La ville de un débat citoyen sur le devenir urbain et sociétale de Montpellier à l’horizon 2040
Quelques semaines après la manifestation annuelle Handi'Com, le 3 octobre dernier, avec comme mot d'ordre « changer les regards, pour changer les comportements ». Mme le Maire Hélène MANDROUX lancera officiellement le 4 décembre prochain un débat citoyen, sur le devenir urbain de Montpellier à horizon 2040, autour d'une question quelle ville voulons-nous construire pour les trente ans à venir ?
Si le débat ne concerne nullement uniquement la personne à mobilité réduite celle-ci au vu des nombreux retards pris sur l'accessibilité notamment les ERP reste plus que jamais d'actualité. Une réflexion qui sera menait réaliser l'équipe italienne d'architectes-urbanistes Secchi & Vigano sélectionné par la ville pour mettre en œuvre ce programme d'urbanisme du futur. Douze mois de négociation et de tractation qui devraient permettre selon la ville de réunir le temps d'un véritable débat public les élus, experts, citoyens et acteurs de la société civile.
Une consultation essentielle pour une ville qui depuis plusieurs années ne cesse de connaître une croissance urbaine et devrait conduire Montpellier à dépasser les 300 000 habitants en 2040. S'il n'est pas question de l'empêcher la question posée et comment l'anticiper et comment encadrer la croissance urbaine, afin quel puisse s'inscrire dans le territoire et dans la ville.
Montpellier qui pour ces raisons a fait le choix d'engager, en 2011, une démarche de prospective destinée à renouveler sa stratégie urbaine pour les trois décennies à venir. Cette démarche permettra de doter la Ville d'un nouveau « projet urbain » apte à guider, dans une vision transversale et de long terme, l'ensemble de ses politiques publiques et, plus particulièrement, son action en matière d'urbanisme.
Un document de référence qui touchant à l'ensemble des leviers de l'action publique locale sur le territoire, le projet urbain « Montpellier 2040 » aura également, vocation à préparer la prochaine révision générale du Plan local d'urbanisme et, en coordination avec la Communauté d'agglomération de Montpellier, à alimenter la révision du Schéma de cohérence territoriale qui s'engage aujourd'hui.
Garantir le droit à d'une ville pour tous...
Parmi les pistes de réflexion au cœur de ce débat, deux seront certainement au cœur même de l'action. Celle de l'espace public et de sa lecture. Ville parfois fragmentée, repliée derrière ses murs et ses clôtures, Montpellier doit s'ouvrir à elle-même, pour tisser des liens et des continuités entre les quartiers.
Le projet urbain devra explorer, en prenant notamment appui sur son réseau hydrographique, les possibilités de créer de nouveaux parcs, jardins, promenades et parcours urbains. De manière plus globale, il proposera une nouvelle lecture de l'espace public, des places et des rues de la ville pensées, non plus uniquement en fonction de contingences circulatoires, mais bien d'abord, à l'échelle humaine du piéton citadin, chaland autant que citoyen.
Il devra aussi garantir l'accès d'une ville à tous. Montpellier qui devra en effet faire face, a moins à moyen terme, à une situation sociale particulièrement fragile. La lutte résolue contre la précarité, la pauvreté, la marginalité devra, en particulier, être intégrée à la réflexion du projet urbain en veillant à y traduire les valeurs fortes de justice et de solidarité qui guident la politique municipale. Dans cet esprit et plus globalement, le projet urbain aura à renouveler l'ambition d'un droit à la ville pour tous, où chacun puisse accéder au logement, à l'emploi, à l'éducation, à la mobilité, à la culture ou au sport.
L'accessibilité reste un chantier important...
Si la ville a commencé un apercevoir une politique du handicap à partir de 2008 avec la création par Hélène MANDROUX du poste d'une délégation transversale sur les questions d'accessibilité et de handicap à Magalie COUVERT. Près de trois ans auront été nécessaires pour voir la création d'une commission extra municipale sur l'accessibilité prévue par la loi du 11 février 2005. La ville qui bien que passé d'une note de 14,2 en 2010 a 12,8 en 2011 sur le baromètre de l'APF, mais ne prenant en compte que le handicap physique.
Une ville qui a néanmoins depuis deux ans réalisés des efforts important en comparaison de ville similaire. Une ville que l'on doit féliciter notamment pour le respect de son obligation d'emploi puisque situé au-dessus de l'obligation avec 7 % des agents municipaux sont reconnus travailleurs handicapés.
Si certes des améliorations ont été apportées comme la mise en accessibilité du nouvel Hôtel de Ville grâce notamment au service web-sourd, au cheminement podotactile...Installation d'une centaine de feux à commande vocale pour les personnes déficientes visuelles ou encore Organisation de cartoparties (collecte de données par les citoyens), en partenariat avec différentes associations, qui permettent de recenser quartier par quartier tous les lieux accessibles de la ville (commerces, espaces publics, administrations...) aux personnes atteintes d'un handicap moteur.
Reste que le vieillissement de la population, l'agrandissement de la population dans les trois décennies à venir ainsi que la progression du nombre des citoyens qui auront demain des difficultés de déplacement ou perte d'autonomie obligent Montpellier à répondre à cette obligation d'accessibilité fixée avant le 1er janvier 2015. Certes un délai qui ne sera pas respecté, mais si le handicap et la perte d'autonomie et prise réellement en compte alors la ville pourrait celle du futur...
Stéphane LAGOUTIERE
Publication : 26/11/2012
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