Accéder au contenu principal

Le dispositif SI-VIC, utilisé comme instrument de fichage des « gilets jaunes » France Assos Santé demande des explications

manifestation gilets jaunes paris 07911

Alors que les gilets jaunes seront certainement présents dans la rue le 1er mai, ainsi que le 28 mai prochain pour dénoncer les violences policières et l’absence de prise en charge des victimes par l’Etat. Trois jours après les deuxièmes révélations par le Canard Enchainé et sa reconnaissance par l'AP-HP que plusieurs "gilets jaunes" avaient bien été fichés lorsqu'ils ont été soignés en marge des manifestations chaque samedi depuis novembre dernier. Une erreur qui s'explique par des consignes "ambiguës" selon le communiqué de l'AP-HP. Une « situation jugée inadmissible » pour l’association des usager France Assos Santé* qui demande des explications au ministère de santé.

L’AP-HP reconnait après niés les faits…

Dans un premier temps l'AP-HP avait le 20 avril dernier niée les faits affirmant dans un communiqué avoir « respecté du secret médical, et que le fichier ne comporté pas de données médicales », c’est-à-dire comme le démontré l’article du 17 avril au travers de fiches de victimes ou figurent des précisions concernant les différents types de blessures tels que « tir flash-ball : plaie arcade », ou « problème au poignet, suite coup de matraque selon le patient ». Le directeur général adjoint de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), François CREMIEUX, était lui-même monter au créneau assurant « qu’aucune information confidentielle n’est normalement inscrite sur ces fichiers ».

C'est à cause des consignes insuffisamment claires de la part de l'Assistance publique sur l'utilisation du dispositif Si-Vic que des équipes ont fait cette erreur, reconnait François CREMIEUX quelques jours plus tard. Pourtant cette même c’est cette même direction qui dans un nouveau communiqué du 24 avril à reconnu qu’un fichier nominatif, recensant les blessés pris en charge lors de grands événements, notamment les manifestations de « gilets jaunes », avait parfois inclus « de manière inappropriée des informations que les équipes pensaient utiles sur la nature de la blessure dans les onglets commentaires ». Une pratique qui trouve son explication par le fait que le « mémo SI-VIC » permet d’enregistrer ces informations dans le but « de dimensionner et d’orienter le patient vers les ressources spécialisées disponibles ». L’administration reconnaissant que cette « onglet commentaires aurait dû être rappelé qu’aucune information médicale ne devait être saisie ». l'AP-HP qui précise avoir donné des instructions pour « corriger cette ambiguïté ».

A des « fins de fichage politique »…

Une « situation inadmissible » et dont l’association s’inquiète notamment « des risques d’instrumentalisation des services hospitaliers à des fins de fichage politique, faisant fi de la protection des données » dans un communiqué. Une Façade de l'assistance publique des hôpitaux de paris 739e5situation d’autant grave que l’association ne semble pas vouloir croire l'AP-HP qui plaide elle pour « une erreur d'utilisation ». Ainsi à la demande de la Direction générale de la santé (DGS) et ceux depuis les manifestations le début des manifestations des « gilets jaunes » les manifestants blessés lors des mobilisations auraient fait l’objet demande « recensement » et extrêmement détaillé. Une demande de surcroit relativement éloigné des impératifs de « régulation sanitaire » qui peuvent le justifier.

L’association des usagers qui rappelle le caractère hautement sensibles saisies dans ces fichiers. France Assos Santé qui s’interroge tout de même sur le recours régulier SI-VIC (système d’identification des victimes), en particulier dans le cadre de manifestations et de mouvements sociaux. « Nous appelons à la plus grande vigilance dans l’utilisation de ce dispositif et au respect le plus strict du cadre établi par la CNIL » insiste son président Alain-Michel CERETTIX.

Un revirement de l'AP-HP et des contradictions multiples de la parole publique dans cette affaire « ne nous rassurent pas ». Ce fichier ne devait comporter « rien de nominatif » et « aucune donnée médicale » selon Martin HIRSCH, directeur de l’AP-HP. L’association qui rappel que celui-ci ne devait pas être consultable par le Ministère de l’Intérieur. Pourtant comme le reconnait la DGS dans un interview a Médiapart en janvier 2019 ce dernier serait bien consultable en temps réel par les services ministériels de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères, comme le précise le décret 2018-175 du 9 mars 2018.

Enfin, la CNIL, qui avait pourtant émise de nombreuse interrogation sur ce dispositif SI-VIC, avait donné son accord pour son utilisation dans une délibération de juillet 2016. Mais avait précisé a la stricte condition « que les établissements de santé informent les personnes et leurs proches », et remettent « un document d’information » aux personnes recensées dans ce fichier. Les faits rapportés par la presse montrent que les personnes ainsi recensées l’ont été sans donner leur consentement et sans en être informées.

« Pour nous, viscéralement attachés à la défense des droits des personnes, ce défaut d’information des personnes concernées est extrêmement préoccupant » insiste Alain-Michel CERETTI. « Nous demandons des explications claires et rapides de la part des pouvoirs publics et la fin de ces pratiques qui portent atteinte aux droits fondamentaux des personnes » conclut-il.

De son côté L’ARS et l’AP-HP diligentent une inspection pour objectiver de façon transparente l’utilisation qui a été faite de l’application dans ces dernières semaines. Suite à cette enquête, l'Assistance publique envisage de "revoir le dispositif" Si-Vic.

Sébastien MAILLET, un manifestant qui avait eu la main arrachée par une grenade GLI-F4, a immédiatement dénoncé un fichage qui a « pour objectif de créer une liste de personnes militantes ». Il a porté plainte pour « collecte illicite de données à caractère personnel » et « violation du secret professionnel ». D’autres plaintes pourraient suivre

C’est quoi le dispositif SI-VIC…

C’est un dispositif qui a vu le jour en 2016 a la suite des attentats de 2015, placé sous la responsabilité du ministère de la Santé avec l’objectif notamment pour identifier soient les victimes d’attentats mais aussi de catastrophes sanitaires ou un grand évènement susceptible de conduire à un nombre important de victimes. Mais aussi de faciliter l’accueil et l’organisation des hôpitaux, et répondre du mieux possible aux besoins des patients. Un fichier ou seule des situations exceptionnelles sont a l’origine de sa mise en place. Déclenché à la demande de l’ARS il n’aura mise en service que onze fois depuis le début de l’année 2019. Trois fois pour des manifestations de gilets jaunes et huit pour des incendies, ou des explosions comme celle de la rue de Trévise, ou d’intoxication dans une école de Créteil.

Ainsi dans le cadre de son utilisation, le patient qui arrive dans les hôpitaux, les victimes doivent être enregistrées dans Si-Vic par une personne de l’administration hospitalière. Celle-ci enregistrant uniquement les informations telles le numéro d’identification AP-HP, le sexe, la date de naissance/tranche d’âge, nom, prénom, nationalité, adresse et des données relatives à l’hospitalisation (heure d’arrivée, site, statut : retour à domicile, décès, hospitalisation…) et aussi le cas échéant la personne à contacter.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Sources : AP-HP Paris / France Assos Santé 2019

 

Catégorie : SOCIÉTÉ & FAITS-DIVERS
Publication : 26/04/2019
HôpitauxSantéParisÎle-de-FranceManifestations publiquesGilets jaunes

Articles en relation

Un élève en situation de handicap agresse au couteau son professeur de musique à Benfeld dans le Bas-Rhin

Une fois de plus les monde de l’Education national aura été frappé par une agression, après la mort des Professeurs Samuel PATY, et Dominique BERNARD. Ce matin dans le Bas-Rhin au collège Robert Schuman à Benfeld vers 8h. Une enseignante a été poignardée par l'un de ses élèves dans le couloir du collège. Un agresseur âgé de 14 ans, qui vivait désormais dans un foyer et était accompagné au collège en tant qu’élevé en situation de handicap et connu pour ces gouts « nettes au nazisme ».

Un homme de 46 ans paraplégique et en fauteuil mortellement blessé dans le 9e arrondissement à Lyon

Mais ou va ton ? Après nos enfants, les séniors, c’est à nouveau, car cela n’est pas une première, une personne handicapée qui est décédé à la suite de son agression. La victime née en Irak en 1979 âgé de 46 ans de confession Catholique, a été tué près de son immeuble connecté sur TikTok. L’homme paraplégique en fauteuil roulant a été frappé au à la gorge et décédés dans la nuit du 10 au 11 septembre dans le quartier Gorge de Loup de Lyon, une demi-heure, après l'arrivée des secours.

Une jeune fille âgée de 11 ans autiste perd la vie par noyade en Seine-et-Marne face à mauvais encadrement

Hier après-midi une petite fille en situation de handicap et souffrant de trouble autistique est décédé de noyade au sein du Base de loisirs Wam Park de Fontainebleau à la Grande-Paroisse, en Seine-et-Marne. Un drame qui intervient alors que celle-ci était encadré par éducateur. Il s’agit ainsi en une semaine du troisième décès par noyade en situation de handicap. Une enquête a été ouverte par le parquet. Accident, ou manque de vigilence, manque de réglementation ? 

Incendie dans un EPADH à L’Isle-Jourdain dans le Gers provoque 17 blessés parmi ces résidents

Dans la nuit de dimanche à lundi au cœur de l’EPADH Saint Jacques situé sur la commune de L’Isle-Jourdain dans le département du Gers, près de Toulouse dans le Gers. Un incendie provoqué selon le commandant des pompiers qui serait partie d'un matelas. Un incendie qui aurait blessés dix-sept résidents dont trois en urgence absolue. Incendie qui aura mobilisé 70 pompiers et 25 véhicules du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS). L'établissement et son directeur Olivier GRANOWSKI, accueillant des personnes âgées dépendantes et des retraités âgés entre 70 et 90 ans.

Un mort et un blessé grave dans à Bévillers dans le nord : Un drame entre un père et les services de l’UDAF

Un drame est survenu le 30 juillet dernier soir dans le Nord à Bévillers une petite commune de 550 habitants située à quelques kilomètres de Cambrai. Deux intervenants de l’UDAF du Nord ont été pris pour cible alors qu’ils accomplissaient leur mission auprès d’une personne en situation de handicap. L’un d’eux a perdu la vie, l’autre est grièvement blessé. Le père qui avait pris la fuite avec son fils handicapé, été connu par son entourage avec un profil fort inquiétant.

Des Agents de l’Inspection du Travail et de l’URSSAF victime de violence à la Foire du Trône

Le 11 juin dernier, plusieurs inspecteurs du travail ainsi que des inspecteurs de l'Urssaf ont été victimes d'un incident grave dans le cadre d'une action coordonnée de contrôle des opérations de démontage des différentes attractions de la Foire du trône à Paris. Face à cette agression inadmissible, Catherine VAUTRIN et Astrid PANOSYAN-BOUVET ont souhaité les recevoir pour leur manifester leur soutien et leur témoigner de leur confiance renouvelée, aujourd’hui 8 juillet 2025.