Fin de vie : l’ADMD déplore qu’une fois encore le malade en fin de vie soit oublié à l’Assemblée nationale
Au lendemain de plusieurs mois de débats et de la commission mixte paritaire, le 19 janvier dernier adoptant le texte retenu par l'Assemblée nationale. Des députés qui après un débat commencé quinze plus tôt en 2003 avec le cas de Vincent LAMBERT, accordant de nouveaux droits aux personnes en fin de vie, simple étape pour les uns, pas de trop pour d'autres.
Une société qui semble loin d'avoir répondu à ces interrogations et notamment a celle du droit de l'homme de pouvoir choisir son droit de vivre ou mourir ?
Vers un vote unanime...
L'Assemblée nationale devrait voter le texte à une large majorité en fin de journée, et le Sénat dans la soirée. À la surprise générale, des parlementaires des deux chambres sont en effet parvenus à un accord à l'unanimité sur une version commune mardi dernier.
Un texte que dénonce le Président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, Jean-Luc ROMERO, qui déplore le « manque d'ambition » des parlementaires, « pire le manque d'humanité » dont ils ont fait preuve pour traiter un sujet majeur.
Le texte rendra en outre contraignantes les « directives anticipées », par lesquelles chacun pourra stipuler son refus d'un acharnement thérapeutique. Ces directives ne seront cependant pas opposables, car le médecin pourra y déroger en cas d'urgence vitale ou s'il les juge manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale.
Une loi qui prévoit notamment un « droit à la sédation profonde et continue » jusqu'au décès pour les patients en toute fin de vie dont la souffrance est insupportable, ce que M. LEONETTI, cardiologue de profession, traduit comme un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». Mais qui pour d'autres peut devenir une forme dissimulée d'euthanasie.
Ajoutant qu'une fois encore, les parlementaires sont « déconnectés des réalités et ne répondent pas aux attentes de 96% de leurs concitoyens, favorables à la légalisation de l'euthanasie, en refusant de mettre le malade au centre de la décision ».
Si un consensus semble avoir été trouvé en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs. Dans une démocratie française généralement adepte du bloc contre bloc, cette recherche patiente d'un point d'entente mérite d'être relevée. Les politiques ne sont pour autant tous pour autant sur la même longueur d'onde y compris au plus au sommet de l'État.
Les radicaux de gauche, les écologistes et une part des socialistes jugent le texte timoré et plaident également pour une « assistance médicalisée active à mourir ». Manuel VALLS, tout en défendant "l'équilibre" trouvé, voit lui-même dans cette loi « sans aucun doute une étape ». À l'opposé, une partie des parlementaires de droite auraient voulu en rester à la législation de 2005 voire revenir en arrière, craignant des dérives "euthanasiques".
Un échec pour le prétendu « droit de mourir »
Car si le gouvernement plaide aujourd'hui pour le développement des soins palliatifs dont le Gouvernement à préparé un plan, il convient pourtant de constaté que son accès et lui largement insuffisant et disparate sur le territoire.
Même sentiment d'échec que l'ont peu avoir en regardant l'application de la loi Jean LEONETTI qui fut votée en 2005 et adopté a l'unanimité et qui pourtant faut-il le rappeler avait instauré un droit « au laisser mourir », en permettant d'arrêter un traitement ou de refuser l'acharnement thérapeutique. Une solution qui dix ans après son vote reste un échec. Pour preuve avec un manque cruel de structures et de personnel formé, ainsi que de sa méconnaissance par les malades et leurs proches.
Une société toujours fortement partagée...
Un sujet qui alors que la France toujours bouleversé par le cas de Vincent LAMBERT, ou les nombreuses affaires qui parfois ont fait la une de l'actualité judiciaire. Si celle demeure relativement encore partagée, même si une majorité commence à apparaître depuis 2005 en faveur de l'euthanasie.
Les associations sont elles toujours fortement mobilisées comme l'ADMD et son président, affirmant que l'association entend plus que jamais poursuivre leur combat « en faveur d'une loi réelle loi d'ultime liberté, d'une loi respectueuse des volontés des patients et de leur dignité ».
À l'inverse, l'association antieuthanasie "Soulager mais pas tuer" dénonce « le flou dangereux » de la prochaine loi, qui « entraînera forcément des conflits d'interprétation et des contentieux », à l'instar de cas comme celui de Vincent LAMBERT. Un avis soutenu également par la Fondation Jérôme LEJEUNE.
Le débat a traversé la société, jusqu'aux représentants des religions qui ont mis en garde contre la « tentation » de « donner la mort ».
La Rédaction / Avec l'AFP
Publication : 26/01/2016
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