Contenu principal

Message d'alerte

Frédéric Faurennes Président d'IDS Santé Présentation des objets connectés et de leur utilitéEncore peu connu du grand public, ce futur mode santé qui semble t-il est appelé à voir son utilisation se propager. Un mode de santé qui demeure cependant encore fortement inconnue pour de nombreuse personnes handicapées et pour lequel il ne fait pas l'hunamité au sein même du corps médicale. Reste que de nombreuses questions sont présente, comme la définition excacte de ce pratique, la postion des politiques, autant de questions auquel nous ont répondu, Frédéric Faurennes Président d’IDS Santé, initiateur de l’opération.

Défilé unitaire des différents syndicats Français du 1er mai à Paris en 2009 À la veille de la fête du Travail, nous avons souhaité savoir comme la première association en France représentative des travailleurs handicapés imaginés l'avenir. Car si demain 1er mai, sera l'occasion des grandes manifestations en présence des principales associations de syndicats qui défileront cet anné divisé des syndicats suite au conflit apparu lors de l'accord sur l'emploi . Une fête du Travail noircie cette année par le taux record du chômage qui après avoir progressé de + 13,9 % en 2011 devrait selon certaines de nos sources être supérieur pour 2012. Le 1er mai qui sera l'occasion pour la FNATH de poursuivre la défense du projet de loi sur l'indemnisation des victimes du travail promis par François HOLLANDE et renvoyé, comme le démontre la récente étude publiée. À toutes ces interrogations et sur bien d'autres voici ce que nous a répondu Arnaud de Broca au nom de la FNATH.

Le president vaincre l autisme M Hammed SAJIDIEn cette journée mondiale où nous présenterons un reportage concernant cette manifestation, et pour lequel plusieurs grandes manifestations dans tous les pays sont prévues. Nous avons interrogé le Président de l'une des principales associations représentatives de l'autisme en France, M'Hammed SAJIDI. Un homme de conviction et qui appelle ses adhérents et toutes personnes autistes à venir exprimer leurs « colères face aux futures grandes lignes du 3e plan autisme et à l'exclusion des enfants autistes dans le système scolaire.

2013.02.19.conference presse unapei 01La présidente de l'Unapei et son directeur Thierry NOUVEL ont tenu le 19 février une conférence de presse au cours de laquelle ils ont présenté les grandes lignes du projet associatif qui sera voté a à l'assemblée générale de mai prochain. L'association qui présentait également le « RDB », un logiciel de recensement des données fines sur les besoins des personnes handicapées mentales. Dernier objectif, le lancement de nouvelles actions judiciaires contre l'administration d'État et des collectivités face au non-respect du droit à compensation des personnes handicapées sans solution. À l'issue de cette conférence, nous avons posé quelques questions voici ce que nous a répondu la présidente Christel PRADO.

jean-marie barbier président de l'APF © J. DeyaAprès une année mouvementée nous avons décidé de nous tournée vers les principaux dirigeants associatifs en cette fin d'année 2012. Voici pour le premier d'entre eux ce qu'il nous a répondu quelques jours une réunion ou la pauvreté été un sujet de discussion au conseil économique et social.

Et pour le Président Jean-Marie BARBIER comme beaucoup d'autre s'inquiète de l'aggravation et précarisation des personnes handicapées. Une année que le Président de l'APF aura jugé difficile a de nombreux point de vue tant sur l'accessibilité que sur l'emploi qui malgré quelques avancé ici ou là reste un véritable sujet d'inquitude et un bilan "mitigé"

F.H.I --- A quelques jours de la fin de l'année 2012, quel aura été selon vous l'événement majeur de l'année 2012 ?
Jean-Marie BARBIER --- L'événement majeur de l'année 2012 est, selon nous, l'élection présidentielle et la campagne qui l'a précédé. A cette occasion, l'APF a lancé son « Pacte pour une société ouverte à tous » composé de 12 engagements fondamentaux permettant la construction d'une société inclusive. Nous avons sollicité les candidats à l'élection présidentielle d'une manière originale : en organisant une tournée des QG des candidats et en leur déposant un exemplaire du pacte ainsi qu'un fauteuil roulant aux couleurs de leur parti. Cette action a permis d'attirer l'attention des candidats sur les attentes des 10 millions de personnes en situation de handicap et de leur famille. Nous avons ainsi rencontré certains candidats dont François Hollande qui nous a annoncé ses priorités pour les personnes en situation de handicap : l'éducation, l'emploi et l'accessibilité.

F.H.I --- Beaucoup de famille et de personnes en situation de handicap ont encore le sentiment de galérer toujours pour avoir les mêmes droits que les autres ? Rêve ou réalité ?
Jean-Marie BARBIER --- Effectivement nous faisons le constat quotidien que de nombreuses inégalités existent toujours pour les personnes en situation de handicap et leur famille. Seulement 15% des établissements recevant du public sont accessibles ; près de 2 millions de personnes en situation de handicap, bénéficiaires de l'AAH ou de pensions d'invalidité, vivent sous le seuil de pauvreté ; 22% de personnes en situation de handicap sont au chômage, le double du taux de chômage de l'ensemble de la population. Le constat est amer ! Mais, en 80 ans, l'APF a déjà réussi plus d'un combat pour améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap et nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin !

F.H.I --- 2012, aura été une année majeure en matière d'accessibilité où toute une série de rapports nous confirme que le délai de 2015 ne sera pas respecté, d'autres demandant des dérogations. Croyez-vous que la politique de l'accessibilité universelle prévue dans la loi de 2005 verra le jour ?
Jean-Marie BARBIER --- Tout d'abord, nous tenons à rappeler que l'accessibilité est une obligation nationale depuis 1975. Cela fait donc presque 40 ans que la France est en retard dans ce domaine ! Nous tenons à rappeler que l'accessibilité n'est ni divisible, ni négociable, comme le propose le récent rapport sur les modalités d'application des règles d'accessibilité du cadre bâti pour les personnes handicapées. Choisir, parfois à l'intérieur même des lieux, ce qui doit être accessible ou pas, consiste à demander aux personnes en situation de handicap de choisir à quelle part de leur citoyenneté elles auront accès ! L'APF refuse ces choix qui n'en sont pas et déplore le retour en arrière décrit dans ce rapport. C'est bien une impulsion politique, un accompagnement technique et pas forcément une impulsion financière qui permettra de faire bouger les lignes. L'APF réitère sa demande de créer d'urgence une dynamique permettant de rendre la France accessible dans sa totalité, dès 2015.

F.H.I --- Cela est-il une raison du lancement de votre prochaine campagne institutionnelle sur le sujet ?
Jean-Marie BARBIER --- Notre nouvelle campagne institutionnelle « Supprimons les obstacles qui paralysent » a, en effet, pour but de sensibiliser l'opinion publique sur l'inaccessibilité des établissements recevant du public. Le retard pris en la matière, alors que la France devrait être accessible à tous au 1er janvier 2015, pénalise quotidiennement les personnes en situation de handicap et leur famille et de fait, les exclut de la vie sociale menée par tout un chacun. Le message de cette campagne : un lieu inaccessible est un lieu que l'on interdit aux personnes en situation de handicap, un lieu qui exclut.

Trois visuels mettent en scène 3 lieux représentatifs d'une activité de la vie quotidienne : un commerce, un lieu de loisir, une administration, comportant chaque fois un obstacle différent : des marches à l'entrée, des toilettes non accessibles, des portes trop étroites. Le spot télévisé présente l'originalité de ne comporter ni musique ni voix off, tout le message étant diffusé sous forme de texte à l'écran. Cette plage silencieuse au milieu des fonds très sonores des autres spots publicitaires attirera l'attention du téléspectateur et suscitera sa curiosité. Le message, délivré en silence, est à la fois violent et discret. C'est un coup de poing silencieux sur la table. Il s'apparente au problème des personnes en situation de handicap : on les voit peu, on ne les entend pas, mais elles sont en colère.

F.H.I --- L'APF vient de lancer jusqu'en mai 2013 les États régionaux de l'inclusion. Inscrit dans la loi de 2005, le principe semble peu à peu être oublié. Selon vous ce principe est-il pour notre société une nécessité comme le dit la dit le Pr Charles GARDOU, dans son dernier ouvrage* une société inclusive ?
Jean-Marie BARBIER --- Avec notre projet associatif « Bouger les lignes ! Pour une société inclusive », adopté en mai 2011, les adhérents de l'APF ont exprimé leur vision pour la société de demain, une société inclusive, ouverte à tous, dans laquelle chaque citoyen puisse exercer pleinement ses droits et mener une vie décente. En lançant ces Etats régionaux de l'inclusion, l'APF a l'ambition de faire progresser concrètement l'inclusion, sur le terrain, en dressant un état des lieux annuel de l'avancement de la société inclusive dans chaque région. Cet état des lieux s'appuiera sur le degré de participation sociale des personnes en situation de handicap et de leur famille dans les différents domaines de la vie quotidienne ; mais aussi sur l'identification des freins, leviers et résultats à atteindre d'une année sur l'autre. Une façon de faire progresser sur le territoire, concrètement, avec tous les acteurs concernés, la société inclusive que nous défendons.

F.H.I --- Cette année l'AGEFIPH fête ses vingt cinq ans le bilan est positif selon vous, 25 ans après la loi de 1987 sur l'obligation d'embauche et quel bilan dressez vous de la politique mise en œuvre par les précédents gouvernements ?
Jean-Marie BARBIER --- Alors que la loi du 10 juillet 1987 et l'AGEFIPH ont fêté leurs 25 ans, force est de constater que le bilan de l'emploi des personnes en situation de handicap est mitigé. Le taux de chômage des personnes en situation de handicap (22%) est toujours 2 fois supérieur au taux de chômage de l'ensemble de la population. Une personne en situation de handicap a 15 fois moins de chance qu'une personne valide d'obtenir un entretien d'embauche. Et malheureusement de nombreux locaux de travail restent inaccessibles, empêchant les personnes en situation de handicap de pouvoir travailler comme tout un chacun. Pour l'APF il est nécessaire de renforcer l'accès à l'emploi et de garantir le maintien dans l'emploi et la vie au travail des personnes en situation de handicap pour assurer un égal accès à la vie professionnelle à tous, quel que soit le milieu de travail.

F.H.I --- Autre grand sujet politique en cette année 2012, celui récent des conséquences de la décentralisation vis-à-vis des départements annoncés par le président fortement contesté par l'association. Quelles sont les attentes dans ce domaine ?
Jean-Marie BARBIER --- L'annonce faite par le président de la République, concernant la gestion de la politique du handicap et précisant que « les départements se verront confier l'ensemble des politiques du handicap et de la dépendance, hors du champ de l'assurance maladie » sonne comme un désengagement de l'Etat sur la politique du handicap. Comment les conseils généraux, déjà très investis sur la politique sociale du handicap, pourront-ils supporter ce transfert de charges ? Comment garantir l'égalité de traitement et d'accès aux droits sur tout le territoire ? Nous refusons une telle décentralisation de la politique du handicap. Cette réforme de la décentralisation doit apporter une réponse à la question de l'accompagnement des personnes en situation de handicap. Elle doit également apporter des réponses aux incohérences de l'organisation institutionnelle afin d'éviter les ruptures dans les parcours des personnes.

F.H.I --- Entrée en fonction en juin dernier, Marie-Arlette CARLOTTI n'a pas véritablement avancé sur les principaux sujets, mais a effectué beaucoup d'engagements, vous avez rencontré à plusieurs reprises la ministre depuis sa nomination, comment jugez vous ses premiers pas dans ce nouveau gouvernement ?
Jean-Marie BARBIER --- Nous avons été reçus par Marie-Arlette Carlotti dès les premières semaines de sa prise de fonction et nous saluons cette réactivité. Néanmoins nous sommes plus réservés pour le moment et attendons désormais des actes forts et des engagements concrets pour améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap. Après 6 mois de prise de fonction, le temps des rencontres est passé, il est désormais urgent de passer aux actes concrets !

F.H.I --- La sexualité reste un sujet tabou, l'APF a participé récemment a la création d'un centre avec quatre associations que devient notamment la question des assistants sexuels ?
Jean-Marie BARBIER --- La question de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap est un sujet primordial dont le gouvernement devrait se saisir au plus vite. L'APF milite en faveur d'un accès effectif à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Il est nécessaire d'apporter des réponses aux personnes en situation de handicap et à leur famille mais aussi de sensibiliser l'opinion publique à la question de l'accompagnement sexuel et à la création de services d'accompagnement sexuel en France. L'APF plaide pour une exception à la loi en matière d'assistance sexuelle afin de : clarifier ce qu'est l'assistance sexuelle en la différenciant de la prostitution, lui fournir un cadre juridique et éthique, et offrir une alternative respectueuse aux personnes concernées et à leurs proches, inscrite dans le champ vaste de la légitimité de la sexualité des personnes en situation de handicap.

F.H.I --- Autre sujet de société le vieillissement des personnes handicapées pour lesquelles l'espérance de vie a progressé de façon importante. Reste que comme avec l'autisme pendant plusieurs années, le sujet continue à rester hors des préoccupations des politiques. De quelle façon l'APF est-elle impliquée dans ce dossier ?
Jean-Marie BARBIER --- Les adhérents de l'APF ont voté une motion relative au vieillissement des personnes en situation de handicap lors de notre assemblée générale en juin 2011. Les adhérents de l'APF dénoncent les ruptures de droits que rencontrent les personnes en situation de handicap lorsqu'elles atteignent l'âge de 60 ans en matière de ressources, de compensation, ou d'offre de service social et médico-social. Les adhérents de l'APF demandent donc au gouvernement de prendre en compte, dans le cadre de la future réforme de la dépendance, les questions spécifiques au vieillissement des personnes en situation de handicap et de leurs aidants, quel que soit leur lieu de vie (domicile, établissement) et la suppression de tous les dispositifs discriminatoires et des inégalités qui sont liés à l'âge notamment en matière de ressources, de droit à compensation et d'offre de services.

F.H.I --- J'ai commencé cette interview en vous demandant quel a été l'événement majeur pour vous en 2012, si vous aviez un vœu a formulé pour l'année 2013 quel serait-il ?
Jean-Marie BARBIER ---
Après une année 2012 mouvementée pour la politique du handicap, l'APF attend de cette nouvelle année l'annonce de mesures concrètes pour les personnes en situation de handicap. Trois domaines nous semblent primordiaux et seront au cœur de nos combats en 2013 : l'accessibilité universelle, la compensation intégrale des besoins liés à la perte d'autonomie et des ressources décentes pour les personnes en situation de handicap vivant sous le seuil de pauvreté.

Interview réalisé par 
Stéphane LAGOUTIERE 

 

 

Infirmier en santé publique, Benoît Felix ici sur un plateau de télévision locale informe sur le sida, et la sexualité, les personnes vivant avec un handicap mental.Infirmier en santé publique, Benoît Felix informe sur le sida, et la sexualité, les personnes vivant avec un handicap mental. Il intervient depuis douze ans à travers l'Ile-de-France, principalement en instituts médico-éducatifs (IME) et en établissements et services d'aide par le travail (Esat). Employé par le centre régional d'information et de prévention du sida (Crips), ce «chargé de prévention des risques sexuels auprès de publics vulnérables» explique comment il aborde ce sujet encore tabou pour les professionnels et les parents. 

Olivier BONNIN : Est-il difficile de mener une prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) auprès des personnes touchées par un handicap mental ?

Benoît FELIX : La première difficulté est que la sexualité de ces personnes est extrêmement taboue. Les déficients et les handicapés mentaux sont souvent traités comme des enfants, et les professionnels comme les parents préfèrent généralement ne pas savoir. Pourtant, depuis 1996 une circulaire demande aux établissements qui les accueillent de s'investir dans la prévention du VIH. De plus ce public est particulièrement vulnérable face aux IST et aux abus sexuels. Une jeune femme avec un handicap mental léger est une proie rêvée pour un prédateur sexuel !

Une seconde difficulté est la variété des profils, dans les établissements où nous intervenons. Il n'est vraiment pas évident de faire passer un message sur le préservatif à un autiste, contrairement aux usagers n'ayant qu'une déficience mentale légère. Face à ces groupes souvent très disparates, il nous faut «niveler par le bas» nos explications.

Olivier BONNIN : Comment vous y prenez-vous ?

Benoît FELIX : Nous commençons par les bases de l'anatomie. J'utilise des dessins, représentant le corps et les actes sexuels, ainsi que des dessins animés pour enfants, ou encore des représentations de vagins en plastique...

J'aborde, ensuite, le cadre légal. Il importe de rappeler à ces personnes leur droit à la sexualité. Les établissements, souvent issus du mouvement chrétien, édictent parfois des règlements intérieurs proscrivant tout rapport sexuel. Elles y ont pourtant droit, comme les autres ! Parallèlement, je leur apprends qu'elles peuvent refuser tel ou tel acte sexuel.

Olivier BONNIN : Intervenez-vous également auprès des professionnels ?

Benoît FELIX : Oui, depuis huit ans, par des formations proposées chaque année. Là encore, il faut reprendre les bases ! J'ai connu un éducateur spécialisé persuadé que le VIH ne se transmettait pas par relation anale... Nous leur rappelons donc les différentes étapes de la vie sexuelle, puis l'anatomie, ainsi que le cadre légal. Nous leur présentons aussi différents matériels pédagogiques à leur disposition. Surtout, nous tentons de les rassurer, afin qu'ils puissent aborder le sujet par eux-mêmes dans leurs établissements. Malheureusement, les professionnels désireux d'engager une action sur la sexualité paraissent parfois suspects aux yeux de leurs collègues...

Olivier BONNIN : Vous n'intervenez qu'en Ile-de-France ?

Benoît FELIX : Oui, mais les Plannings familiaux peuvent proposer des interventions similaires partout en France !

Propos recueillis par la Gazette Santé Sociale
Par Olivier Bonnin

Martine Carrillon-Couvreur, député de la Nièvre, vice-présidente de la Commission des affaires sociales et nouvelle présidente du CNCPH lors du colloque Entreprises et Handicap du 15 novembre  © François Daburon / RIVINGTON En pleine semaine pour l'emploi et pour la première fois a été organisée une conférence parlementaire avec pour objectif celle d'une réflexion sur le handicap comme levier de performance dans l'entreprise et les façons de lutter contre les nombreuses idées reçu. Un Colloque intitulé "Entreprise et Handicap animée par Martine CARRILLON-COUVREUR député socialiste de la Nièvre et vice-présidente

de la commission des affaires sociales Celle qui est depuis quelques jours la nouvelle présidente du Conseil Nationale Consultatif des Personnes Handicapées, une nomination lequel certaines associations regrettent le caractère politique de celle-ci, nous dresse un aperçu de la vision des parlementaires sur la situation des travailleurs handicapés et l'utilité de la XVIe semaine pour l'emploi organisé par l'ADAPT et l'AGEFIPH et le FIPHFP. 

Une femme qui se dit satisfaite de cette journée de réflexion et qui dresse un bilan positif « Nous voyons le travail des grands groupes en faveur des personnes handicapées, les freins mais aussi les succès de ces années passées pour leur inclusion dans l'entreprise ». Une conférence auquel ont assisté beaucoup de représentant du monde associatif et économique et des entreprises et politique.

FHI --- Pensez-vous que les députés ont une bonne notion de « l'emploi des travailleurs handicapés » ? Alors même que les handicapés sont très peu représentés au sein des hémicycles ou très peu employés dans le fonctionnement administratif ?

Vue d'ensemble sur les intervenants lors du colloque entreprises et handicap le 15 novembre Le législateur a pour mission constitutionnelle de voter la loi et je peux vous assurer que les députés rencontrent des personnes en situation de handicap, sont sensibilisés par les associations concernant leurs attentes.

Par ailleurs, je tiens à souligner que lors des deux dernières législatures, les députés de mon groupe parlementaire et moi-même, avons beaucoup auditionné, proposé, présenté des propositions de loi pour améliorer les situations individuelles et les besoins d'accompagnement repérés.

Cependant, nous pouvons encore améliorer l'information et la connaissance des situations diverses.

Il existe, entre autre, de sérieux progrès à réaliser en matière d'éligibilité des personnes en situation de handicap.

FHI --- La loi sur les emplois réservés date de 1987. Revue et modifiée par la suite, notamment en 2005, n'estimez-vous pas anormal que les entreprises françaises et les trois collectivités publiques n'aient pas réussi en 30 ans à atteindre les 6% exigés? Quelles en sont les raisons selon vous ?

Durant la 13e législature, j'ai interrogé l'ensemble des ministères pour savoir quel était le taux de personnes en situation de handicap employées dans leur service et le montant des amendes ainsi payées.

Nous ne pouvons que déplorer le trop faible taux d'employabilité actuel des personnes en situation de handicap et regretter que les collectivités publiques comme les entreprises n'aient pas encore, pour la plupart d'entre elles, atteint les 6% exigés par la loi.

Aussi, il convient de convaincre et de porter un nouveau regard à l'instar des initiatives telles que le colloque qui vient de se dérouler à l'Assemblée Nationale sur le sujet : « handicap et entreprise » et qui a rassemblé de nombreux participants issus de tous les milieux : économique, social, associatif et politique.

Il faut favoriser l'accès à la formation, à la qualification et cela tout au long de la vie.

FHI --- Vous dites que le handicap peut être un levier de performance pour les entreprises. Comment expliquer que celles-ci parlent d'intégration et non « d'inclusion » comme l'avait défini la loi de 2005 ?

Le mot « inclusion » est un concept sociologique et non pas économique mais l'intégration ou l'inclusion doivent permettre de porter un projet global et conforme aux droits des personnes. Il ne faut pas perdre de vue que le monde de l'entreprise est d'abord préoccupé par des contraintes économiques et de rentabilité. Cependant, nombre d'entre elles font preuve d'une approche citoyenne qui inclut les personnes et qui les considère, de la même manière, que les personnes valides.

Elles témoignent, dans cette démarche, de leur volonté de s'attacher d'abord aux compétences des personnes plutôt de s'attarder à leur handicap.

Je pense qu'il faut veiller au contenu des accompagnements et s'appuyer sur les réussites de ces entreprises.

FHI --- Un sondage IFOP, publié à l'occasion de la 16ème semaine pour l'emploi des personnes handicapées, indique que seulement 61% des entreprises de plus de 20 salariés respectent la loi du 11 février 2005 imposant d'employer 6% de personnes handicapées, sous peine de sanctions financières. Quels sont selon vous les freins au recrutement ? Pourquoi 64% des dirigeants pensent qu'employer une personne handicapée est difficile ? Comment lutter contre les discriminations ?

Les freins au recrutement sont l'absence de qualification de ces personnes et sont clairement définis comme tels par les employeurs. Mais, force est de remarquer qu'il existe d'autres facteurs comme l'absence de connaissance des handicaps de la part des employeurs, l'absence d'information relative à l'adaptation des postes de travail et la connaissance des capacités et des compétences des personnes handicapées.

La lutte contre les discriminations est possible grâce à une meilleure information, par des actions concrètes, des rencontres régulières entre les employeurs et les publics concernés.

FHI --- Le manque de formation et de qualification des personnes handicapées est souvent invoqué par les entreprises. Cette excuse ne devient-elle pas un peu trop facile ? Ne pensez-vous pas que les responsabilités sont partagées notamment par les difficultés de scolarisation ou le manque de formation dans les entreprises ?

Sur la scolarisation des enfants, la loi est claire et précise. Le principe veut que les enfants puissent suivre une scolarité en milieu ordinaire mais il faut tenir compte du handicap des enfants pour élaborer, avec eux, les professionnels et les parents, un projet personnalisé cohérent et réaliste. Il appartient aux pouvoirs publics de mettre en œuvre les exigences de la loi. Sur ces sujets, nous avons progressé mais il faut maintenir les exigences qui permettront l'accès à la scolarisation et à la formation.

Sur le manque de formation des entreprises, il faut encager de véritables partenariats et nouer un dialogue pérenne pour les inciter à employer des personnes handicapées. Par ailleurs, je suis convaincue que la formation tout au long de la vie est également un moyen destiné à permettre des évolutions professionnelles.


De Gauche a droite Gisèle Biémouret, députée du Gers, vice-présidente du Conseil général du Gers en charge de l’insertion, Denis Jacquat, député de la Moselle, membre de la Commission des affaires sociales Isabelle Debré, sénateur des Hauts-de-Seineco-rapporteur sur l’application de la loi du 11 février 2005 relative au handicap, Martine Carrillon-Couvreur © François Daburon / RIVINGTON FHI --- Quel bilan tirez-vous de la conférence parlementaire qui a eu lieu aujourd'hui ? A-t-elle permis de bouleverser les idées reçues ?

Cette conférence fait preuve, en premier lieu, d'audace et d'optimisme car affirmer que le handicap est un levier de performance n'est pas courant dans les colloques ou les rencontres que j'effectue chaque semaine. Aussi, il faut saluer cette initiative. J'ai pu découvrir beaucoup de témoignages extrêmement riches.

Nous voyons le travail des grands groupes en faveur des personnes handicapées, les freins mais aussi les succès de ces années passées pour leur inclusion dans l'entreprise.

Autant d'initiatives qui transforment les représentations que nous avons sur ces sujets.

FHI --- Pour conclure cette interview, la ministre vous a nommée au poste de Présidente du Conseil national consultatif des personnes handicapées pour les trois prochaines années. Quelles sont pour vous les grandes priorités à venir ?

Une des premières priorités sera de mettre en lumière, à mon sens, le besoin d'accessibilité voulu en 2015. Nous savons que cette obligation légale sera difficile à tenir pour l'ensemble des dispositifs concernés. L'accessibilité ne se limite pas, par ailleurs, aux seuls bâtiments, elle se conçoit comme une exigence qui doit traverser l'ensemble des sphères d'activités des personnes comme le sport, la culture, les loisirs etc..

L'autre priorité sera à porter sur la barrière d'âge et la convergence des politiques publiques en faveur des personnes handicapées vieillissantes. Mais, de nombreux sujets restent d'actualité. Il faudra axer notre vigilance sur l'avenir des jeunes adultes maintenus dans des établissements faute de places (amendements CRETON), leur scolarisation, les transports, les situations des infirmes moteurs cérébraux, les problématiques soulevées par les établissements médico-sociaux...

Il y aura bien évidemment beaucoup d'autres sujets. Chaque membre aura sans nul doute des propositions à formuler et des réflexions à proposer. Le CNCPH est une instance de dialogue et je serai attentive à ce que la parole puisse circuler librement et que tous les thèmes présentés puissent être débattus.

Interview réalisé a Paris
Par Stéphane LAGOUTIERE 

 

* Liste des participants sur la photos d’ensemble : De gauche à droite Jean-Marie Barbier, président de l’APF, François-Noël Tissot, président de la commission Handicap, ADDRH Benoît Aubert, administrateur de l’ADMDPH Gisèle Biémouret, députée du Gers, vice-présidente du Conseil général du Gers, Denis Jacquat, député de la Moselle, membre de la Commission des affaires sociales Martine Carrillon-Couvreur, Isabelle Debré, sénateur des Hauts-de-Seine, co-rapporteur sur l’application de la loi du 11 février 2005 relative au handicap, Arnaud de Broca, secrétaire général de la FNATH Gérard Bayol, directeur général délégué en charge du Pôle entreprises et institutionnels,