Le déremboursement entraîne une hausse immédiate des ventes des médicaments non remboursables de +2%
En 2016, le chiffre d’affaires hors taxes lié aux ventes de médicaments non remboursables atteint 2,2 Mds€, soit 10,7 % du chiffre d’affaires total des médicaments vendus dans les pharmacies de ville. Entre 2010 et 2016, ce dernier a reculé de 1,0 % en moyenne annuelle pour s’établir à 20 Mds€, alors que celui des médicaments non remboursables a augmenté de près de 2,0 % en rythme annuel. Une hausse selon l’étude publiée par la DREES a l’origine d’une part, de l’allongement de la liste des médicaments non remboursables par l’Assurance maladie. D’autre du dynamisme d’un petit nombre de classes thérapeutiques dont les parts de marché sont élevées durant la période. L’année 2011 a fait l’objet d’une attention particulière. Après les déremboursements de cette année-là, la majorité des laboratoires ont augmenté le prix des médicaments concernés, de 39 % en moyenne, ce qui n’a pas empêché une diminution du chiffre d’affaires de ces médicaments récemment déremboursés, de 26 % en moyenne.
Progression des médicaments non-remboursables…
Les ventes de médicaments en officines reculent depuis 2011, date à laquelle elles avaient atteint leur maximum entre 2010 et 2016 (21,4 milliards d’euros). Après une baisse de 2,3 % en moyenne annuelle entre 2011 et 2014, celles-ci se stabilisent entre 2015 et 2016 (+0,2 %). Entre 2011 et 2016, le chiffre d’affaires des spécialités remboursables a ainsi baissé de 1,4 % en moyenne annuelle, notamment sous l’effet du développement des génériques et des politiques de baisse des prix des médicaments dans le cadre de la maîtrise médicalisée de l’évolution des dépenses de santé. En effet, la part de marché (en valeur) des médicaments génériques dans les spécialités remboursables a plus que doublé durant cette période, passant de 11,4 % en 2010 à 28,2 % en 20154.
En revanche, le chiffre d’affaires des médicaments non remboursables a augmenté de 2,0 % par an en moyenne au cours de la période. Cette évolution recouvre des progressions contrastées. Après une première phase de croissance entre 2010 et 2012 (+3,7 % en moyenne annuelle), suivie d’un recul entre 2012 et 2014 (-3,8 %), l’évolution repart à la hausse depuis 2015 (+4,4 %). Finalement, la part des médicaments non remboursables dans les ventes totales a augmenté au cours de la période étudiée d’environ 2 points.
Les analgésiques contribuent le plus au dynamisme des ventes...
Entre 2010 et 2016, le chiffre d’affaires global des douze principales classes thérapeutiques progresse un peu moins vite que celui des autres classes thérapeutiques (1,8 % en moyenne annuelle contre 2,2 %). Toutefois, elles contribuent pour près de la moitié à la croissance des médicaments non remboursables. Le chiffre d’affaires de la classe thérapeutique des analgésiques non narcotiques antipyrétiques est celui qui enregistre à la fois la plus forte progression des douze classes principales (14,4 % de croissance moyenne annuelle) et la plus forte contribution à la croissance de la période.
Il est suivi des traitements des troubles érectiles. A contrario, les traitements de stimulation de l’ovulation et les vaso-protecteurs par voie générale ont le plus fortement pesé à la baisse sur la croissance du chiffre d’affaires des médicaments non remboursables.
Les médicaments non-remboursable moteur de la vente des médicaments…
La dynamique du marché des médicaments non remboursables est le plus souvent assujettie à des effets de sens contraires, liés à l’ancienneté du déremboursement des spécialités qui le composent (graphique 2). En effet, la tendance à la baisse ou à la stagnation du chiffre d’affaires des spécialités non remboursables les plus anciennes est généralement atténuée – voire contrebalancée – par le flux de nouveaux médicaments arrivés sur ce marché à la suite des nouvelles vagues de déremboursement.
Les contributions des vagues de déremboursement à la croissance du chiffre d’affaires des médicaments non remboursables ont été très marquées entre 2010 et 2012 : 5 points de pourcentage entre 2010 et 2011 et environ 4 points de pourcentage entre 2011 et 2012. Elles ont ensuite diminué en 2013 et 2014, avec une contribution de 0,9 point de pourcentage. Elles progressent très fortement depuis 2015 (+4 points de pourcentage environ). Entre 2010 et 2016, l’effet immédiat8 des différentes vagues de déremboursement s’est traduit par une augmentation du chiffre d’affaires des médicaments non remboursables de plus de 400 M€.
Toutefois, la hausse du chiffre d’affaires du marché des médicaments non remboursable varie d’une année à l’autre, selon le nombre de spécialités déremboursées, leur prix et la part du marché qu’elles représentaient avant déremboursement. Durant la période, l’année 2015 fait exception. Elle associe à la fois une forte accélération du chiffre d’affaires issu de la vague de déremboursement de l’année (68 M€, contre 17 M€ l’année précédente) principalement due au déremboursement des anti-arthrosiques d’action lente, et un rebond marqué du chiffre d’affaires des médicaments déjà non remboursables avant 2011. Le cumul de ces deux effets explique la très forte accélération du chiffre d’affaires des médicaments non remboursables de 2015 (+8,2 %). En effet, chaque année, entre 2010 et 2016, une part importante du chiffre d’affaires des spécialités déremboursées (de 30 % à 67 %) se concentre sur deux ou trois classes thérapeutiques différentes. Il s’agit principalement de médicaments précédemment remboursés à 15 % par l’Assurance maladie.
La Rédaction
Sources : DREES 2019
Publication : 28/02/2019
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