Décès suspect d’un jeune handicapé retrouvé carbonisé, la partie civile conteste la these du procureur
Près d'un mois après le décès de Jonathan âgé de 26 ans, le 8 août dernier, souffrant d'un handicap physique et mental, l'enquête ouverte au lendemain de sa mort, dans un minibus là où il résidait au foyer Louise-Marie au SAP situé dans l'orne, n'a toujours pas permis de réellement apporter des réponses qu’attend sa mère Augustine Ngo Koumba.
Une plainte pour homicide involontaire…
Une enquête de police qui se poursuit actuellement à la demande procureur, Hugues de Phily, et suite à la plainte déposée par la mère de Jonathan et son avocat Me Innocent Fenzé. Une plainte déposée avec comme pour qualificatif la non-assistance à personne en danger, mais aussi pour homicide involontaire. Un qualificatif ajouté selon l'avocat à la plainte, car, « je pense qu'il y a dans cette affaire, des manquements graves de la part du foyer dans son obligation d'assurer la sécurité de ses pensionnaires, à savoir des personnes lourdement handicapées explique Me Innoncent FENZE.
De nombreuses questions toujours sans réponses
Un drame qui a eu lieu vers 13 h 30 selon les premiers éléments de l'enquête le véhicule aurait alors pris feu au moment où tout le personnel de l'établissement et les résidents se trouvaient à table. Une absence de Jonathan au réfectoire que justifiera la direction selon laquelle après une promenade en groupe et après avoir remonté dans sa chambre, Jonathan aurait refusé de prendre alors son déjeuner.
Reste que de nombreuses questions demeurant aujourd'hui sans réponse incidence que qui Me Innoncent FENZE se refuse à comprendre. On peut en effet ainsi s'interroger sur la présence et la mort de Jonathan dans ce minibus qui appartenait au foyer ? L'incendie dans lequel le garçon a péri est-il criminel ? Ou accidentel ? L'absence de justification de la part de l'établissement en rapport à son obligation de surveillance ? De nombreuses interrogations pour sa mère, qui élève seule ses autres enfants dans un petit appartement de la banlieue parisienne, à colombes dans les Hauts-de-Seine et qui refuse la thèse de l'accident ou du suicide.
Une mère qui au lendemain de la mort de son fils avait déclaré ne pas comprendre comment son fils est pu se retrouver carbonisé dans ce minibus. « Mon fils est handicapé, il n'est pas autonome, il y a des Touaregs qui ne bougent pas. Il ne peut même pas ouvrir une porte. Comment a-t-il fait pour monter dans le minibus ? Il ne pouvait pas monter tout seul ». Une mère qui avait d'ailleurs récemment décidé de transférer son fils vers un autre foyer d'hébergement spécialisé, après avoir découvert des traces de brûlures de cigarettes sur ses bras.
Une défaillance, « alors comment il a pu entrer... »
Alors que du côté de l'établissement le silence reste total, la directrice de l'établissement, qui nous a refusé tout entretien par téléphone, comme elle le fait avec la mère de Jonathan, refusant de répondre estimant que l'enquête est en cours.
L'enquête dont l'autopsie pratiquée à l'institut médico-légal de Caen le 9 août dernier sur le corps de Jonathan aurait démontré selon le procureur Hugues de PHILY, celui-ci serait mort par « suffocation (…) après "l'ingestion de monoxyde de carbone émis par la fumée ». Et d’ajouté que "ce serait une défaillance électrique ou électronique (du véhicule) qui aurait provoqué l'incendie".
Une telle défaillance que rejette aujourd'hui totalement, Me Innoncent FENZE, qui nous a confié aujourd'hui par téléphone avoir écrit au procureur de la République estimant…que « Jonathan avait un handicap lourd avec un taux d'incapacité de 80%. Pour entrer dans un véhicule, il avait besoin de l'aide. On se demande alors comment il a pu entrer dans ce véhicule incendié et qui lui aurait donné, les clés pour y entrer et dans quel but ? » Explique celui-ci qui revenant sur la thèse de la défaillance électrique, il affirme alors qu'« Un incendie provoqué serait parti partirait du moteur et ne s'enflammerait pas dans la seconde. Il faut du temps pour que le véhicule soit carbonisé. Et pourquoi Jonathan ne serait-il pas ressorti du véhicule en voyant la fumée ou le feu s'il y était entré tout seul selon ce qui est dit » conclut l'avocat de la famille.
Une décision du procureur attendu…
Ceci devrait effacer ça celle-ci devra intervenir dans les prochaines semaines, le procureur de la République disposant des quelques éléments évoqués, il attend désormais les conclusions de l'enquête de police en cours pour viser l'infraction et transmettre le dossier à un juge d'instruction. Un juge qui devra apporter des éclaircissements sur les circonstances exactes. Une décision importante qui permettra à la famille de Jonathan et à sa mère de comprendre comment et qui est responsable de ce drame humain.
Stéphane LAGOUTIÉRE
Publication : 04/09/2014
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