Anne RISSEL : Mon combat pour trouver un emploi et ne pas me retrouver à la rue et retrouver ma dignité...
Anne mobilise l'opinion autour d'une loi injuste la plongeant dans la précarité. Anne est déficiente visuelle depuis l'enfance. Aujourd'hui adulte, elle fait face à des soucis indirectement liés à sa condition et se retrouve prise à la gorge par une loi qui mène actuellement sa vie au désastre. Dans cette tribune libre, elle ne demande pas à ce qu'on retire l'impôt sur les grandes fortunes, bien loin de là. Elle demande à pouvoir cumuler deux petits pécules qui représentent ses seules ressources : l'AAH et l'ASS pour les personnes ayant épuisé en intégralité leurs allocations chômage. Elle souhaite s'exprimer sur ce sujet et tenter de mobiliser d'autres personnes handicapées à qui on retire ce droit au cumul.
Or une loi de janvier 2017, l'ASS (allocation de solidarité spécifique) lui est supprimé soit environ 500 € pour les personnes éligibles à l'AAH (allocation adulte handicapé de 860 €), les faisant passer sous le seuil de pauvreté avec de lourdes difficultés financières.
Une injustice et un combat retrouver un emploi…
« Je m'appelle Anne, j'ai 48 ans et je suis déficiente visuelle à cause d'une cataracte congénitale bilatérale. J'ai une vision monoculaire due à la section de l'un de mes nerfs optiques résultat d'une erreur médicale. Et cette vue a ensuite été fortement dégradée par une kératite herpétique et un glaucome. Celui-ci finira par me conduire inévitablement vers la cécité. J'ai pu malgré tout cela accomplir un parcours professionnel riche, occupant différents postes : d'aide soignante à assistante bancaire, en passant par télé conseillère. Lors de ma dernière expérience professionnel - auxiliaire de vie scolaire en 2016 - j'ai été amenée à porter Antoine, un enfant atteint d'autisme et depuis je souffre de lombalgies chroniques extrêmement douloureuses. Elles sont le résultat d'une spondylolisthésis de grade 2 confirmée par les médecins.
À ce jour, je ne peux guère porter plus que l'équivalent d'une brique de lait, m'empêchant de faire mes courses et aggravant mes difficultés de recherche d’emploi. Je relève en effet désormais d'une orientation vers un ESAT (établissement et service d'aide par le travail). À ces problèmes de santé importants ayant de lourdes conséquences sur mon existence, se greffent également des problèmes financiers. Je touche une allocation adulte handicapé. Mais depuis une loi du 1er janvier 2017, je ne perçois plus l'allocation de solidarité spécifique. Pourtant j'y ai encore doit pendant 8 ans ! Cependant, comme mon dossier a été traité après le 1er janvier 2017, on me dit que je ne peux plus y prétendre.
Je conteste cette loi, car je n'ai aucun moyen de rebondir professionnellement. Aucune place n'est actuellement disponible dans l’ESAT dont je dépends, pas même pour un stage et ce malgré de nombreuses relances ! Conséquence de cette suppression de droit au cumul AAH et ASS et de cette impossibilité d’embauche : une perte sèche de 350 euros de revenu mensuel. Ce qui me pousse à me demander comment je vais pouvoir continuer à aider mon fils de 20 ans, Allan, étudiant en BTS MUC. Il dépendant encore de moi financièrement.
Qui plus est, je vais bientôt me retrouver à la rue ! Je suis propriétaire d'un bien immobilier, mais ne parvenant ni à le vendre ni à le louer, je vais devoir y renoncer. Il sera saisi, car je ne parviens plus à payer les charges.
Je ne suis pas responsable de mes capacités limitées empêchant mon embauche, ni de cette crise immobilière profonde que nous subissons. Et plus que tout cela, je trouve cette loi du 1er janvier 2017 est profondément injuste ! À cause de cela, je vais perdre tout ce que j'ai mis tant d'années à construire. À Pôle Emploi, on m’a dit qu’il me fallait intégrer mon nouveau statut de pauvre !
Me battre pour faire reconnaitre mes droits…
Alors j’ai décidé de ne pas me laisser faire et ai pris l’initiative de me rapprocher de l'Association SJKB qui m’a proposé de témoigner. Je tiens à ce que mes propos fassent office d'alerte et j'invite toutes les personnes dans la même situation que moi à venir me rejoindre dans ma démarche revendicative, .notre solidarité sera notre force !
J'ai également pris contact avec Samuel DUCASSE-REISS, attaché parlementaire du Député de Gironde Alain DAVID. Le premier m’ayant proposé d’appuyer un courrier écrit de ma main et adressé à Sophie CLUZEL. Le but est de convaincre et de pousser ce groupe parlementaire à débattre de l'injustice de cette loi pour l'abroger, car elle plonge de nombreuses personnes handicapées dans la misère et c'est inacceptable !
Il faut savoir que ceux qui pouvaient bénéficier du cumul ASS-AAH avant le 1er janvier 2017 ont été maintenus dans leurs droits. Il faut que cela soit valable pour TOUS, car les conséquences sont désastreuses étant donné qu’il est difficile de rebondir professionnellement. Contactez-moi à l'adresse mail suivante
Par Anne RISSEL
Publication : 14/05/2019
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