Départ au FN : à quand le prochain coming-out ? Frédéric Bouscarle, président d’Handi pop’ s’interroge
A moins de douze semaine des élections régionale, voila que certains estime n'être suffisament entendu y comprit au sein de leur partis politique. Un sentiement que à souhaité exprimé Frédéric BOUSCARLE, président d'Handi pop. Après les départs de Sébastien CHENU, fondateur du mouvement Gaylib et de Franck ALLISIO, président des Jeunes Actifs, la famille politique à laquelle j'appartiens doit se poser les bonnes questions afin d'apporter les bonnes réponses. Un travail de réflexion d'autant plus urgent que cette vague de départs pourrait bien s'accentuer. J'en veux pour preuve que j'ai moi-même été contacté par un représentant du Front national il y a quelques jours.
Ce dernier m'a fait deux propositions pour le moins attrayantes. D'une part, de présider le collectif handicap au sein de ce parti et, d'autre part, d'occuper la troisième place sur la liste parisienne pour les prochaine élections régionales.
La stratégie du Front national est désormais connue : recruter parmi la jeune garde des « Républicains » en ciblant prioritairement ceux dont le parcours politique semble voué à la stagnation. S'appuyer sur la frustration de personnalités comme Sébastien Chenu ou Franck Allisio permet à la formation de Marine Le Pen d'élargir son spectre politique, parachevant ainsi la dynamique de normalisation engagée depuis plusieurs années.
Certes, ces départs témoignent d'abord de la fragilité des convictions de certains, prêts à quitter leur formation politique pour un mouvement dont les grandes orientations sont radicalement opposées aux nôtres. Si les commentateurs insistent parfois sur la porosité entre la droite républicaine et le Front national, il n'en demeure pas moins que sur les questions économiques, sociales, sociétales et européennes, les solutions proposées conduiraient notre pays dans l'impasse.
Cependant, au-delà des turpitudes de quelques-uns, la multiplication des ralliements à Marine Le Pen illustre également les dysfonctionnements de notre parti. Les mouvements associés, formés entre 2002 et 2006, sont presque tous en voie de décomposition.
Gaylib, fondé par le transfuge Sébastien Chenu a rejoint l'UDI en 2013 pour protester contre la ligne majoritaire sur la question du mariage pour tous. Franck Allisio, las de ne pas être soutenu par l'actuelle équipe dirigeante à démissionné de la présidence des Jeunes Actifs.
Et moi-même, président fondateur d'Handi pop' depuis 2006, je dois avouer que la place faite à mon mouvement déçoit de nombreux militants en situation de handicap, parmi lesquels je me compte encore. Depuis que Nicolas Sarkozy a été élu à la tête du parti, je n'ai pas été reconduit à mon poste de secrétaire national et pire, le mouvement que je préside a été exclu des instances exécutives.
Il ne s'agit de place ou de poste. Si des considérations carriéristes déterminaient mes choix, j'aurais suivi Sébastien Chenu et Franck Allisio. Il s'agit simplement d'assurer la représentation au sein du parti des 10 % de nos concitoyens qui souffrent de handicap et dont les difficultés sont largement occultées par le gouvernement actuel.
Au regard de la place faite aux mouvements associés – accusés par certains d'être des coquilles vides pour justifier leur mise à l'écart – il n'est pas étonnant que leurs représentants soient débauchés ou au moins approchés par les équipes de Marine Le Pen. Blâmer l'opportunisme de certains ne suffit pas. Il convient d'engager une réflexion sur le fonctionnement des « Républicains », sur le manque d'ouverture dont font preuve certains de ses dirigeants et sur l'ostracisation dont sont frappés les mouvements associés, lesquels ont pourtant fait bloc derrière Nicolas Sarkozy en 2007.
Par Frédéric BOUSCARLE
Président d'Handi pop'
Publication : 17/09/2015
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