L’Île-de-France décide de prendre une partie de l’enveloppe destinée au handicap pour financer les autoroutes
Ont avait pourtant cru comprendre que l’accessibilité était l’une des priorités de Mme Valérie PECRESSE, présidente de la région Île-de-France, notamment après son annonce le 17 mai dernier concernant l’accessibilité des ter et des gares de la Région. Comment comprendre alors la décision de celle-ci d’une ponction de 730 000€ du budget handicap et cela pour financer une étude sur l'avenir des autoroutes? Une décision qui provoque la colère des associations et des personnes handicapées on peut le comprendre. Une affaire dénoncée par le groupe Alternatif écologiste et sociale.
Détournement des fonds alloué au PAM…
C'est au début du mois de juillet, lors de la commission permanente, que l'affaire a éclaté et que dénonce aujourd’hui le groupe Alternatif écologiste et sociale dans un communiqué selon lequel la Région versera pour l’organisation de cette consultation initiée par le Forum Métropolitain du Grand Paris, le Conseil régional veut prélever 730 000€ sur le budget des transports spécialisés en faveur des personnes handicapées.
La raison de ce choix évoqué par les élus et que le budget consacré aux études est insuffisant. Une explication « scandaleuse » pour Mounir SATOURI, le président du groupe Alternative écologiste et sociale. Expliquant que « c’est un signal négatif envoyé aux personnes en situation de handicap dans notre région. L’isolement et le manque de mobilité des personnes handicapées est un sujet trop sérieux pour que l'on réduise les budgets ».
Pour Ghislaine SENÉE, « c’est une baisse déguisée de 5% de l’aide aux transports des personnes en situation de handicap, d'autant plus choquantes que les besoins en mobilité adaptée sont croissants ». Pour l’élue, cette décision va dans le sens de sa politique après avoir déjà divisé par trois les investissements pour les établissements en faveur des personnes en situation de handicap (-7,5M€), « Valérie Pécresse récidive et prouve que, comme le président Macron, elle ne recule vraiment devant rien quand il faut faire des économies sur le dos des Franciliens les plus fragiles, quand bien même cela remet en cause leur droit fondamental à la mobilité, insiste-t-elle.
« Cette décision est d’autant plus choquante que Valérie Pécresse ne cesse d’augmenter les investissements pour accroître le réseau routier. À rebours des intérêts environnementaux de la Région, le budget pour les transports en commun est systématiquement sous-exécuté à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros. On ne manque pas d’argent » insiste Ghislaine SENÉE qui demande au nom du groupe AES de financer cette consultation d’urbanisme sur d’autres fonds que ceux qui sont alloués aux personnes en situation de handicap.
Le budget "supérieur aux besoins constatés"
Une contre vérité affirme de son côté Pierre DENIZIOT, conseiller régional et délégué chargé du handicap auprès de la présidente de la région, pour qui cette mesure n'est pourtant pas récente, « comme l’an dernier, on a budgété 14M€ alors que les dépenses prévues cette année ne seront du même ordre de grandeur qu’en 2017, c’est-à-dire 12M€ ». La région accuse, quant à elle le groupe Alternatif écologique et sociale « de monter l’affaire en épingle pour des raisons politiciennes ». Des associations et notamment comme le souligne Claude BOULANGER du Comité entente, qui rassemble les associations franciliennes, « l'heure est à l'incompréhension » et de s'interroger « Pourquoi ne dépense-t-on pas plus ? »
Stéphane LAGOUTIÉRE
Sources : AES / Région Ile-de-France
Publication : 09/07/2018
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