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Le CICR demande aux États de prévenir l'emploi de produits chimiques toxiques en tant qu'armes

Rédigé le 7 Février 2013
Un centre de destruction d'armes chimiques dans les années 2000 en Russie

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande aux États de limiter les produits chimiques toxiques utilisés comme armes aux fins de maintien de l'ordre aux seuls agents de lutte antiémeute, connus également sous le nom de gaz lacrymogènes, qui sont acceptés de longue date comme moyens légitimes de maintien de l'ordre.

Depuis de nombreuses années, les forces armées et de maintien de l'ordre ont cherché à mettre au point et à employer certains produits chimiques toxiques – principalement de puissants anesthésiants et sédatifs – comme armes de maintien de l'ordre. Ces armes sont connues sous le nom d'« agents chimiques incapacitants » ou « agents incapacitants ».

« Le moment est venu pour les États de s'opposer clairement à la mise au point d'autres produits chimiques toxiques pour les utiliser en tant qu'armes ; toute avancée dans ce sens risquerait de constituer une atteinte aux instruments du droit international qui interdisent les armes chimiques, déclare Philip Spoerri, directeur du droit international et de la coopération au CICR. Nous demandons aux États de mettre en œuvre l'arsenal législatif nécessaire dans leur pays afin de limiter clairement les produits chimiques toxiques utilisés en tant qu'armes à des fins de maintien de l'ordre aux seuls agents de lutte antiémeute, connus également sous le nom de gaz lacrymogènes. »

La mise au point d'autres produits chimiques toxiques (des « agents chimiques incapacitants » par exemple), pour les employer en tant qu'armes, présente des risques graves pour la santé et la vie des personnes. Et outre le fait que cela irait à l'encontre de l'interdiction des armes chimiques, un tel usage pourrait aussi conduire à la réintroduction des armes chimiques dans les conflits armés.

La position du CICR est le résultat d'un examen minutieux des règles du droit et des risques associés au développement et à l'emploi en tant qu'armes de produits chimiques toxiques autres que les agents de lutte antiémeute. « Nous estimons que ces risques sont très largement supérieurs aux avantages opérationnels perçus, quels qu'ils soient », ajoute Philip Spoerri.

Les États vont avoir l'occasion d'affirmer leur volonté de prévenir la réapparition des armes chimiques à l'occasion de la troisième Conférence d'examen des États parties à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, qui va se tenir à La Haye du 8 au 19 avril 2013. L'emploi de produits chimiques toxiques en tant qu'armes est strictement interdit dans les conflits armés par le Protocole de Genève de 1925, la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et le droit international humanitaire coutumier. L'emploi des agents de lutte antiémeute y est également interdit en tant que méthode de guerre.

En dehors des conflits armés, la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, le droit international des droits de l'homme et le droit international de lutte contre la drogue constituent un cadre légal dont les règles se recoupent, laissant peu de place, voire aucune, à un emploi légitime de produits chimiques toxiques autres que les agents de lutte antiémeute pour servir d'armes à des fins de maintien de l'ordre. C'est ce qui motive l'appel que lance le CICR pour que les États limitent clairement l'emploi de produits chimiques toxiques en tant qu'armes aux seuls agents de lutte antiémeute.

La Rédaction

Trois ans après le séisme, Handicap International continue de réparer les vies en Haïti

Rédigé le 10 Janvier 2013
Des missionaires de l'ONG Handicap International La kiné postopératoire, et les soins de rééducation auprès des victimes du séisme a Haiti

Alors que dans deux jours les Haïtiens vont commérer le troisième anniversaire du terrible séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, trois plus tard Handicap international continu a déployé une des missions les plus importantes de son histoire, ou elle ne cesse chaque jour d'intervenir, pour renforcer la capacité des Haïtiens à relever de multiples défis.

Deux années pour la réparer des corps blessés

2010-2011 auront été pour l'ONG deux années d'intense travail et d'intervention massive auprès des blessés et des plus vulnérables. Lors des deux premières années de son intervention, Handicap International a permis à 90 000 personnes de bénéficier de soins de base et de réadaptation et à 25 000 personnes, d'activités de soutien psychosocial. Face au nombre exceptionnel d'amputations et de fractures, elle a appareillé près de 1 500 personnes, distribué 5 600 aides à la mobilité (béquilles, fauteuils roulants, déambulateurs...) et effectué 4 500 séances de rééducation.

Ainsi, Christella, jeune Haïtienne amputée suite au séisme, a pu retrouver une vie normale grâce à sa prothèse. « Je vais à l'école comme tout le monde, je danse et je cours comme mes amis. En fait, je suis comme tout le monde », commente-t-elle. L'association, dont les équipes ont compté au plus fort de la crise jusqu'à 600 personnes, dont 80 expatriés, a aussi acheminé 20 000 tonnes d'aide et construit 1 050 habitations transitoires pour reloger plus de 5 000 personnes. Aujourd'hui, son action consiste à renforcer de manière pérenne le secteur de la réadaptation en Haïti.

Les Haïtiens commencent à prendre le relais

Depuis un an et tout au long de l'année qui va s'écouler, après la réparation des corps meurtrie et l'objectif d'urgence commence à prendre fin. Aujourd'hui, Handicap International se donne pour mission de reconstruire des vies, en s'appuyant sur les forces vives locales et en assurant le transfert de ses compétences aux Haïtiens : Appareillage et réadaptation en 2012, Handicap International a transféré une partie de ses activités relatives à la réadaptation physique à un partenaire local, l'association Healing Hands for Haïti. Cette dernière ayant construit un nouveau centre d'appareillage dans la capitale.

« Handicap International n'a pas vocation à se substituer durablement au système de santé national, mais bien à créer les conditions d'une prise en charge locale » commente Patrick SENIA, directeur du programme en Haïti pour Handicap International « C'est pourquoi nous avons été les premiers à proposer des formations dans le pays. Leur but : former des professionnels haïtiens aux métiers de la réadaptation, pour que des aides-kinésithérapeutes et des orthoprothésistes prennent en charge les patients nécessitant un appareillage ou une adaptation de leur prothèse, notamment pour les enfants en pleine croissance » poursuit-il.

Objectif pour l'ONG dans moins de deux ans et de permettre au pays de compter sur la présence pour la fin 2014 de 70 techniciens en réadaptation et 32 prothésistes nationaux qui contribueront à la prise en charge des personnes handicapées et, plus particulièrement, des personnes amputées. Travailler pour vivre dignement dans un pays où les personnes handicapées ont longtemps été stigmatisées, l'insertion socio-économique est une condition essentielle pour regagner sa place dans la société. Handicap International propose aux plus vulnérables ou à leurs familles une formation et leur fournit un premier stock de denrées, pour qu'ils développent un petit commerce de proximité.

Ainsi comme Manise qui avait 23 ans lors du tremblement de terre. Un drame qui l'a privée d'un bras. Lorsque son mari l'a vue à l'hôpital, il est parti. Elle ne devait jamais le revoir... Une prothèse a permis à cette dernière de mieux s'accepter. Handicap International l'a aussi aidée à apprendre à réaliser toutes ses activités quotidiennes avec un seul bras. Enfin, l'association a soutenu le démarrage de son magasin : gestion de stock, comptabilité, fourniture d'un premier lot de produits... Manise qui peut désormais vivre de façon autonome et conduire chaque jour sa fille à l'école. Au final ce sont ainsi près de 400 familles selon l'ONG qui ont bénéficié de ce projet d'insertion sociale.

Un système de prévention des catastrophes

Se préparer aux catastrophes naturelles à travers notamment la mise en place d'un « Mécanisme de réponse rapide à l'urgence (RRM) ». Handicap International fait face, avec les autorités locales, aux catastrophes qui affectent régulièrement Haïti. L'ONG qui a ainsi apporter son expérience à la Direction de la Protection civile haïtienne, et faire appel à des équipes pré-identifiées pour immédiatement conduire des évaluations et apporter une réponse multisectorielle telle que des bâches, kits d'hygiène, kits de cuisine, eau, hygiène, assainissement, santé, éducation, protection de l'enfance sont autant de moyens à déployer pour répondre aux besoins essentiels suite à une crise. Un dispositif a été activé en septembre et en octobre 2012, lorsque les tempêtes Isaac et Sandy se sont abattues sur Haïti.

La Rédaction

37% des Israéliens estiment que les handicapés mentaux ne devraient pas jouir du droit de vote.

Rédigé le 2 Janvier 2013
President israeliens Shimon Pérès

Une étude inquiétante remise mercredi a Shimon Pérès révèle l'intolérance des Israéliens à l'égard des personnes souffrant de handicaps mentaux. Une preuve que la politique de discrimination de l'État est loin de ne concerner que la couleur de la peau ou encore la religion. Selon Akim, l'association nationale des handicapés mentaux, 50% des Israéliens, préféreraient ne pas connaître de personnes handicapées mentales et 40%s ne voudraient pas les avoir comme voisins.

La ville d’Oran et sa région compte 26.912 personnes handicapées,un non en progression permanente

Rédigé le 31 Décembre 2012
Des non voyant algériens dans la capital a Alger en 2009

Selon une information transmise par Mme Khadidja Bettahar chargée de l'information et de l'orientation de la DAS la division administrative d'Oran aurait délivrées en 2012 au total, 1.775 cartes d'invalidité contre 1.485 en 2011. La responsable estimant à 5.617 le nombre d'handicapés assurés au niveau d'Oran pour un total de 26.912 personnes handicapées qui bénéficient d'une aide sociale (aides et pensions).

Une avancé qui semble selon la chargée de l'information et de l'orientation de la DAS, significative en termes de prise en charge de cette catégorie sociale. Selon la même source, 5.617 personnes ayant la qualité d'handicapés bénéficient d'une allocation forfaitaire de solidarité mensuelle de 4.000 DA, alors que 5.074 bénéficient d'une allocation de solidarité mensuelle de 3.000 DA.

Le reste des personnes handicapées ayant une couverture sociale au niveau de la CNAS dont les malades chroniques, au nombre de 5.054, bénéficient eux aussi d'une indemnité allouée par l'État dans le cadre du soutien social, en plus des personnes âgées (756), des personnes aveugles (1.732) et des familles qui prennent en charge des enfants handicapés au nombre de 1.634, à qui l'État attribue une allocation financière de 3.000 DA, a-t-elle ajouté.

Toujours en termes de prise en charge des catégories sociales vulnérables, le bilan de la direction sociale de la wilaya d'Oran fait état de 348 femmes qui ont bénéficié d'une garantie de la protection sociale en 2012 au niveau des centres d'accueil spécialisés (hospices de vieillards, Diar-Errahma) contre 386 en 2011, a relevé Mme. Bettahar ajoutant que 594 personnes sans domicile fixe (SDF) ont été ramassées durant l'année 2012 dans le cadre des opérations effectuées par les équipes de la DAS.

En ce qui concerne l'insertion professionnelle des handicapés durant l'année 2012, la même source a avancé le chiffre de 20 sourds-muets engagés dans les chantiers de "Blanche Algérie" et 80 autres dans d'autres structures sur 98 demandeurs d'emplois. Par ailleurs, plus de 1.000 emplois ont été créés dans le cadre du dispositif d'aide à l'insertion social et 349 emplois dans le cadre du pré-emploi, a-t-on indiqué dans le communiqué.

La Rédaction

Un homme handicapé débouté par la justice pour discrimination

Rédigé le 28 Décembre 2012
Façade dune salle de cinéma du Pathé a Genève (illustration)

La justice fédérale helvétique vient d'annoncer dans une décision son refus de la reconnaissance pour discrimination pour un homme qui n'avait pu entrer dans une salle de cinéma Pathé. Il n'avait pas pu à cause de cela, voir un film qui ne figurait nulle part ailleurs à l'affiche. Une décision surprenante qui vient violer toutes les conventions internationales signées par la Suisse

Défendu par Intégration Handicap, ce paraplégique avait demandé le paiement d'une indemnité de 5000 francs. Il estimait avoir été victime d'une discrimination en se voyant refuser l'accès à la salle de cinéma. La salle lors du procès s'étant prévalue de directives de sécurité. Les propriétaires relevant que l'accès à la salle, construite et rénovée avant la nouvelle loi sur l'élimination des inégalités frappant les personnes handicapées, passe par un escalier.

L'association dénoncent elle dans un communiqué que « Si la seule crainte des prestataires de service de se voir confrontés à de tels reproches permet de justifier l'exclusion des personnes handicapées, leur participation autonome à la vie en société paraît sérieusement compromise. Car hormis lorsqu'elles se trouvent dans le rez-de-chaussée d'un bâtiment, elles se trouvent quotidiennement dans des lieux desquels, en cas d'incendie, elles ne peuvent que difficilement sortir ».

Un arrêt en appel qui confirme la décision en première instance...

Débouté par la justice genevoise, le cinéphile n'a pas eu plus de chance en dernière instance. Dans un arrêt diffusé jeudi, le Tribunal fédéral, nie toute violation de la loi fédérale sur l'élimination des inégalités frappant les handicapés

« Fondé sur des considérations sécuritaires à tout le moins compréhensibles », le comportement adopté par Pathé à l'égard du paraplégique ne peut pas être tenu pour « particulièrement choquant ». « Il ne dénote ni un manque de tolérance, ni une volonté d'exclusion des personnes handicapées en fauteuil roulant », relève la Haute Cour. Avant d'ajouté dans sa décision que par ailleurs que Pathé leur accorde « un accès libre aux salles de cinéma qu'elle exploite à Genève, dans la mesure où elles sont adaptées aux personnes à mobilité réduite ».

Réagissant à ce jugement, Intégration handicap a estimé que le Tribunal fédéral est « loin de la réalité des personnes en fauteuil roulant ». L'organisation veut examiner l'opportunité d'un éventuel recours à la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg, indique-t-elle dans son communiqué.

Stéphane LAGOUTIÉRE