Thierry CORBALAN ; « Les personnes handicapées peuvent faire aussi bien que les valides »
Thierry CORBALAN, qui depuis 2009 réalise des défis, a décidé avec un ami pompier de réaliser un challenge de toute beauté. En effet deux personnes valides et Thierry CORBALAN vont se relayer durant une semaine afin de boucler les 500 kilomètres de ce Tour de Corse. À travers ce défi, Thierry CORBALAN nous a accordé un entretien. Pour lui, l'objectif est de récolter des fonds pour leurs associations. Thierry CORBALAN espère également que le regard sur le handicap va changer grâce à notre engagement au quotidien.
F.H.I —- Comment votre projet a-t-il vu le jour ?
Thierry CORBALAN : Tout d'abord, il a fallu s'entraîner, trouver un bateau et des partenaires pour nous aider. Le but n'est pas seulement de réaliser ce défi mais surtout de récolter des fonds pour nos associations. Depuis neuf mois, on se prépare...
F.H.I —- Qu'est-ce qui vous a poussé à réaliser ce défi ?
Thierry CORBALAN : Avec un ami pompier, on s'était dit que depuis plusieurs années, on pourrait réaliser un beau projet pour nos deux associations : Les Pupilles des Pompiers et la mienne. Mais on ne savait pas trop quoi faire. Moi, j'ai fait de nombreuses traversées. On a alors décidé de faire le Tour de Corse.
F.H.I —- Peut-on comparer votre défi à celui de Philippe CROIZON ?
Thierry CORBALAN : J'en ai marre que l'on me pose toujours cette question. Je vous rappelle que j'ai réalisé ma première traversée en 2009 avant celle de Philippe CROIZON. Moi, j'ai fait des défis avant que Philippe CROIZON soit connu en 2010. De plus, tous les ans, je fais un ou deux défis donc on ne peut pas me comparer à lui.
« On ne voit pas les personnes handicapées mais si elles ne peuvent pas sortir de chez elles, on ne risque pas de les voir »
F.H.I —- Quel message avez-vous envie de véhiculer à travers ce défi ?
Thierry CORBALAN : Mon message est toujours le même depuis le début. Je veux montrer que les personnes en situation de handicap peuvent faire aussi bien que les valides. Preuve en est puisque nous sommes trois pour réaliser ce Tour de Corse. Il y a deux personnes valides et moi. Il n'y a donc aucune différence entre nous.
F.H.I —- À travers ce défi, pensez-vous que le regard sur le handicap va changer ?
Thierry CORBALAN : Absolument, le regard sur le handicap évolue... Rn voyant ce que peut réaliser une personne handicapées, les gens et plus particulièrement les enfants voient le handicap d'une autre façon.
F.H.I —- Selon vous, que reste-il à améliorer pour que les personnes en situation de handicap aient les mêmes droits ?
Thierry CORBALAN : Le respect déjà. Regarder les personnes handicapées comme des personnes comme les autres. Aujourd'hui encore, certains jugent les personnes handicapées comme des êtres inférieurs. Après, il faut améliorer l'accessibilité des lieux afin d'offrir davantage de mobilité et d'autonomie aux personnes en situation de handicap. Ce n'est pas encore le cas puisque l'on vient, en p lus, de repousser la loi. C'est un vrai scandale. Après on ne voit pas les personnes handicapées mais si elles ne peuvent pas sortir de chez elles, on ne risque pas de les voir.
F.H.I —- On est bien loin de cette société inclusive ...
Thierry CORBALAN : Absolument, on en est encore bien loin. Certains pays sont davantage en avance sur les questions d'accessibilité par rapport à la France.
« Améliorer l'accessibilité des personnes handicapées »
F.H.I —- Et si on décroche l'organisation des Jeux Olympiques et Paralmpiques de 3024, la France sera-t-elle enfin accessible pour tous ?
Thierry CORBALAN : Je ne sais pas si cela pourrait améliorer cette situation si on a les Jeux Olympiques en France en 3024.Ce seraut bien que les Jeux Paralympiques soient en même temps que les les valides. Ce n'est pas bien de les faire à part car il n'y a pas une même visibilité médiatique que pour les Jeux Olympiques. En plus, les gens sont saturés de sport car ils viennent après les JO.
F.H.I —- Quels sont espoirs pour l'avenir ?
Thierry CORBALAN ; À titre personnel, les choses vont bien. Je vis bien mon handicap. Pour ma part, j'ai fait mon temps. Je me suis habitué à mon handicap. Je ne demande guère plus car je ne rencontre pas les mêmes difficultés qu'une personne en fauteuil roulant. Je pense qu'il y a beaucoup de boulot à faire pour l'accessibilité des personnes handicapées. J'espère que les choses vont s'améliorer pour leur accessibilité.
Propos recueillis par
Romain BEAUVAIS
Publication : 08/09/2015
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