Accéder au contenu principal

Le comité d’entente ne comprend pas l’entêtement du gouvernement avec la loi Élan et son recul de l’accessibilité

Sophie, maman d’une adolescente lourdement handicapée crie au scandale après les nouvelles mesures gouvernementales concernant les logements pour handicapés.

Après des mois passés à alerté les ministres sur les effets néfastes d'un quota de logements accessibles et sur le flou quant à la définition d'un logement évolutif, le gouvernement s'entête à vouloir réduire le nombre de logements neufs pour les citoyens en situation de handicap et en perte d'autonomie. Alors que les députés vont adopter le projet de loi ÉLAN ce mardi 12 juin, le Comité d'entente tient à réaffirmer sa ferme opposition à son article 18 et en demande son retrait.Une position exprimée également par plusieurs sénateurs comme le Dominique WATRIN (PC) et les députés de l’opposition Mathilde PANOT (LFI) ou Thibault BAZIN (LR)

Le logement doit rester un droit pour tous…

Le Comité d'entente qui rappelle que le logement « est un droit pour tous. Chacun doit pouvoir avoir le libre choix de son mode de vie ». Qu’il s’agisse de l’article 5 ou de l’article 18 du projet de la loi Élan prévoit que sur 100 logements construits, seulement 10 % seront accessibles demain. Un chiffre qui dans la réalité sera bien inférieur puisqu'en France, seuls 40% des logements construits ont 4 étages au-dessus du rez-de-chaussée seuil qui déclenche l'obligation d'un ascenseur et, le respect de la réglementation accessibilité. Par conséquent, le quota de 10% prévu à l'article 18 du projet de loi ÉLAN s'applique à ces 40% réduisant demain 4% le taux de logements accessibles.

Une situation à laquelle manifestement le gouvernement une fois de plus celui-ci prouve par politique, préféré la rentabilité en pliant aux exigences économiques des promoteurs immobiliers et des architectes qui depuis le vote de la loi de 2005 n’ont eu de cesse de plaindre contre la contrainte liée à l’accessibilité. Une politique qui selon le Comité d’entente prouve également « le peu de considération qu’il porte aux personnes en situation de handicap ».

Un principe de rentabilité mise en avant par les promoteurs, qui n’a aucune raison d’être car « concevoir pour tous, est source d'économie », selon Pierre GROSBOIS, l'un des experts les plus renommés en matière d'accessibilité. Précisant que « La vérité économique est là : ordonner, répéter, simplifier dès la conception dans la perspective de l'accessibilité universelle et d'un usage de confort pour tous se révèle la démarche la moins coûteuse ».

Un recul de l’accessibilité dite universelle

La France qui par le vote de cette loi va non seulement a reculons alors que les délais fixés en matière d’accessibilité avaient été repoussés à 2024 voire 2029. Un gouvernement qui va aussi a l’encontre de ces engagements internationaux après la signature et la ratification de la convention internationale des personnes handicapées. Une convention donc l’article 19 qui précise les citoyens, y compris ceux qui sont en situation de handicap, doivent « avoir la possibilité de choisir, sur la base de l'égalité avec les autres, leur lieu de résidence et où et avec qui ils vont vivre et qu'ils ne soient pas obligés de vivre dans un milieu de vie particulier ».

Un sentiment partagé également par le défenseur des droits, Jacques TOUBON, dans son rapport du 11 mai dernier, explique que « les conditions de mise en accessibilité des immeubles d'habitation et des logements, prévues à l'article 18 du projet de loi ÉLAN, sont de nature à porter atteinte aux droits des personnes handicapées énoncés dans les engagements internationaux ».

Des associations demandent le retrait de l’article 18…

Si les associations reconnaissent avoir été invitées dans le cadre d’une réflexion avec le gouvernement, « elles demeurent néanmoins en total désaccord avec l'article 18 du projet de loi ÉLAN ». Un avis partagé également par le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) qui s’était également prononcé de façon défavorable à plusieurs reprises sur ce texte.

Le handicap qui concerne plus de 12 millions de Françaises dont trois 3 à 4 % de personnes en situation de handicap physique ont été annoncés et promus comme « une priorité du quinquennat » par Emmanuel MACRON lors de la campagne présidentielle. « Est-ce vraiment en réduisant les bases de l'accessibilité universelle et en revenant sur les conventions internationales et les traités européens souscrits que le gouvernement va changer le quotidien des personnes handicapées ? » s’interrogent les 46 associations de ce Comité d’entente. Un comité à l'heure où la loi ÉLAN est soumise au vote final « ne peut accepter un tel recul et demeure en total désaccord avec son article 18 dont il demande le retrait ».

De nombreuses critiques chez les députés

Un texte qui prévoit donc le passage d’un taux d’appartement accessible non plus de 100 % comme cela avait été prévu par la loi de 2005 à 10 % soit 35 000 logements. Le reste devra être considéré comme dit évolutifs. Des logements dont « la plupart pourront évoluer tout au long de la vie via des travaux simples, en cas d'accident ou avec le vieillissement notamment avait précisé le 1er juin dernier devant les députés, le secrétaire d’État en charge du Logement Julien DENORMANDIE.

Une situation totalement farfelue, et que peu de propriétaires accepteront de mettre en œuvre par le cout que pourront représenter ces investissements pour un locataire comme l’aura exprimé lors du débat les députés Mathilde PANOT (LFI) ou Thibault BAZIN (LR) qui ont tous deux demandé la suppression de cet article. Une suppression dont la députée Constance Le GRIP (LR) des Haute Seine à défendu l’amendement. Estimant que le vote de cet article serait « Un signal extrêmement négatif envoyé à toutes les personnes handicapées et aux associations, et loin d’être conforme au vieillissement de la population ». Mais il serait selon précis tel « un renoncement des engagement pris depuis la loi de 2005, des engagement pris par plusieurs gouvernements successifs et président de la République, mais surtout une atteinte a un principe d’égalité et de discrimination ».

Stéphane LAGOUTIÉRE

Catégorie : ACCESSIBILITÉ & TRANSPORT
Publication : 12/06/2018
AccessibilitéParlementSénatAssociationsLogementAssemblée nationaleCollectifs inter-associatifsComité d'ententeLoi ÉlanProjet Loi Élan

Articles en relation

Tisséo améliore l’accessibilité de son réseau de transport en imprimant sa carte pastel en braille

Du 16 au 22 septembre, la Semaine Européenne de la Mobilité est l’occasion d’inviter les habitants de l’agglomération toulousaine à privilégier les modes de transports « durables », notamment les transports en commun, pour se déplacer au quotidien. Des transports ou l’accessibilité a fait de nombreux progrès cette dernière décennie, même si beaucoup reste a faire ! Tisseo qui innove pourtant à cette occasion en présentant une carte d'abonnement en braille sur le réseau de transport destiné au personnes malvoyantes ou aveugles. Une carte disponible à partir d’aujourd’hui 16 septembre.

L’UNADEV et Happymoov : Les non-voyants passent au vert ! avec un service de transport écologique à Lille

L’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels des Hauts-de-France et Happymoov, société de Vélotaxi, s’associent afin de permettre aux personnes déficientes visuelles en perte d’autonomie de se déplacer en toute sécurité. Un système de transport original et à la fois écologique participant ainsi a la fois au développement des transports zéro émission, et de permettre aux personnes ayant des difficultés visuelles de déplacements d’accéder à plus grande autonomie !

L'UNADEV présente Accès-cité : le label et la formation délivrés par le Centre d'Éducation des chiens guides d’aveugles

A l’occasion de la journée mondiale Journée mondiale du chien, le 26 août dernier l'Union nationale des Aveugles et déficients visuels (UNADEV), conscient des problématiques liées à l'accueil des personnes en en situation de handicap visuel et de leurs chiens guides dans les établissements recevant du public ou dans les transports a présenté une nouvelle formation et label réalisée par le Centre Indépendant d'Éducation des chiens guides d’aveugles école partenaire de l'UNADEV, intitulé « Accès-cité » certifiant de l'accessibilité de l'établissement à tous les publics y compris aux publics déficients visuels. Objectif selon l’association faire de la pédagogie sur la déficience visuelle et proposer des solutions simples et concrètes pour une inclusion totale des personnes déficientes visuels dans la cité.

Le braille y comprit pour les usages les plus intimes s’inscrit désormais sur les boites de préservatif

Avec quelque 1,7 million de personnes sont atteintes d'un trouble de la vision dont 207 000 personnes aveugles (sans perception de la lumière) et de malvoyant profond. Ces derniers ont comme nous tous une vie intime. Et comme l’ensemble de la population son aussi celle-ci peut être concernée par la transmission des Infection sexuellement transmissible (IST). Mais comme souvent la sexualité reste un sujet tabou encore plus au sein des population en situation de handicap. Le laboratoire Terpan, fabricant de préservatifs masculins et féminins, annonce le lancement d’un packaging en braille destiné à faciliter l'achat de préservatifs pour les personnes mal ou non-voyantes.

L’EPF-Ecole d’ingénieurs, organise la 4e édition du « Challenge 24h Innov’ Handicap » centré sur l’enfant et l’adulte

Avec le soutien de près de 30 entreprises et institutions partenaires, l’EPF organise les 20 et 21 juin sur ses 3 campus, la 4 ème édition du Challenge « 24h Innov’ Handicap ». A partir du jeudi 20 juin 13h00, près de 400 étudiants de 4ème année de l’EPF travailleront pendant 24 heures sur l’une des 4 thématiques proposées en lien avec le handicap, avec l’aide d’experts de tous secteurs d’entreprises partenaires de l’école. Objectif : proposer les solutions pour faciliter le quotidien des personnes en situation de handicap et sensibiliser les élèves ingénieurs aux enjeux de l’accessibilité pour tous. Une opération qui en 2018 avait vu l'équipe EPF porteuse du projet H'ability à destination des personnes atteintes d'hémiparésie, remporté le prix coup de cœur de la Fondation Sopra Steria. Prix étudiant visant à mettre en avant les projets dans lesquels les technologies du numérique viennent au service de l'Homme ou de l'Environnement.

La ville de Toulouse inaugure la mise en accessibilité de la salle des illustres et du conseil municipal

Le 5 avril dernier à 18h, salle des Illustres, au Capitole, Jean-Luc MOUDENC, Maire de Toulouse, Président de Toulouse Métropole, a inauguré les nouveaux aménagements de mise en accessibilité de l'Hôtel de Ville dans le cadre de l'Agenda d'Accessibilité Programmée (Ad'AP) 2017-2025, en présence de Christophe ALVES, Adjoint en charge du handicap. La ville qui annonce avoir mis en place un budget de 45 M€ pour la période 2014 à 2021. Une inauguration qui confirme selon Jean-Luc MOUDENC et son adjoint au Maire en charge du handicap la volonté de la mise en œuvre de l'accessibilité dans le cadre de la Commission communale Accessibilité. Une volonté dont la présidente de l’association Handi Social31 Odile MAURIN qui se réjouit, mais constate qu’il aura fallu attendre plus deux décennies.