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La FDFA s’indigne du dépôt de la question prioritaire de constitutionnalité sur la dépénalisation

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Prostitution, faut-il condamner le travailleur du sexe ou leurs clients ? vaste débat qui continue 72 ans après la fermeture des maisons close en France, conduisant ces dernières sur les « trottoirs » à faire polémique. Un sujet dont neuf associations et cinq prostitués qui avaient saisi le Conseil d'État contre la loi prostitution avril 2016, qui porte, selon eux, "gravement atteinte aux droits et aux libertés". Une version dont l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA) qui représente les femmes en situation de handicap considèrent que la pénalisation des « clients de services sexuels » de la loi d’avril 2016 est une avancée, et qui dit « non à la marchandisation des corps, non à la dépénalisation des clients ».

Prostitution "Une atteinte a la liberté individuelle"…

À la suite de la requête auprès du Conseil d’État qui a rendu dans ces conclusions du 12 novembre dernier, comme celle de son rapporteur, les neuf associations ainsi que cinq travailleuses du sexe déposé Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) estimant que cette loi avril 2016 qui prévoit une amende de 1 500 € à 3 750 € en cas de récidive, porte « gravement atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit ». Un débat sur le bien-fondé de cette loi qui avait relancé a la suite du meurtre d'une prostituée trans en aout dernier, dans le Bois de Boulogne alors qu'elle tentait d'empêcher des agresseurs de dépouiller un client, plusieurs associations ont alors demandé l'abrogation de la loi et dénoncé une "responsabilité politique".

Une prostitution auquel les personnes en situation de handicap qu’il soit des hommes ou des femmes font appel et dont le président de l’APPAS (l'Association Pour la Promotion de l'Accompagnement Sexuel) Marcel NUSSmanifestation pour le droit à la prostitution 772e8 dénonçait l’absence de prise de conscience de la part de la société et dénonçant l’hypocrisie du système « Soit, je suis proxénète bénévole et je l'assume, je le revendique même » avait souligné, dans une tribune dans notre journal, en 2016.

Lutté contre "la marchandisation des corps"…

Pour l’association, « la demande de dépénalisation de la question prioritaire de constitutionnalité remise au Conseil constitutionnel n’a aucune raison d’être ». Celle-ci considérant contrairement aux neuf associations comme Médecins du Monde et le Syndicat du travail sexuel (Strass), que la pénalisation des « clients de services sexuels est une avancée pour l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes ».

L’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA), dont le but est de promouvoir la place des femmes handicapées dans la société afin qu’elles soient pleinement citoyennes, lutte contre la marchandisation des corps et notamment de celui des femmes. L’association qui considère que la pénalisation des « clients de services sexuels » de la loi d’avril 2016 est une avancée pour l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes.

À la raison d’atteinte à la « liberté d’entreprendre » les dirigeants de la FDFA affirment que « celui-ci est un faux argument, les travailleurs et travailleuses du sexe comme elles et ils s’identifient ne sont pas libres d’entreprendre ». Pour l’association, « les proxénètes exploitent la vulnérabilité de femmes en situation précaire ou déstabilisée », qui s’inquiète également du développement des sites de prostitution de personnes handicapées sur Internet. Qui proposerait cet « emploi » à une ou un jeune ? », s’interroge l’association. « Tous les ans, des personnes prostituées sont maltraitées, violentées, battues, tuées. Ce n’est pas depuis la loi de 2016 que ces violences ont lieu, mais elles sont inhérentes au système prostitutionnel lui-même » souligne l’association dans son communiqué.

Seule l’interdiction d’ « achat de services sexuels » de la loi de 2016 permet d'arrêter cette demande. Ainsi, la remise en cause de la « pénalisation » serait une ouverture pour les promoteurs de l’« assistance sexuelle » et pour les « aidants proxénètes » de toutes les prostitutions insiste l’association.

La QPC posée au Conseil constitutionnel par le Conseil d’État et vécut par la FDFA comme un véritable cheval de Troie des partisans des violences prostitutionnelles faites aux femmes et aux personnes handicapées en particulier. Responsabiliser « les acheteurs, signifier qu’on ne peut pas acheter le corps d’une ou d’un autre est une priorité pour lutter contre les violences » conclut l’association.

Sexualité et handicap un sujet encore tabou…

amour sexualité et handicap mental 1ba70C’est une mère qui appelle à l’aide, après avoir été confrontée à de multiples reprises au sexe en érection de son adolescent autiste lors de la douche. Un directeur d’établissement pour adultes handicapés, dans une région frontalière, qui emmène discrètement ses pensionnaires chez une prostituée. Une aide-soignante travaillant dans une structure médico-sociale qui se plaint d’être confrontée quotidiennement à des sollicitations d’ordre sexuel, dépassant le cadre de ses attributions.

Concernant les revendications de celle de Marcel NUSS et la demande depuis de nombreuses années, de reconnaissance d’« assistance sexuelle », celle-ci renouvelle son opposition estimant que des « assistants sexuels hommes ou femmes formées et rémunérées ne sont rien d’autre que de la prostitution parée d’une aura émotionnelle de bienveillance et d’acte caritatif ».

« Le problème se pose principalement pour les personnes qui vivent en institution », considère Pierre BRASSEUR, sociologue à l’université de Lille et auteur d’une thèse intitulée « L’invention de l’assistance sexuelle ». « Les conditions d’exercice de la sexualité ne sont pas réunies » dans ces lieux de vie collectifs qui ne favorisent pas l’intimité de leurs habitants, pointe-t-il. Comment l’envisager, en effet, pour des gens qui n’ont pas toujours la simple possibilité de fermer leur porte à clé ? Un sujet qui malgrès une prise en compte de la part d'association gestionnaire confronté a cette question dans leurs établissement comme l'Unapei ou l'APF France Handicap à abordé le sujet. Mais encore trop largement insufisament...

Stéphane LAGOUTIÉRE

Sources : FDFA / STRASS / Médecin du Monde

 

Catégorie : SOCIÉTÉ & FAITS-DIVERS
Publication : 19/12/2018
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