Accéder au contenu principal

Une expérience unique vécue grâce à Handi-Voyages

2011.05.12 --- Frédérick, 44 ans et handicapé, raconte ici la démarche et les préparatifs qui lui ont permis de partir en Espagne avec Stéphane, son accompagnateur.

"Je suis Frédérick alias Fred, « tétraplégique incomplet » de niveau fonctionnel C5/C6. Depuis quelques années, un peu assailli par divers problèmes de santé, je suis demeuré sédentaire bien malgré moi.

Petit à petit, voyant l'horizon santé s'éclaircir, je me suis dit qu'il était temps de me projeter un peu pour bouger enfin. Car ce n'est pas au dernier moment qu'il faut s'y prendre. Nous le savons tous bien, nous qui ne sommes plus pleinement autonomes. Et surtout, c'est à nous, « moins valides », qu'il appartient de nous prendre en main, puisque personne ne peut deviner que nous attendons un coup de main pour sortir de notre quotidien. L'autopromotion, c'est notre lot. Je dirais même plus : notre devoir !

C'est pourquoi j'ai commencé à chercher sur le web des idées de bougeotte. C'est de cette façon que j'ai découvert Handi-Voyages. J'ai répondu à une proposition qui figurait sur le site d'un garçon valide se proposant pour prêter main-forte à quiconque en aurait la nécessité. Dominique BARBIER, le président d'Handi-Voyages, m'a contacté par retour. Il m'a expliqué que cette annonce n'était plus d'actualité, mais m'a précisé que des volontaires se proposent régulièrement. Il m'a dit que l’association essaie de connaître au mieux les usagers avant de les mettre en relation avec des handivoyageurs, dont les attentes, habitudes et caractères correspondent le plus.

Dans la réponse que j'avais envoyée par courriel, j'avais ciblé le plus précisément possible mes besoins et attentes. Par ailleurs, Dominique possède lui aussi son vécu de « bonhomme à roulettes » et comme un DRH, il « sent » avec l’habitude facilement les candidats.

La conversation s'est établie « à bâtons rompus » entre nous. Nous présentons le même « tableau neurologique ». Mine de rien, ça rapproche ! Dominique m’a communiqué tout un tas de petits trucs et autres remèdes à nos maux de tous les jours. Par exemple, il m’a recommandé, pour éviter de surcharger mes bagages, de faire appel à la société Isialys - www.isialys.fr - pour me faire livrer tout le matériel médical que j’utilise quotidiennement, ou demander la carte européenne de sécurité sociale.

Pour réduire les frais de voyage et faire de belles rencontres, Dominique a pris contact en 2006 avec les responsables de CouchSurfing et BeWelcome (des sites d’entraide entre voyageurs et d’échange d’hospitalité). Il leur a proposé de permettre aux usagers de mentionner si leur logement est accessible pour un fauteuil roulant : cela facilite la recherche d’hébergement.

Ayant mieux cerné encore mon souhait, Dominique m'a indiqué qu'il pensait à un volontaire qu'il connaît personnellement et qui semblait cadrer avec mes besoins et aspirations. Je suis quand même costaud et à ce titre, j'ai expliqué que j'avais besoin de quelqu'un un brin robuste.

Concrètement, « Stéphane » devait me rappeler rapidement. J'ai discuté au téléphone avec un garçon très humain et particulièrement censé. J'expliquais mon souhait : partir environ une semaine à Madrid, puisque j'avais l'intention de répondre à l'invitation d'une amie madrilène. Je me suis employé à exposer à Stéphane mes attentes.

Je suis un voyageur tranquille, qui souhaite toujours s'entourer d'un minimum de précautions (afin d'éviter les problèmes de peau, notamment). Du coup, il faut toujours que je sache avec une certitude minimale « où je vais atterrir », afin de minimiser les risques. En définitive, les disponibilités de Stéphane étant limitées dans le temps, je me décidais plutôt pour Séville. Avec Stéphane, nous avons convenu, comme le recommande Handi-Voyages, de nous rencontrer avant tout départ, histoire de vérifier dans quelle mesure il parvenait à « manipuler » le bonhomme que je suis.

Nous nous sommes vus pendant 48 heures. Un week-end c’est court, mais suffisant pour que je comprenne que je pouvais investir toute confiance dans mon accompagnateur. Stéphane et moi sommes bien différents. Cependant, l'histoire a prouvé que nous nous sommes parfaitement « trouvés » et put être une équipe tout à fait performante. Pas un mot plus haut que l'autre en une semaine !

J'ai trouvé une promo dans un grand hôtel très confortable. On peut désormais prendre les billets d'avion facilement sur le web. L'essentiel : toujours signaler les besoins particuliers liés au fauteuil roulant. J'ai pris contact avec une équipe d'« hospitalisation à domicile » sur Séville. Il s'agit de Atención Social Alándalus. Même si Stéphane « assurait grave » pour la toilette du matin, c'était quand même plus léger de cette façon. Par ailleurs, en présentant la facture auprès de la caisse primaire d'assurance-maladie, on peut escompter une participation financière en matière de « soins prodigués à l'étranger ».

Également, pour une plus grande autonomie au sein de l'hôtel, par rapport à nos sorties, j'ai contacté une boîte de matériel médical, afin d'opter pour la location d'un lève personne. J'ai présenté la facture à la CPAM, une fois rentré. En France, la sécurité sociale, prend en charge mon équipe d'HAD et la location du matériel médical à 100 %.

Le matin intervenait « Jorge » un aide-soignant. On a formé une très bonne équipe, à trois. Ce qui était très clair, c'était le credo de Stéphane : « Je suis là pour t'aider et t'accompagner de tes mouvements, mais ce sont TES vacances ! ». Je concevais davantage un partage qu'un rapport accompagnant accompagné, où n'aurait peut-être pas eu sa place le libre arbitre de Stéphane. Je ne concevais pas qu'il ne prenne pas suffisamment de temps pour lui. OK, je prenais des vacances, mais il y a toujours moyen de composer et de ne pas vivre que pour soi ! C'est ce que nous avons donc mis en place, je crois.

J'ai rencontré quelques soucis de santé : une blessure que j'avais au pied s'est réveillée et il ne fallait pas la négliger. J'avais pris soin de demander ma carte européenne de santé. Alors, j'ai consulté un pédicure et me suis ensuite rendu dans un hôpital de la sécurité sociale, pour une consultation plus approfondie avec un médecin.

En résumé : cette semaine, remplie de facéties, est passée à toute allure. Ce sont maintenant plein de bons souvenirs. Je n'ai qu'une hâte : pouvoir recommencer ! C'est vraiment très sympa de pouvoir bouger un peu. Encore plus lorsque l'on peut compter sur quelqu'un de vraiment fiable, avec qui tout un tas de choses auxquelles on ne pensait pas forcément se révèle soudainement possible !

Je ne saurais trop conseiller à chacun de ne pas hésiter à contacter l'association Handi-Voyages sur son site ou sur Facebook, où vous trouverez, entre autres, les images de notre voyage. On peut compter sur Dominique pour « orienter » toute demande en fonction de ses désirs, besoins et nécessités. Il faut simplement se faire fort de les exprimer clairement. C'est la meilleure façon de ne pas être déçu, je crois."

Catégorie : SOCIÉTÉ & FAITS-DIVERS
Publication : 10/08/2011

Articles en relation

Un élève en situation de handicap agresse au couteau son professeur de musique à Benfeld dans le Bas-Rhin

Une fois de plus les monde de l’Education national aura été frappé par une agression, après la mort des Professeurs Samuel PATY, et Dominique BERNARD. Ce matin dans le Bas-Rhin au collège Robert Schuman à Benfeld vers 8h. Une enseignante a été poignardée par l'un de ses élèves dans le couloir du collège. Un agresseur âgé de 14 ans, qui vivait désormais dans un foyer et était accompagné au collège en tant qu’élevé en situation de handicap et connu pour ces gouts « nettes au nazisme ».

Un homme de 46 ans paraplégique et en fauteuil mortellement blessé dans le 9e arrondissement à Lyon

Mais ou va ton ? Après nos enfants, les séniors, c’est à nouveau, car cela n’est pas une première, une personne handicapée qui est décédé à la suite de son agression. La victime née en Irak en 1979 âgé de 46 ans de confession Catholique, a été tué près de son immeuble connecté sur TikTok. L’homme paraplégique en fauteuil roulant a été frappé au à la gorge et décédés dans la nuit du 10 au 11 septembre dans le quartier Gorge de Loup de Lyon, une demi-heure, après l'arrivée des secours.

Une jeune fille âgée de 11 ans autiste perd la vie par noyade en Seine-et-Marne face à mauvais encadrement

Hier après-midi une petite fille en situation de handicap et souffrant de trouble autistique est décédé de noyade au sein du Base de loisirs Wam Park de Fontainebleau à la Grande-Paroisse, en Seine-et-Marne. Un drame qui intervient alors que celle-ci était encadré par éducateur. Il s’agit ainsi en une semaine du troisième décès par noyade en situation de handicap. Une enquête a été ouverte par le parquet. Accident, ou manque de vigilence, manque de réglementation ? 

Incendie dans un EPADH à L’Isle-Jourdain dans le Gers provoque 17 blessés parmi ces résidents

Dans la nuit de dimanche à lundi au cœur de l’EPADH Saint Jacques situé sur la commune de L’Isle-Jourdain dans le département du Gers, près de Toulouse dans le Gers. Un incendie provoqué selon le commandant des pompiers qui serait partie d'un matelas. Un incendie qui aurait blessés dix-sept résidents dont trois en urgence absolue. Incendie qui aura mobilisé 70 pompiers et 25 véhicules du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS). L'établissement et son directeur Olivier GRANOWSKI, accueillant des personnes âgées dépendantes et des retraités âgés entre 70 et 90 ans.

Un mort et un blessé grave dans à Bévillers dans le nord : Un drame entre un père et les services de l’UDAF

Un drame est survenu le 30 juillet dernier soir dans le Nord à Bévillers une petite commune de 550 habitants située à quelques kilomètres de Cambrai. Deux intervenants de l’UDAF du Nord ont été pris pour cible alors qu’ils accomplissaient leur mission auprès d’une personne en situation de handicap. L’un d’eux a perdu la vie, l’autre est grièvement blessé. Le père qui avait pris la fuite avec son fils handicapé, été connu par son entourage avec un profil fort inquiétant.

Des Agents de l’Inspection du Travail et de l’URSSAF victime de violence à la Foire du Trône

Le 11 juin dernier, plusieurs inspecteurs du travail ainsi que des inspecteurs de l'Urssaf ont été victimes d'un incident grave dans le cadre d'une action coordonnée de contrôle des opérations de démontage des différentes attractions de la Foire du trône à Paris. Face à cette agression inadmissible, Catherine VAUTRIN et Astrid PANOSYAN-BOUVET ont souhaité les recevoir pour leur manifester leur soutien et leur témoigner de leur confiance renouvelée, aujourd’hui 8 juillet 2025.