Une famille écarteler sur la fin de vie de Vincent LAMBERT, face des parents opposer a cette décision
Dans le coma depuis son accident de moto, il y a cinq ans et depuis dans un état végétatif hospitalisé au CHU de Reims. Âgé de 37 ans cet homme ne peut plus bouger, parler ou s'alimenter vient de voir son alimentation et l'hydratation rétablies le 11 mai à la demande du juge des référés du tribunal administratif a révélé mercredi 15 mai l'Observatoire national de la fin de vie. Une affaire qui avait en effet débuté le 10 avril lorsque le corps médical du CHU de Reims avait décidé de les retirer, en accord avec l'épouse du patient et une partie de la famille du patient, la poursuite des soins ayant été considéré par les médecins une « obstination déraisonnable ».
Si la juge ne remet pas en cause le fond de la décision, mais le fait « qu'elle n'ait pas été discutée avec l'ensemble des membres de la famille » explique l'observatoire national de la fin de vie. Situation que reconnaît l'équipe médicale ajoutant que pour lui la décision reste la bonne, mais que la loi du 22 avril 2005, dite loi Leonetti, est encore très floue.
En effet celle-ci établit que la décision de cessation d'un traitement ne peut être prise sans avoir respecté une procédure collégiale, définie par le code de déontologie médical. La famille doit aussi être consultée. Le cas échéant sera pris en compte l'avis d'un proche du patient ou bien ses directives anticipées. Quel avis privilégier dans une famille : celui de l'épouse ou des parents ? Que faire en cas d'absence de directives anticipées ou de personne de confiance ? Pour les médecins, la loi doit encore apporter des précisions.
L'arrêt de l'alimentation une pratique devenue courante !
Interrogé par Laurent Bazin sur RTL, le docteur Vincent Morel, président de la Société française d'accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP), explique que la décision d'interrompre l'alimentation et l'hydratation des gens dans le coma est une « pratique devenue courant en France ». Avant d'ajouter « Autrement, cela signifierait qu'on maintiendrait les personnes dans une vie dans laquelle elles n'ont plus de relation. On serait dans l'acharnement thérapeutique, une situation à laquelle les Français sont opposés », note-t-il.
Une vision confirmée par le député des alpes-martimes et auteur de la loi Jean Leonnetti pour lequel « Une fois de plus, on constate que, lorsqu'il n'existe pas de directives anticipées et qu'aucune personne de confiance n'a été désignée comme la loi le préconise, le processus décisionnel est rendu plus difficile », affirme le député dans un communiqué et d'ajouter que le « C'est par le dialogue et dans la recherche d'un consensus plus que dans la précision de dispositions législatives ou réglementaires supplémentaire que les décisions de suspendre les traitements jugés inutiles ou disproportionnés ou n'ayant d'autre but que le maintien artificiel de la vie doivent être prises », assure Jean Leonetti.
Une famille écartelait dans les convictions religieuses.
Un drame familial qui démontre encore combien notre société est loin d'avoir encore accepté ces pratiques devenues courantes, et réalisées en parfait accord avec la loi. Ainsi une fois de plus loi et conviction religieuse ne sont pas faciles concilier, reste
que le CHU de Reims a respecté la décision du juge du tribunal administratif, dans l'attente d'une décision de la cour d'appel demandé par l'épouse et six frères et sœurs du patient. « Le consensus ne pourra jamais être obtenu [...] Il faut vraiment se recentrer sur la volonté de mon frère de partir, qui est pour l'instant piétinée par quatre membres de la famille qui ont des convictions très tranchées, religieuses et idéologiques », a déclaré une des sœurs du patient. Face a elle une mère qui affirme sa foi « Je suis catholique pratiquante, mais je suis mère avant tout et je n'ai pas besoin de convictions religieuses pour porter secours à mon fils »
Stéphane LAGOUTIERE
Publication : 16/05/2013
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