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Un jeune homme handicapé par la prise de Dépakine de sa mère indemnisée a hauteur de 1.3 M€

Dépakine Chrono du Laboratoire Sanofi

Huit ans après avoir dénoncé le méfait causé par la Dépakine sur les femmes lors de la grossesse par la lanceuse d’alerte Marine MARTIN et désormais présidente de l’APESAC.Une prise de médicament qui aurait fait selon l’Association plus 6500 victimes et 1470 avortements. La fond d’indemnisation créée par l’État, le seul en France après celui du Médiator, gérée par l'ONIAM qui vient d’octroyer plus de 1.3 M€ a un jeune homme handicapé par la prise de Dépakine par sa mère. Une victoire annoncée a nos confères le parisien par sa mère, mais « reste modeste » selon Marine MARTIN et ceux malgré de nombreuses batailles remportées, comme celle de convaincre l’agence du médicament de l’interdire aux femmes enceintes.

Une vie brisée par la dépakine de sa mère…

Si la somme peut paraitre importante elle reste somme toute tres modestes pour ce jeune garçon âgé de 20 ans et qui vit avec elle dans le sud de la France et désormais gravement handicapé et qui selon sa mère souffre de plusieurs troubles (malformation cardiaque, autisme, dépendance). Des troubles dont la justice et les experts ont reconnus qu’ils étaient directement liés à la prise de la Dépakine par sa mère. Le jeune homme qui va percevoir 1.326 721 €, sera l’un des premiers à être indemnisés.

Une descente aux enfers, selon le témoignage de sa mère, qui a commencé après sa naissance. L’enfant alors curieusement calme, était « incapable de fixer le regard, n’arrive pas non plus à courir avec les enfants de son âge ». Une situation qui va s’aggraver à l’age deux ans, il est opéré du cœur. Un an plus tard il sera diagnostiqué autiste. Un verdict que sa mère fera confirmer par deux centres spécialisés. Et ce sont ces preuves irréfutables qui permettent, aujourd’hui, une si grande indemnisation.

Si la mère de jeune homme reconnaît que cette somme représente « un soulagement », notamment « afin éviter une longue bataille judiciaire » pour elle « ça n’enlèvera pas son handicap » hantée par l’avenir de son fils fragile. Un dédommagement qui vient « rafistoler une vie de galère. Problèmes de santé, petits salaires, difficultés amoureuses ». La mère qui dans le parisien affirme regretté toutefois que le fonds n'ait pas retenu le terme d’« autisme » mais « trouble du déficit de l'attention ». Une qualification utilisée, selon certains patients, pour tenter de minimiser certains versements. Et qui ait polémique au sein de l’APESAC qui accuse l’Oniam de vouloir, ainsi, faire baisser l’addition.

Plusieurs milliers de victimes…

La Dépakine et le laboratoire Sanofi au centre d'un retentissant scandale sanitaire depuis plusieurs années à cause des malformations congénitales provoquées chez les enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse. Un médicament responsable depuis 1967 selon des estimations de l'assurance maladie et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de malformations chez 2 150 à 4 100 enfants, et de troubles neurodéveloppementaux chez 16 600 à 30 400 enfants.

Ferat-il référence ? l’APESAC craint que non. « Entre 15 300 et 30 600 bébés y ont officiellement été exposés à dans le ventre de leur mère n’ont pas cette chance et certains se voient proposer des sommes dérisoires », selon Marine MARTIN. Une « indemnisation qui peut être de zéro, trente ou cent mille. C'est la roulette russe », précise telle. Un fond d’indemnisation dont le laboratoire pharmaceutique français Sanofi avait refusé début 2019 de contribuer. Actuellement 1 655 dossiers sont en cours d’évaluation par des experts de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM). Seul 170 ont été examiné, dont 11 rejets et 20 ont fait l’objet d’une offre définitive

« On se retournera contre Sanofi »…

« Les patients n’ont pas à être otages de ces querelles entre scientifiques », s’exclame Charles JOSEPH-OUDIN, avocat de victimes. Des différences de traitement face a « situations identiques » sont totalement inacceptable. L’avocat qui demande que soit mise en œuvre « travail d’harmonisation », souligne-t-il, tout en reconnaissant que le chiffre record de 1,3 million prouve que le dispositif fonctionne : « C’est rassurant, un signal important ». De son côté la présidente de l’ONIAM, Claire COMPAGNON demande elle de ne pas « tirer de conclusions hâtives d’un dispositif qui n’a rendu que 20 avis ». La présidente qui souligne que le refus du laboratoire Sanofi de participer au fond de financement « ne sera pas sans conséquence » affirmant qu’a « A chaque indemnisation versée à la place du laboratoire, on se retournera contre lui devant les tribunaux. »

Stéphane LAGOUTIÉRE

Sources : Le Parisien / ONIAM / APESAC 2019

Catégorie : JUSTICE & JUSTICE ADMINISTRATIVE
Publication : 22/05/2019
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