Accéder au contenu principal

Frédéric BOUSCARLE : « Mon âme n'est pas à vendre »

Frederic Bouscarle_fondateur_du_collectif_Handi_Pop_qui_rassemble_le_handicap_chez_les_Republicains

Le Front national serait-il aux aboies ? Après avoir débauché l'ancien président de Gaylib, Sébastien ChHENU, et le président des Jeunes Actifs, Franck ALLISIO, Frédéric BOUSCARLE a lui aussi été approché par le FN. En effet, Florian PHILIPPOT l'a contacté afin de diriger le collectif handicap au sein du parti de Marine LE PEN et d'être troisième de liste aux élections régionales à Paris. Bien évidemment, le fondateur du mouvement Handi POP a décliné cette offre.

Non-reconduit en tant que Secrétaire national en charge du handicap au sein du parti Les Républicains, Frédéric BOUSCARLE veut à travers cette tribune publiée la semaine dernière alerter ses collègues sur le fait que certains jeunes quittent le parti pour aller au FN. Mais l'élu du 10e arrondissement de Paris a fait de nombreuses propositions à Valérie PÉCRESSE afin de mettre le handicap au cœur de la campagne électorale de la candidate pour les Régionales qui auront lieu en décembre prochain. Maintenant reste à savoir si ces propositions en faveur des personnes handicapées sur les sujets des transports, de la formation professionnelle ou encore de l'accessibilité seront prises en compte afin d'aller vers cette société accessible pour tous.

F.H.I --- Pourquoi avez-vous refusé l'offre du Front national ?
Frédéric BOUSCARLE : Florian PHILIPPOT, le vice-président du Front national, m'a contacté pour prendre en charge le collectif handicap au sein du FN. Il m'a également proposé d'être troisième de liste à Paris à l'occasion des élections régionales de décembre prochain. Au contraire de Sébastien CHENU et Franck ALLISIO, J'ai bien évidemment décliné cette offre car je défends des valeurs humanistes comme le handicap par exemple. Mon âme n'est pas à vendre. Si on m'a contacté, c'est qu'il a un problème puisque le Front national débauche les jeunes du parti Les Républicains. C'est un peu prendre les gens pour des idiots.

F.H.I --- Cela vous inquiète-t-il de voir certains membres de votre parti, Les Républicains, se tourner vers le FN ?
Frédéric BOUSCARLE : C'est très inquiétant car cela montre qu'il y a un problème dans notre vie politique française. Soit c'est un manque de conviction, soit cela montre que les partis politiques ne soutiennent pas les jeunes qui veulent faire bouger les choses. Cela prouve qu'une seule chose : c'est que les anciens élus restent accrocher à leurs postes.

F.H.I --- Le Front national est-il le nouvel eldorado pour les jeunes l oups de la politique ?
Frédéric BOUSCARLE : Le programme du Front national ne tient pas par rapport à l'Europe ou sur d'autres sujets. Ils ont alors besoin de draguer un électorat dont ils n'ont pas à l'heure actuelle dont les 10% des personnes en situation de handicap. Par exemple, les militants du FN estiment que c'est mieux de mettre de l'argent pour les personnes handicapées plutôt que d'accueillir les migrants. Sortir ce genre de propos ne va permettre qu'une seule chose : monter les gens les uns contre les autres. Je ne pense pas que les personnes handicapées ont envie d'entendre ce genre de discours.

« Il faut arrêter de dire que l'accessibilité ne concerne que les personnes handicapées »

F.H.I --- Si le FN arrive à draguer cet électorat, cela veut-il dire que votre parti, Les Républicains, n'écoute pas ces électeurs handicapés ?
Frédéric BOUSCARLE : Tout d'abord, je n'ai pas été reconduit en tant que Secrétaire national en charge du handicap au sein des Républicains. Bien évidemment, j'aurais aimé souhaiter poursuivre sur cette thématique sur le handicap afin d'interpeller les élus dans les différents bureaux politiques des différents partis français. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Nous, personnes handicapées, sommes davantage concernées par cela au quotidien. Et pour les élus qui ne sont pas en situation de handicap, ce serait bien d'avoir à leurs côtés, des gens qui sont confrontés au quotidien par le handicap afin de les sensibiliser sur cette question. Par exemple, j'aurais pu convaincre mes collègues sénateurs de droite de ne pas voter le report d'ordonnance d'accessibilité pour les lieux recevant du public.

F.H.I --- Ce dimanche 27 septembre, c'était la date limite pour déposer un agenda d'accessibilité programmé, est-ce que l'on arrivera à une société accessible alors que les Sénateurs ont voté le report de l'ordonnance d'accessibilité ?
Frédéric BOUSCARLE : Je pars du principe que l'idéal n'existe pas. Après, j'espère que cela se fera et que les élus iront dans ce sens. En tout cas, j'y veillerai avec mon mouvement pour que les choses avancent correctement.

F.H.I --- Selon vous, comment peut-on inciter les gestionnaires d'établissements à être accessible pour tous ?
Frédéric BOUSCARLE : Il faut arrêter de dire que l'accessibilité ne concerne que les personnes handicapées. Car l'accessibilité peut profiter aux personnes âgées et aux mamans en poussette. Et si tout le monde réfléchit sur cette question de l'accessibilité, on aura franchi un cap. Par exemple ce week-end, j'étais à Dijon et je me suis rendu compte que le centre-ville est très accessible pour tous. Il faut donc que les maires investissent à long terme sur l'accessibilité.

F.H.I --- Avec les coupes budgétaires demandées aux collectivités locales, est-ce que les élus locaux feront un tel investissement en faveur du handicap ?
Frédéric BOUSCARLE : Par exemple, pourquoi on ne ferait pas une réduction de la TVA lors de la rénovation de bâtiments accessibles. Le gouvernement n'y a pas pensé. Il y a pleins de choses comme cela que l'on peut mettre en place. L'impossible n'existe pas. Le jour où les citoyens seront sensibilisés à cette cause, les choses avanceront d'elles-mêmes.

F.H.I --- Comment leur faire comprendre que cette question de l'accessibilité peut leur offrir davantage de choses ?
Frédéric BOUSCARLE : À travers l'accessibilité, ils vont pouvoir attirer davantage de public. Par exemple, les touristes en situation de handicap peuvent consommer et dépenser comme les autres. Aujourd'hui, une personne handicap »ée a un pouvoir d'achat et peut-être à la tête d'une entreprise. Et lorsqu'un élu aura compris cela, on aura fait une grande avancée.

« À travers le handicap, on peut être acteur du développement économique de notre pays »

F.H.I --- À l'approche des élections régionales, les élus ont-ils pris en compte dans la question du handicap dans leurs programmes de campagne ?
Frédéric BOUSCARLE : Le mouvement handicap du parti Les Républicains a fait des propositions pour les régionales. Par exemple, à Paris, on a donné des pistes de réflexion à à Valérie PÉCRESSE sur les sujets des transports, de la formation professionnelle ou encore de l'accessibilité en faveur des personnes handicapées. Après, on ne sait pas si nos propositions seront reprises par la candidate dans son programme de campagne. Mais on l'espère vivement.

F.H.I --- Est-ce que des choses ont été mises en place afin de permettre aux personnes en situation de handicap d'avoir accès à l'information et de pouvoir voter pour leur candidat ?
Frédéric BOUSCARLE : À paris, les bureaux de votes sont accessibles car c'est une obligation légale. Après, il faut aller plus loin en rendant les programmes accessibles. Mais le plus important, c'est que les candidats prennent enfin à bras le corps cette thématique du handicap.

F.H.I --- Après ces élections et les Présidentielles de 2017, comment peut-on séduire les élus de la Nation pour qu'ils comprennent enfin que la question du handicap est un enjeu majeur de notre société ?
Frédéric BOUSCARLE : Tout d'abord, il faut rappeler que plus de 10% de la population française est en situation de handicap, ce qui représente 1 Français sur 7. Ensuite, l'entourage de la personne handicapée est souvent confronté à la problématique de l'accessibilité lorsqu'elle veut partir en voyage. Finalement, à travers le handicap, on peut être acteur du développement économique de notre pays.

Propos recueillis par
Romain Beauvais

 

Catégorie : INTERVIEW AVEC...
Publication : 28/09/2015

Articles en relation

Jihane SAYADI-HERBIERE : Prévention et information pour « une maladie invisible et encore mal connue »

Dans le cadre de la journée européenne nous avons interrogé Jihane SAYADI-HERBIERE vivant dans le Val d’Oise en Ile de France et mère d’une petite fille de quatre ans. Atteinte d’une Myasthénie Auto-Immune elle apprend sa maladie trois mois après son accouchement en pleine pandémie du Covid 19. Jihane qui attend de cette journée européenne qu'elle puisse avoir un effet bénéfique, non seulement pour les malades et leurs proches généraliste encore trop souvent méconnue. Une maladie qui concerne en France plus de 5000 personnes.

Damien SEGUIN, le skipper handisport s’apprête dans l’intimité au départ de la course maritime Vendée Globe 2020

Alors que la France entière est quasiment confiné pour la deuxième cette année, le skipper handisport Damien SEGUIN du monocoque 60' Groupe APICIL, se prépare au départ de la course dont le top départ aura lieu dimanche prochain a 13h02. Un départ plus intime mais ou « les grandes émotions seront là ». En attendant, le jour J, le triple médaillé paralympique s'est confiné en compagnie de sa femme, de son préparateur mental et physique et d'un ami. A deux jours du départ, Damien confie commencer à ressentir la pression, mais poursuit sa préparation sereinement.

Henri LANIRAY, président de la section Handisport & Sport Adapté : un homme au service du sport !

Henri LANIRAY est asémiste depuis ses 12 ans. Aujourd'hui à la retraite, il est président de la section Handisport & Sport Adapté. Au sein du club jaune et bleu, il œuvre pour que tous aient accès à la pratique sportive. Il souhaite avant tout transmettre et participer au décloisonnement de l’handisport sur le territoire auvergnat. S'il aime s'investir dans l'organisation d'événements sportifs ce qu'il préfère ce sont ces fabuleux moments de vie partagés avec les athlètes, en particulier, et les asémistes en général !

Jean-Dominique JOURNET, à l’occasion de la création du premier diplôme universitaire pour accompagnants des Aphasies

Rencontre aujourd’hui avec Jean-Dominique JOURNET, Président de la Fédération Nationale des Aphasiques de France (FNAF). Une association gérée par aphasiques eux-mêmes.et fondée en 1985. Son président Jean-Dominique JOURNET revient lors de cette interview sur les raisons de l’Asphasie souvent confondue avec un trouble psychique ni un handicap mental. Son président qui revient aussi sur l’objectif de cette formation, véritable combat de l’association et dont l'initiative soutenue par la Fédération française des télécoms avec une inscription possible dès maintenant pour septembre 2019 ! l’aphasie dont le prochain grand rendez-vous aura lieu 5 au dimanche 8 septembre 2019 à CHORGES a l’occasion du 23eme congrès National de la FNAF mais aussi en octobre avec la semaine nationale de l’Aphasies.

Le Professeur Jean PELLETIER, Chef du Service Neurologie et Unité NeuroVasculaire à l'AP HM

A l’occasion Journée mondiale de la sclérose en plaques (SEP) et des différentes manifestations prévues en France notamment à Paris, Strasbourg : le 22 mai ou à Toulouse : le 25 mai 2019. Le Professeur Jean Pelletier, Chef du Service Neurologie et Unité NeuroVasculaire à l'AP HM revient avec nous sur les principales avancées du programme DHUNE concernant la maladie. Une maladie qui touche en France près du jeune adulte, la SEP est souvent diagnostiquée entre 25 et 35 ans et une prépondérance féminine (3/4 de femme). La SEP touche aujourd’hui 100 000 personnes en France, dont 700 enfants. Deux mille cinq cents nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La SEP représente la première cause de handicap sévère non traumatique du jeune adulte. Elle affecte donc des adultes jeunes en pleine période de projet d’existence et bouleverse la vie personnelle, familiale et professionnelle.

Cloé MISLIN quand l’équitation m’aide a lutter contre la maladie de Parkinson

Quand elle commence l’équitation à 8 ans, à 18 ans elle découvre l’équitation Western, une révélation pour cette jeune femme. Une discipline qui lui ouvrira les portes de la compétition où la cavalière, douée, remportera deux titres de Championne de France. Passionnée, Cloé MISLIN, cherchera même à en faire son métier. Pour cela, elle part au Canada à 20 ans passer son diplôme d’instructeur et monte, à son retour, une structure orientée loisirs avec ses parents. En 2005, les premiers symptômes apparaissent, en 2009 le diagnostic est posé, Cloé est atteinte d’un parkinson juvénile. Une maladie qui ne lui permet plus de pratiquer le Western comme elle l’entend avec ses objectifs de haut niveau. Elle découvre alors le para-dressage, une discipline adaptée à son handicap et ses désirs de compétition. Elle est membre du Groupe 1 de la FFE et vise une nouvelle sélection en équipe de France pour les championnats d’Europe de Rotterdam en Août prochain.