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StéphanIe MÉRIGOUX, une femme en situation de handicap à la recherche d’emploi, mais à la vision courageuse .

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À l’occasion de la semaine pour l’emploi (19 au 25 novembre), F.H.I. est allé à la rencontre de trois personnes handicapées pour aborder le sujet de leurs difficultés d’embauche. En effet, dans un univers professionnel tourné vers la productivité et la rentabilité, l’uniformité créée des postes standards figés, avec des transformations qu’on imagine impossibles ou coûteuses. Dès lors, la différence n’est plus un atout ou un enrichissement, mais elle devient au contraire un vecteur de discrimination et d’exclusion.La première personne à avoir été interviewée StéphanIe MÉRIGOUX, est déficiente visuelle, voici ce qu’elle nous révèle de sa situation professionnelle.

FHI : Présentez-vous, comment vous appelez vous, quel est votre âge, votre situation de handicap ?
Stéphanie MÉRIGOUX --- « Bonjour, je m’appelle Stéphanie Mérigoux, j’ai quarante-quatre ans et je suis atteinte d’une maladie génétique dégénérative touchant la vision et provoquant une cécité progressive. J’ai une RQ T.H. (Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé) et un handicap évalué à plus de 80 %, ainsi qu’une invalidité catégorie 2. »

FHI : Vos diplômes, qualifications et branche dans laquelle vous recherchez un emploi ?
Stéphanie MÉRIGOUX --- « J’ai un BEPC (Brevet d’Étude de Premier Cycle), un Baccalauréat F8 (Sciences et Technologies de la Santé et du Social), ainsi qu’un diplôme d’État d’infirmière. Je suis actuellement à la recherche d’un emploi en lien avec la santé et le bien-être et avec mes compétences médicales. »

FHI : Quelles sont pour vous les principales raisons créant un frein à votre embauche, pouvez-vous nous décrire vos difficultés ?
Stéphanie MÉRIGOUX --- « Ce qui provoque un blocage dans mon métier et la raison pour laquelle je n’ai pas pu poursuivre mon activité d’infirmière est directement du aux symptômes de ma maladie et à mon handicap. La perte de la vue progresse de la périphérie vers le centre provoquant une vision tubulaire, c’est à-dire une vision centrale très réduite, ainsi qu’une cécité nocturne (impossibilité de voir dès qu’il fait nuit ou sombre). Je ne peux plus pratiquer de soins techniques et je ne peux plus conduire… »

FHI : Pourriez-vous nous dire en quelques mots ce que vous ressentez ?
Stéphanie MÉRIGOUX --- « En plus du handicap et de ses conséquences sur ma vie et ma carrière professionnelle, il y a des conséquences psychologiques qui me font me sentir frustrée. Au-delà de la perte de confiance provoquée par la perte des capacités sensorielles et le licenciement, j’ai le sentiment de me mettre des barrières personnelles. Je suis obligée d’anticiper pour penser à ma sécurité, pour me protéger. Cela me freine dans mes actions et limite mes déplacements et ma spontanéité. »

FHI : Auriez-vous une petite anecdote criante et révélatrice qui vous est arrivée ?
Stéphanie MÉRIGOUX --- « Dix ans de bons et loyaux services comme infirmière et j’ai été licenciée par mon employeur pour inaptitude après avoir reçu une proposition de reconversion en tant que secrétaire médicale, ce qui est très compliqué lorsqu’on est malvoyant et qu’on doit passer des journées entières sur l’ordinateur. »

Par Sébastien JOACHIM
Correspondant FHI

Catégorie : INTERVIEW AVEC...
Publication : 19/11/2018
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