A la rencontre d’une femme : Stephanie MERIGOUX qui à fait le choix de vivre avec sa déficience visuelle
Cet épisode de sa vie est loin derrière elle aujourd’hui, mais il représente une cassure, une blessure même qui a mis du temps à cicatriser. Tout a changé depuis que la rétinite pigmentaire lui a fait déposer les clefs de sa voiture et perdre son travail. Elle a su rebondir malgré tout. Désormais elle déambule dans la ville avec sa canne blanche, participe à des sensibilisations sur le handicap dans l´école de ses filles et témoigne même parfois à la radio. Cela n’a pas été facile vraiment, mais Stéphanie MERIGOUX a trouvé une façon de vivre avec sa déficience visuelle. Revivez le temps de ces quelques lignes, le moment où tout a basculé...
« Comment ont-ils pu me faire ça ? »
Je referme cette lettre recommandée, lentement, comme un automate. Je ne l’attendais absolument pas. Et elle m’a sciée sur place. Encore sous le choc, je cherche maman du regard. Avec le temps, ce simple exercice devient difficile. Pas un mot ne sort de ma bouche pendant une bonne minute, alors qu’elle attend suspendue à mes lèvres. Elle a bien vu mon visage se décomposer et elle me connaît. Je suis d’un naturel souriant, taquin, joyeux et dynamique. En général, les mauvais coups du sort ne laissent aucune trace sur moi. Mais là… Maman a une santé très fragile ces derniers temps. Mais je ne veux pas lui mentir. Et de toute façon, il est trop tard. « Ce que contient cette lettre...Comment ont-ils pu me faire ça ?» me dis-je encore hébétée. Impatiente de savoir, maman m’enlève doucement le pli des mains pour le lire à son tour. Absorbée par mes pensées, je le remarque à peine.
«Vingt ans...» me dis-je....
« Cela fait vingt ans que je donne de ma personne en me dédiant fidèlement à mon métier d´infirmière. Tout ce temps à soigner les maux du corps et de l´âme avec un sourire et de la bonne humeur. J´ai été professionnellement
irréprochable. Mais voilà, je ne suis plus aussi rapide qu’avant et je suis davantage fatigable. Ce courrier représente une preuve irréfutable : dans le monde du travail, il ne fait pas bon devenir aveugle.» Cette lettre que maman est en train de parcourir à son tour m’annonce simplement que je viens d’être remerciée par mon entreprise et poussée vers la sortie. Hé dire que je travaille dans le social… Il n’y a plus de doute dans mon esprit, tout n’est toujours qu’une question d’argent. Le rendement prime sur l’humain. Même dans un univers médical. C’est vraiment un comble !Après avoir passé une bonne partie de ma vie à m’occuper des autres, qu’on se débarrasse de moi ainsi… La pilule est amère et ma propre estime en prend un sacré coup. Mon existence semblait déjà être une accumulation d’obstacles. Et je me sens seule face à mes doutes, face à mes peurs. Comment vais-je pouvoir surmonter ce coup du sort ? Comment vais-je pouvoir me réorienter professionnellement ? Comment vais-je réussir à endosser en plus l’évolution de mon handicap visuel ? Je ne peux déjà pas assumer la canne blanche et cette identité de malvoyante.Ce courrier met un point final à une année extrêmement difficile. Je ne veux pas m’étendre sur le voile noir qui s’est posé sur ma famille. Je préfère ne faire référence qu’à la porte professionnelle qui vient juste de se refermer, emportant avec elle de nombreuses désillusions. Cette fin est aussi le commencement de quelque-chose d’autre, d’une sorte de déclic.
Qu’à cela ne tienne, je vais devoir serrer les dents. Une envie pressante de changement est en train d’éclore en moi. Je ne veux plus subir. Je refuse d’avoir honte et de me sentir inférieure. Je rejette la pitié que mon handicap peut inspirer. J’en ai assez d’avoir peur du regard des autres et de leur jugement. Je ne veux plus que les à priori d’autrui orientent mes choix. Je m’interdis de m’effondrer face à cette déception professionnelle !
Non, désormais, j’ai envie d’être comme tout le monde ! Alors j’ai décidé de demeurer fière de mes petits et de mes grands accomplissements. Je veux laisser renaître l’être que je suis réellement et que j’ai si longtemps emprisonné et étouffé ! Je veux renaître, trouver ma place en ce monde et réinventer mon propre bonheur. Je veux muer les petits riens de ce monde et en faire des trésors. Je souhaite que la douceur et la tendresse de mes filles m’accompagnent toujours. Je désire également garder près de moi l'amour et le soutien inconditionnel de mon mari, qui souffre pour moi, à mes côtés. Je veux ardemment croire que la lumière sera plus intense et qu’elle dissipera les ténèbres !
Un témoignage tiré d’une expo photos, qui vise à sensibiliser sur le handicap…
En 2017, l’Association SJKB (lutte contre la cécité) a mis sur pied une expo audio photo intitulée « De l’Ombre à la Lumière ». Elle a pour but de sensibiliser et de changer les regards sur le handicap, de soutenir les personnes handicapées visuelles, en leur montrant à travers nos modèles, qu’ils peuvent s’accomplir et enfin de soutenir la recherche et le développement, notamment en levant des fonds reversés à l’INSERM de Montpellier pour aider à financer les recherches sur les maladies de la vue.
Cette exposition est un événement itinérant qui a été reçue en préfecture, dans l’enceinte de collèges, dans une médiathèque ou encore lors du congrès de l’ARIBa (association des professionnels français de la santé oculaire). En deux ans, des milliers de personnes se sont arrêtées devant les témoignages de nos douze modèles, ainsi que devant leur portrait réalisé par Robin THUREL.
La création d’une nouvelle expo a commencé cette année…
Cette année, le SJKB se lance dans un nouveau projet d’expo audio-photo intitulé cette fois « Clin d’Œil à DBZ », reprenant le même principe que « De l’Ombre à la Lumière ». De nouvelles histoires et de nouveaux talents seront à découvrir tout en vous plongeant dans l’univers de Dragon Ball, une série animée qui existe et se renouvelle depuis les années 80. N’hésitez pas à nous suivre sur la page de l’Association SJKB et à inviter vos amis à la découvrir.
Par Sébastien JOACHIM
Publication : 10/05/2019
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