Le REX JURIS HANDI : Un cercle de juristes s’engage pour le handicap
En ce début d’année 2019, s’est constitué le REX JURIS HANDI, composé d’avocats, de juristes d’entreprise, d’étudiants en droit, et de représentants du handicap. Les membres de ce groupe de travail, handicapés ou non, se sont réunis pour la première fois en janvier dernier pour se pencher sur la problématique du handicap et de l’inclusion. Il serait en effet temps de réaliser que "l’autre", par sa différence et son expérience, porte en lui son lot de richesses, de savoir et de savoir-faire utiles, parfois même indispensables.
Un mouvement issu d’un constat des personnes handicapées…
Aujourd’hui le constat est très simple. Pendant que la vie des personnes handicapées s’est fortement améliorée dans certains pays (Royaumes-Unis, Pays du Nord de l’Europe et Etats-Unis), en France les dirigeants semblent encore se demander par quel bout prendre cette problématique. Pourtant il faudrait agir et vite, car la situation stagne, gangrène et se détériore. Les mesurettes d’appoint étant totalement inefficaces, il faudrait changer notre fusil d’épaule pour recréer de l’inclusion, de l’accessibilité... Oui, mais comment faire ?
Depuis peu, certains ont réalisé qu’il était fondamental de se creuser les méninges pour trouver des solutions, tandis que d’autres depuis des années, estiment que le système nécessite une complète refonte. On est sûr d'une chose cependant, ce fonctionnement boiteux est bien ancré et de nombreux freins s’opposent au changement.
Alors pourquoi ne pas essayer d’agir de l’intérieur ? Pourquoi ne pas tenter de faire évoluer les lois qui nous gouvernent, en repérant par exemples, celles bien trop générales qui créent de l’injustice, celles qui sont encore obsolètes, inadéquates ou trop floues ?
Les membres du REX JURIS HANDI, qui sont-ils ?
Qui mieux que des juristes sensibilisés au handicap, voire handicapés eux-mêmes, pourraient se pencher sur ces questions ? Le RJH se donne cette vocation et veut être une force de proposition. Ce mouvement est né de l’union de Respect Zone, de l’AFJE et du collectif Droit comme un H.
À l’origine, Respect Zone lutte contre la violence sur Internet et sur les réseaux sociaux. En 2017, elle a développé une Charte sur le Respect de la Personne Handicapée composée et co-fondée par Véronique CHAPUIS-THUAULT (directrice juridique) et Sébastien JOACHIM (Ambassadeur pour le Respect de la Personne Handicapée).
Le collectif Droit comme un H, a pour mission de favoriser l’accès des étudiants handicapés aux métiers du droit. Ce collectif a été fondé par Stéphane BALLER, avocat et professeur de droit à l’université Paris II Panthéon ASSAS.
Quant à l’AFJE, elle est la première organisation professionnelle des juristes d’entreprise en France. Sa mission phare depuis 50 ans est de promouvoir la profession de juriste d'entreprise. Dans le cadre de sa politique de diversité, elle participe à ce projet porteur sur le handicap.
Pour rejoindre ce cercle, les juristes et étudiants en droit voulant se mobiliser sur la question sont invités à proposer leur candidature à Sébastien Joachim via l’adresse mail suivante :
Mais comment ce cercle a t-il vu le jour ? La création du volet Handi au coeur de Respect Zone
Respect Zone a été créée par Philippe COEN (directeur juridique) pour lutter contre les violences sur internet. Elle offre un label positif, transfrontière, intergénérationnel pour afficher le respect et améliorer le climat des échanges sur la toile et par extension dans les lieux de vie (écoles, communes…). Elle propose différents outils pédagogiques de lutte contre le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, l’homophobie, l’apologie du terrorisme, le harcèlement et la stigmatisation des handicaps.
Chemin faisant, son socle, la Charte RZ, a été complétée par un module HANDI (Respect Zone Handi), créé par Véronique CHAPUIS-THUAULT et Sébastien JOACHIM, abordant le thème du Respect de la Personne Handicapée, action qui a fait éclore un pôle handicap au sein de RZ.
Pour eux, respecter la personne handicapée, c’est développer avec elle les moyens, entre autres numériques. qui permettront de l’inclure dans la société. Elle pourra ainsi bénéficier de ses droits légitimes et accèder à tout, comme Monsieur et Madame Toutlemonde. Ainsi, si les portes sont closes et l’accessibilité n’est pas mise en place, il est nécessaire que les personnes handicapées et sensibilisées s’associent pour trouver des fenêtres d’accès.
Internet est l’une de ces ouvertures. Ses possibilités illimitées ont concrètement permis aux personnes handicapées d’avoir une lucarne sur le monde. Alors dans cette optique, il serait bon de l’élargir, de l'aménager pour la rendre pérenne.
C’est à la suite d’une réflexion sur cet axe élaborée à partir de l’expérience et du vécu de leur Ambassadeur Respect Zone Handi (Sébastien JOACHIM), que l’équipe s’est rapprochée du cabinet de la Secrétaire d’État, dédiée au Handicap, Sophie CLUZEL, par le biais de Boris STOYKOV (directeur juridique), sous la forme d’une note de position, rédigée par Anne-Charlotte GROS (directrice générale). Ce courrier a ensuite été remis entre les mains des membres de son cabinet...
Nos propositions pour Sophie CLUZEL… L'accessibilité numérique : un besoin urgent pour les personnes handicapées
Malgré de nombreux discours sur l’inclusion et l’intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées, les politiques publiques mises en place ces dernières années sont insuffisantes en matière d'accessibilité numérique.
L’enjeu est double car il concerne non seulement les personnes handicapées mais également les personnes âgées qui développent des handicaps.
Or, Internet est un outil primordial d’intégration et d’autonomie (...), car il permet à ces personnes d’avoir un accès à l’information, de réaliser des démarches administratives et d’entretenir des contacts avec la société.
Pour les personnes handicapées actives, le numérique permet de développer un réseau professionnel, de travailler à distance et de se former, de développer des compétences, de nouveaux métiers ou services. Pour les personnes âgées, le numérique permet de conserver un lien avec la société et limite les effets de l’exclusion liés à l’âge.
L’utilisation du numérique et d’Internet peut être fait par ces personnes seules en autonomie, à condition que les outils numériques et les sites soient accessibles.
L’accessibilité numérique généralisée permettrait de contourner de nombreuses barrières existantes entre le monde inaccessible du fait du handicap et les personnes handicapées (...)."
Si l’accessibilité numérique était organisée et davantage développée cela permettrait aux personnes handicapées d’acquérir plus d’autonomie, de s’inclure elles-mêmes dans la société française, de rester en contact avec le monde, l’information, de mieux développer des relations sociales de tout type, de trouver et d’exercer un travail à distance en évitant les contraintes qui font peur aux entreprises (dépenses supplémentaires liées à l'aménagement de poste, à l'absentéisme, à l'aménagement des locaux et aux difficultés de transport).
"Cette accessibilité n'est toutefois concevable que si les personnes handicapées peuvent avoir une vie digne, ce qui nécessite le traitement de nombreuses questions juridiques.", complète Véronique CHAPUIS-THUAULT.
Seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin. C’est là, toute la promesse portée par ce cercle des juristes handi. Souhaitons longue vie et réussite à cette initiative !
Par Sébastien JOACHIM
Publication : 06/03/2019
Adhérez à l'association
Articles en relation
Lettre ouverte au maire et à son adjointe chargée des affaires sociales de Tréguier dans les Côtes-d’Armor
Ecrite par Marie STEGNER, celle-ci s’adresse au maire de Tréguier Guirec ARHANT et à son adjointe chargée des affaires sociales situé dans les Côtes-d'Armor. Dénonçant l’absence de dialogue réel avec la mairie, le manque de considération pour les personnes précaires. Mais surtout la suppression de sa domiciliation au CCAS sans préavis, en dépit de ses droits et de sa situation stable à Tréguier depuis huit ans.
Tribune, Lettre et Pétition revendiquant « l'amélioration de l'accès aux soins de santé mentale »
Après la Tribune le Dr Bruno FALISSARD, spécialiste de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, à l’INSERM réagissant sur l’intention du Premier ministre de faire de la santé mentale la grande cause nationale de 2025. Une question abordée a nouveau par la députée Anne-Cécile VIOLLAND, députée Horizons de Haute-Savoie le 2 octobre dernier. Un sujet critique tant il vrai avec la progression des dépressions depuis 2005, quelque soient la tranche d’âge. Situation qui n’a pas était améliorer face la diminutions permanente du nombre de lit en psychiatrie et de personnel.
Cancers pédiatriques : l’Association rassemble plusieurs centaines de parlementaires et professionnels de santé
Chaque année en France, plus de 2 500 enfants sont diagnostiqués d'un cancer et 500 en décèderont, soit l'équivalent de 20 classes d'école. Face à cette réalité, Eva pour la vie et la Fédération Grandir Sans Cancer, ont publié la tribune « Mobilisons-nous jusqu’au bout pour soigner les cancers pédiatriques ! » rédigée par Eva pour la vie & la Fédération Grandir Sans Cancer. Objectif sensibilise les pouvoirs publics à la nécessiter de porter le fonds dédié à la recherche sur les cancers de l'enfant de 5 à 25 M€/an, afin d'y inclure la recherche clinique. De plus, les cosignataires demandent la création d'un fonds d’investissement visant à permettre le développement de startups du médicament pédiatrique, ou d'un établissement public du médicament, en priorisant les cancers et les pathologies de mauvais pronostic chez l'enfant.
L’appel des soignants aux députés : « Protégez les personnes les plus vulnérables et les valeurs du soin ! »
Après l’étude et le vote en commission, l’Assemblée nationale étudie actuellement le projet de loi sur la fin de vie débute ce lundi. Un monde médical dont plusieurs organisations de soignants appellent les à entendre leur voix, et à ne pas adopter un texte qui, en l’état, bouleverserait en profondeur la pratique médicale. Ce projet de loi s'inscrit dans un contexte où plusieurs pays occidentaux ont déjà légiféré sur des questions similaires, reconnaissant le droit à l'euthanasie ou au suicide assisté sous certaines conditions strictes. La proposition de loi envisage notamment la création de maisons d'accompagnement pour les personnes en fin de vie et propose une aide à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie incurable avec un pronostic vital engagé, tout en encadrant strictement l'utilisation de produits létaux.
Exigeons plus de moyens pour lutter contre l'endométriose ! lance la présidente de l’association EndoAction
Maladie gynécologique, l’endométriose est une maladie inflammatoire qui affecte aujourd’hui en France environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit plus de deux millions de personnes. Depuis février 2022, la France dispose d'une stratégie nationale de lutte contre l'endométriose, qui vise à améliorer le dépistage, l'orientation et le traitement des femmes concernées, à renforcer leur information et la formation des professionnels de santé, et à développer la recherche sur cette pathologie. Une stratégie qui selon la présidente de l’association EndoAction Myriam POULAIN, qui n’a pas permis d’améliorer sa prise en charge, raison de cette pétition qui atteint aujourd’hui de plus 18 000 signatures.
Sécurité Sociale : Ce que veut dire le budget de la Sécu 2020
Les mesures prises pour éteindre le mouvement des « gilets jaunes » ont précipité la Sécurité sociale dans le déficit, regrette l'économiste Frédéric BIZARD. C'est une lourde responsabilité pour l'État, qui déprécie de fait la qualité de la protection sociale des classes moyennes, comme c'est le cas pour les pensions, la santé et la politique familiale. Faire parler un budget est une mission périlleuse. En 2016 et en 2018, deux gouvernements différents annonçaient prématurément un moment historique pour l'année suivante avec une Sécu à l'équilibre. Cette communication politique d'affichage cache pourtant l'essentiel : l'évolution du modèle social et la pertinence des choix budgétaires sur la qualité de vie des citoyens.
