Discrimination contre le handicap, un combat quotidien…comme le prouvent ce maître et son chien-guide
Alors que la campagne de sensibilisation de la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles (FFAC) vient de démarrer le 13 mai (v.article), celle-ci regrette de constater que les problématiques d’accessibilité pour les maîtres et leurs chiens-guides continuent en 2018 ! Une expérience vécue par Emmanuel, ROUCHAUSSEE de Beauvais âgé de 41 ans le 10 mai dernier dans un supermarché, une preuve réelle du fossé qui existe entre les affirmations d’une société et la réalité quotidienne que vivent les personnes en situation de handicap…
Accès refusé à un supermarché
Le 10 mai dernier, Emmanuel ROUCHAUSSEE, résidant à Beauvais âgé de 41 ans décide de faire quelques courses, naturellement il prend son chien-guide. Malvoyant profond, ce jeune labrador Linux qu’il a obtenu en juillet 2017, et devenu indispensable dans ces déplacements quotidiens. Arrivant au supermarché celui-ci se voit refuser l’entrée avec son chien par le vigile lui affirmant « que c’est le règlement ». Une information totalement fausse comme la prévoit la loi du 11 février 2005 modifiée par la loi du 10 juillet 2014. Un comportement qui « met en exergue le manque de considération et d’information de grandes structures sur les lois en matière d’accessibilité » regrette la FNAC.
Un témoignage édifiant…
Emmanuel, va alors tenter, face a agent de sécurité, dont on peut se demander pourquoi ils ne sont pas formés et le manque de sérieux de ces entreprises dont leur compétence serait tout juste bonne pour garder des parkings. Lui affirmant qu’il va tout de même rentrer en lui montrant le papier fourni par l'école de chien-guide, l’agent lui explique que « cela vient de la responsable ». Emmanuel, demande à rencontrer cette dernière qui lui explique « que c'est pour des raisons d'hygiène, cela serait sale que le chien puisse poser sa truffe n'importe ». Une décision qu’elle maintiendra refusant de prendre en compte le fait que son chien a été formé et lui rappelant « que, jusqu'à présent il n’était jamais venu avec un chien ! avant de se raviser ». L’homme refusant tout de faire ces courses.
Joint par téléphone, nous explique la violence morale qu'il a ressentie "surtout quand la responsable a remis en cause mon handicap". De retour à son domicile, il décide de partager sa mésaventure sur
les réseaux sociaux pour lequel il a reçu de nombreux soutiens.
Reste que l’accueil qui lui a été faits à lui et son chien sont justes inadmissibles. Le maître et son chien-guide ne forment qu’un et leur refuser un accès à un lieu public équivalant à la même chose que refuser l’accès à une personne en fauteuil roulant ou avec une canne. Un témoignage qui montre « surtout le caractère insupportable et anormal de cette justification d’un handicap dans une société qui devrait être inclusive et non régressive comme les propos tenus par la responsable du supermarché », insiste la FNAC.
De sanctions judiciaires…
Un établissement qui pourrait être sévèrement condamné comme cela l’a déjà été le cas dans le passé prévoyant même une amende de 3e classe allant de 150 à 450 €. Car comme l’indique la jurisprudence dans une affaire d’une personne aveugle victime d’un accident, le juge des référés du Tribunal de grande instance de Lille, le 23 mars 1999, a considéré le chien-guide qui accompagnait son maître comme « une prothèse vivante au service de la personne non voyante ». Un service clientèle de Lidl France qui selon Emmanuel ROUCHAUSSEE, lui réitéré toutes ses excuses, en lui promettant « que tout le nécessaire avait déjà été effectué auprès des salariés » et lui proposant la somme de 30 € a titre de dédommagement qu’il avait refusé les invitant a faire un don pour l’association. Décidément, heureusement que le réticule ne tue pas !!!
Partout où̀ le public a accès, le chien-guide a accès !
Paul CHARLES, président de la Fédération Française des Chiens guides d’aveugles, rappel et insiste sur le fait que « Le chien guide permet une vie sociale plus harmonieuse ». Il convient de le rappeler, la loi autorise les chiens-guides accompagnés de leurs maîtres à accéder sans exception, sans muselière et sans surcout, dans tous les lieux ouverts aux publics, transports, commerces, cinémas, restaurants, hôtels. « Ils forment avec leur maître, une équipe : partout où̀ le public a accès, le chien-guide a accès ! Le chien-guide est le summum du chien d’aide à la personne. Si vous croisez un chien-guide, dites-vous que vous croisez un animal exceptionnel. Ce compagnon hors pair remplit son rôle, oriente, dirige et accompagne son maître dans toutes les situations et ce malgré les obstacles » conclut le président.
Stéphane LAGOUTIÉRE
Publication : 16/05/2018
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