Arthur : Un jeune homme jeté comme un malpropre lui et son chien-guide hors d’un magasin Monoprix à Marseille
Alors qu’a lieu que devait avoir aujourd’hui le 2e Comité interministériel du handicap et que le gouvernement a annoncé son report à une date ultérieure. L’expérience du jeune Arthur AUMOITE montre combien notre société et loin d’avoir pris fait et cause pour l’inclusivité de tous. Elle met aussi en avant le manque d’entrain de ce gouvernement et de sa secrétaire d’État sur des sujets aussi importants que la discrimination. Alors que celle-ci avait promis de rencontrer les enseignes de supermarché à la rentrée pour faire respecter la loi pour les chiens guide ou d’assistance.
Des cas qui se multiplient…
Comme celui d'Arnaud a Bordeaux, ou de Kévin à Toulouse. Des cas qui ne cessent de se multiplier comme celui désormais qui s’ajoutent à la liste de celle-ci vécut le 21 septembre dernier par le jeune Arthur AUMOITE, dans un Monoprix de la Blancarde à Marseille. Une expulsion qui au-delà de la discrimination pour laquelle ce dernier est particulièrement choqué et qui a basculé dans la violence, « J'ai été violemment viré par le directeur du magasin et un agent de sécurité, ignorants complètement la loi ». Un directeur qui avec un immense mépris, le gérant du Monoprix, a préféré l'ignorer la copie du texte de loi qu'Arthur a toujours pris soin d’avoir sur lui, au cas où, et qu’il aurait tenté de lui montrer.
Un cas de plus qui serait peut-être totalement passé inaperçu si par malheur pour ces gens, la technologie permet désormais de filmer en direct leurs comportements. Et pour lequel cet homme qui décidait de porter plainte vient de mettre le 8 octobre la vidéo filmée par un ami, sur les réseaux sociaux.
Les « excuses ne suffisent pas »…
C’est le cas de l’expérience vécu par Kévin FERMINE à Toulouse, comme il nous le reconte dans notre émission Face à Face sur notre chaîne Inclusion.TVFM et qui lui est accompagné d’un chien-guide d’assistance. Victime de ce type de discrimination dans le Carrefour Express de Rangueil.
Des entreprises qui ont pour seul comportement, celle des excuses, oui des excuses, mais aujourd’hui celles-ci suffisent plus, car jamais suivirent des promesses « d'une meilleure sensibilisation des gérants de leurs magasins ». Le
groupe Monoprix qui dans un Tweet annonce « être désolé pour cet incident, tout comme le directeur du magasin qui a revu le jeune homme l'après-midi même pour s'excuser. Si, pour des raisons sanitaires, les animaux ne sont pas acceptés dans nos magasins, les guides d'aveugles font évidemment exception ».
L'enseigne qui affirme que des sanctions vont être prises à l'encontre du directeur incriminé. Un minimum selon Joel DEVAUX pour lequel « les excuses ne suffisent pas et n'effacent en rien le mal fait. Ce directeur doit être viré, avec interdiction d'exercer des fonctions dans toute surface de vente. Et bien sûr avoir une amende à hauteur de la faute commise est un minimum. Des condamnations malheureusement, pour lesquelles aucune n’a jamais abouti alors pourtant la loi, prévoient une amende..
Dans l’attente d’une convocation…
Comment comprendre ces situations qui ne cessent de produire alors que du 30 juillet 1987 et son article 88 modifié en octobre 2016 date de plus de 30 ans, autorisent les chiens guide d’aveugle et les chiens d’assistance à entrer dans tous les lieux publics y compris à l’hôpital sous certaines conditions. Les grands distributeurs seraient-ils sourds eux-mêmes ? La secrétaire d’État Sophie CLUZEL qui, pourtant il y a quelques semaines, avait elle-même promis dans un twitte « dès la rentrée », de réunir dirigeants et syndicats de la grande distribution afin de procéder a rappel de la loi.
La secretaire d'Etat qui a neamoins publiquement réagi dans un twitte «Tolérance zéro pour les humiliations répétées pour les personnes handicapées. Droit à faire ces courses avec son chien d’assistance ou son chien-guide et ceux partout Monoprix reconnaît ses torts mais stop à ces discriminations répétées ds plusieurs commerces transports...». Reste maintenant à savoir si elle sera encore demain a son poste pour enfin recevoir les responsables des magasins, peut-être ne vaudrait-il mieux que cela ne soit pas le cas !
Lutté contre les discriminations…
Arthur AUMOITE, qui dit lui regretter que « Malgré cette loi, je suis quotidiennement dévisagé, contrôlé et parfois on me refuse l'accès, spécifiquement dans les taxis, VTC et commerces alimentaires », explique Arthur. Il dit espérer que cette vidéo « contribuera à faire cesser les discriminations » pour tous les malvoyants et leurs chiens-guides ».
Une vidéo accompagnée d’un texte et que nous retranscrivons pour les personnes déficientes visuelles. Je m'appelle Arthur, j'ai 25 ans et je suis malvoyant. Loya, mon chien-guide, m'aide dans tous mes déplacements, en train, en avion, à l'hôpital, pour aller travailler, ou simplement pour aller faire des courses... voici ce qui nous est arrivé, vendredi 21 septembre, au Monoprix de la Blancarde, à Marseille.
La loi française impose depuis plus de 30 ans que les chiens-guides puissent accompagner les personnes malvoyantes partout. Malheureusement, encore aujourd'hui, ce type d'incident n'est pas un cas isolé. Loya me donne tellement de joie et d'autonomie, que, jamais je ne changerais pour une canne blanche. Ensemble, faisons plutôt en sorte que ces comportements changent. Aidez-nous à faire connaître la loi. Stop à la discrimination.
Stéphane LAGOUTIERE
Publication : 09/10/2018
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