Nouveaux rebondissements judiciaires dans l'affaire LAMBERT
Après la suspension de la procédure collégiale sur l'arrêt des soins de Vincent LAMBERT par des médecins à la recherche d'un illusoire consensus familial, le sort du patient en état végétatif irréversible devrait revenir une énième fois dans les mains de la justice. La justice n'en a pas encore fini avec l'affaire LAMBERT. Alors que le CHU de Reims n'a pas donné suite concernant l'arrêt des soins de Vincent LAMBERT, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne devrait être saisi début août de la demande de transfert vers un autre établissement émise par les avocats des parents de ce dernier.
« Compte tenu des menaces et des pressions qui pèsent sur le personnel médical et sur Vincent, le docteur Daniela SIMON (le médecin en charge du patient) nous a expliqué que la décision ne pouvait plus être médicale mais relevait maintenant du judiciaire », raconte le neveu de Vincent, François LAMBERT.
L'équipe médicale aurait signifié son intention de sisir le procureur de la République de Reims
L'équipe médicale aurait alors signifié son intention de saisir le procureur de la République « pour mettre Vincent sous protection globale et déterminer un référent qui pourrait le représenter légalement ». A ce jour, le parquet n'a reçu aucun courrier en ce sens, selon Hélène MORTON, vice-procureur de Reims.
« A partir du moment où le procureur est informé d'une situation qui met en avant la fragilité de quelqu'un dont les facultés mentales ou physiques sont amoindries, il peut saisir le juge des tutelles d'une mesure de protection », explique la magistrate.
Autour du lit médicalisé de Vincent, deux camps s'opposent
« Si l'esprit de la loi est de favoriser la nomination d'un représentant dans la famille, dans ce contexte conflictuel les choses risquent de se compliquer », souligne la vice-procureur.
« Les conditions d'un échange serein doivent absolument être rétablies dans l'intérêt de Vincent LAMBERT et de son accompagnement », avait pour sa part plaidé le CHU de Reims.
Autour du lit médicalisé de Vincent, deux camps irréductibles s'affrontent par tribunaux et médias interposés depuis le printemps 2013, date de la première décision médicale de stopper la nutrition et l'hydratation artificielles de l'ancien infirmier psychiatrique de 38 ans.
La cruelle agonie de Vincent
Son épouse Rachel et la plupart de ses frères et soeurs souhaitent « laisser partir » Vincent qui selon eux, était opposé à tout acharnement thérapeutique et n'aurait jamais voulu être maintenu artificiellement en vie.
Mais ses parents, des catholiques proches des milieux intégristes, martèlent qu'il n'est « pas en fin de vie » et multiplient les recours pour empêcher un arrêt des traitements, jusqu'à porter plainte contre le docteur SIMON, et son prédécesseur Eric KARIGER pour « tentative d'assassinat et maltraitance ».
Gérard CHEMLA : « La décision d'arrêt des soins est médicale et doit rester à la médecine »
« Le Conseil d'Etat et la Cour européenne ont déjà tout dit sur l'état de Vincent et l'obstination déraisonnable à vouloir le maintenir en vie. La nomination d'un tuteur, qui peut être contesté en justice, ne changera rien sauf à repartir dans d'interminables procédures », déplore François LAMBERT.
« C'est une démission du CHU qui cède à une prise d'otage des intégristes et prolonge encore la cruelle agonie de Vincent. La décision d'arrêt des soins est médicale et doit rester à la médecine », affirme Gérard CHEMLA, l'avocat d'Eric KARIGER, l'ancien médecin de Vincent. Verdict en août prochain pour savoir si ,finalement, les parents auront gain de cause dans cette histoire.
La Rédaction/Avec AFP
Publication : 31/07/2015
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