais entendre la voix de leurs mère. Deux mois après, le très long travail de rééducation commence à peine pour la patiente qui doit réapprendre à inspirer et expirer pour commencer. Une équipe, composé du Pr. Philippe CERUSE chef du service ORL à la Croix-Rousse et coordinateur de la greffe , et du Pr. Lionel BADET chef du service urologie et de transplantation de l 'hôpital Édouard Herriot Lyon. Tous deux espérant désormais de réaliser d’ici deux ans les premières greffes de l’utérus et du pénis.

Une première française…
Entouré d’une équipe de douze personne de plusieurs autres CHU français, dont le Pr. Philippe CERUSE et le Pr. Lionel BADET. Les samedi 2 et dimanche 3 septembre 2023, la première greffe de larynx a été réalisée aux Hospices Civils de Lyon (HCL). Une intervention qui aura durée 27 heures cumulé, du prélèvement jusqu’à la transplantation. Mais qui permet de grand espoir pour la patiente greffée Karine, qui s’était porté volontaire. 23 ans après avoir perdu, la patiente de 49 ans pourrait, dans les prochains mois, retrouver durablement l’usage de la parole. Une greffe qui selon le Pr. CERUSE « Tout s’est parfaitement déroulé, de A à Z ! ». A leurs côtés, près d’une cinquantaine de professionnels du CHU de Lyon (IBODE, IADE, anesthésistes, aides-soignants, coordinateurs hospitaliers des prélèvements d'organes et de tissus (CHPOT), cadres de santé…), ont été mobilisés à un moment ou à un autre du week-end.

Cette dernière opération a duré, à elle seule, près de 17 heures. Le prélèvement avait pris, lui, près de 10 heures, les deux interventions se chevauchant. « Chaque chirurgien avait son temps d’intervention, sa partition en quelque sorte, précise-t-il. Il a pourtant fallu s’adapter car, sur l’équipe prévue, deux chirurgiennes n’ont pas pu venir. Mais chacun savait ce qu’il devait faire, le temps à consacrer à sa tâche... tout était cadré. Et, malgré les difficultés liées à la vascularisation et l’innervation, il n’y a eu aucune fausse note ! Cela m’a vraiment épaté car c’était la première fois que nous réalisions cette opération sur un humain vivant. Cela a simplement été un peu plus long que je l’imaginais, mais nous nous étions tellement préparés que tout s’est parfaitement déroulé, coordonné », relate le Pr CERUSE, chef du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital de la Croix-Rousse, qui a dirigé l’intégralité des 24 heures effectives d’opération.

Une longue rééducation…
Deux mois après son opération si Karine arrive à prononcer quelques mots, il lui faut désormais avant réapprendre à inspirer et expirer. Cette dernière depuis 20 ans à la suite de complications d’intubation par trachéotomie à la suite de complications d’intubation après un arrêt cardiaque en 1996, voulait « retrouver une vie normale ». Une opération qui aura nécessité pour Karine 45 jours d’hospitalisation, dont une semaine en soin intensif, le temps de la cicatrisation, au sein du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital de la Croix-Rousse. Cette dernière qui depuis le 26 octobre, à put regagner son domicile dans le sud de la France, où elle poursuivra sa convalescence pendant plusieurs mois encore. Il faudra attendre une année complète pour s’assurer de la réussite définitive de sa transplantation.

Deux mois après l’intervention, Karine, 49 ans, va bien. Dès le lendemain de son réveil, le 5 septembre, elle a pu se lever et effectuer quelques pas. S’en sont suivis une semaine de soins intensifs puis 45 jours d’hospitalisation, le temps de la cicatrisation, au sein du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital de la Croix-Rousse. Son traitement immunosuppresseur a été renforcé à la suite d’un début de rejet et Karine continue d’être suivie de près, mais le 26 octobre, elle a pu regagner son domicile, dans le sud de la France, où elle poursuivra sa convalescence pendant plusieurs mois encore. Il faudra attendre une année complète pour s’assurer de la réussite définitive de sa transplantation.

Quelques jours seulement après sa greffe, elle a pu, à nouveau, prononcer quelques mots. Aujourd’hui, elle effectue une rééducation hebdomadaire des cordes vocales (mais aussi de la déglutition et de la respiration), à bases de courts exercices, accompagnée par l’orthophoniste Nathalie CROUZET-VICTOIRE et l’équipe médicale de l’hôpital de la Croix-Rousse. Si tout se passe comme espéré, elle devrait pouvoir, d’ici quelques mois, retrouver l’usage de la parole avec une voix normale et sans canule de trachéotomie.

Une greffe pour laquelle elle s’était portée volontaire, « J’ai souhaité me faire greffer, il y a une dizaine d’années, pour retrouver une vie normale, pouvoir faire des activités avec mes enfants, pouvoir communiquer, être indépendante. Aujourd’hui, cela me fait bizarre de parler à nouveau. Mes filles ne m’avaient jamais entendue ! Quant à mon mari, il avait oublié le son de ma voix ! La prise en charge de la part du Pr CERUSE et des équipes des HCL s’avère de grande qualité. Leur accompagnement m’aide beaucoup dans la rééducation, même si j’ai encore des douleurs et qu’il va falloir du temps pour retrouver définitivement ma voix. Mais je savais qu’il faudrait faire preuve de courage et de patience, c’est donc ce que je fais. » explique Karine.

Greffe du Larynx : De quoi s’agit-il…
La greffe de larynx est une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer le larynx d'un patient par celui d'un donneur en état de mort cérébrale. Le larynx est un organe essentiel pour la parole, la respiration et la déglutition. Il est situé à la jonction du pharynx et de la trachée, et contient les cordes vocales. La greffe de larynx est indiquée pour les patients qui ont perdu leur larynx à cause d'un cancer, d'un traumatisme ou d'une malformation congénitale, et qui ne peuvent pas bénéficier d'une prothèse vocale ou d'une reconstruction partielle.

La greffe de larynx est une prouesse médicale et humaine, qui offre aux patients une chance de retrouver une voix naturelle et une qualité de vie améliorée. Cependant, elle comporte aussi des risques importants, comme le rejet du greffon, les infections ou les complications chirurgicales. Les patients doivent suivre un traitement immunosuppresseur à vie pour éviter que leur organisme ne rejette le larynx étranger, ce qui les expose à des infections opportunistes. Ils doivent également effectuer une rééducation vocale et respiratoire intensive pour apprendre à utiliser leur nouveau larynx.

La greffe de larynx est donc une option thérapeutique réservée aux cas les plus sévères, qui ne peuvent pas être traités par d'autres moyens. Elle nécessite une sélection rigoureuse des candidats, un suivi médical étroit et un accompagnement psychologique adapté. Elle représente aussi un défi éthique, car elle implique le prélèvement d'un organe sur un donneur décédé, qui doit avoir donné son consentement préalable ou avoir été inscrit sur le registre national des refus. La greffe de larynx pose ainsi la question du respect de la volonté du donneur, de la dignité du receveur et de la solidarité entre les vivants. Avant cette "première" française, seules trois transplantations de larynx avaient été officiellement référencées dans le monde.

Des réussites historiques…
Des opérations et des greffes qui ont fait l’histoire du HCL depuis 1965 avec la première greffe du rein française d'un rein prélevé sur donneur décédé, par les Prs Jules TRAEGER et Jean PERRIN. Depuis cette date 1974, 1976, avec celle de la première greffe européenne de pancréas, par le Pr Jean-Michel DUBERNARD, à l’hôpital Edouard-Herriot. Ou encore 1992 ou en 1998 avec la première greffe mondiale de main, puis première double greffe mondiale des mains et avant-bras (2000), par le Pr Jean-Michel DUBERNARD, toujours à l’hôpital Edouard-Herriot. Dernière en date en 2021 de la première greffe de bras au niveau des épaules, par les Prs Aram GAZARIAN, Lionel Badet et Emmanuel MORELON. Des réussites qui prouvent l’excellence française et de ces Hôpitaux.

Stéphane LAGOUTIERE

Sources et Image : HCL

 

 

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