Le premier ministre, Manuel VALLS reconnaît l’échec de la gauche face à Nicolas Sarkozy
Ce deuxième tour aura été semble-t-il l'élection de trop pour le parti socialiste et son gouvernement n'épargnant ni le premier ministre dans l'Essonne ou le président de la République en Corrèze. Face à eux une collation de la droite raflant la mise sur 66 départements contre 34 à la gauche qui subit un de ses revers les plus aigus. Seul le Front national qui certes ne remporte ni le Vaucluse ni l'Aisne, mais totalise 62 elus contre un seul en 2011.
Un premier ministre dans le déni !
Manuel VALLS, qui affirmant comprendre ce vote et « leur colère, leur fatigue, le chômage et les impôts (...). J'ai entendu ce message ». Rappelant que le Gouvernement continuera à répondre aux exigences des
Français « sans relâche ». Revenant sur son investissement personnel dans cette campagne et regrettant le score trop élevé de l'extrême droite qui confirme « un bouleversement durable de notre paysage politique dont chacun devra tirer les leçons ».
Le premier ministre qui n'hésitera pas a souligné la demande des électeurs « d'exigence de résultat concret » il n'aura que pour quelle seule préoccupation celle de confirmer son maintient a son poste. Annonçant dans les semaines a venir de la loi croissance et activité, la loi sur la modernisation du dialogue social, la création de la prime d'activité, la loi santé ou les lois relatives à la transition énergétique et à la biodiversité.
Déception pour les personnes en situation de handicap et pour les personnes dépendantes, car si Manuel VALLS, qui ferra référence a l'école, a la citoyenneté, la laïcité, la sécurité, la lutte contre le racisme ou l'antisémitisme n'aura pas adressé un mot à destination de près de 12 millions de Français. Pourtant grand sujet de ces départementales l'action sociale au cœur des responsabilités des départements.
« L'alternance est en marche,... »
Si la grande majorité des médias annonce une victoire et un renforcement de la position de Nicolas Sarkozy, le chemin pour une véritable victoire reste encore semé d'embûche. Le chef de l'UMP qui conclura son discours « l'alternance est en marche, rien ne l'arrêtera ».
« Nous allons renforcer l'unité de notre famille politique. L'unité est ma priorité depuis plusieurs mois. Sans unité, rien n'est possible dans l'avenir », a lancé M. SARKOZY, soulignant que la victoire revenait « à tous ceux qui ont fait le choix du collectif », allusion notamment à l'alliance droite/centre, indispensable pour espérer remporter la primaire, en asséchant le socle électoral du maire de Bordeaux, supposé plus populaire que lui au centre.
Dimanche soir, l'ex-chef de l'État qui son message sur le plan local, en promettant aux Français la mise en œuvre, dans les départements gagnés par son camp, de leurs engagements de campagne (maîtrise des impôts, lutte contre l'assistanat...), « seul moyen de redonner du crédit à la parole publique ».,
Celui devra néanmoins faire face a des affaires judiciaires, des élections régionales qui elles seront au scrutin proportionnel face un Front national qui confirme néanmoins son encrage dans près de la moitié des départements français. Sans oublier ses principaux rivaux restent déterminés à lui barrer la route qu'ils s'agissent d'Alain JUPPÉ, François FILLION, Bruno LEMAIRE et bien d'autres !
Le Parti socialiste appel au rassemblement
Jean-Christophe CAMBADELIS, premier secrétaire du Parti socialiste, a appelé dimanche soir au rassemblement des partis de gauche pour les régionaux de décembre, car «il faut l'union» et «d'abord là où le FN menace». Un parti socialiste qui n'aura conservé son pouvoir principalement en Midi-Pyrénées et que l'union de la droite n'aura pas réussie à défaire comme en Haute-Garonne. Sa capitale qui avait pourtant vu l'élection de Jean-Luc MOUDENC en 2014 aux dernières élections municipales face au socialiste Pierre COHEN.
«La gauche s'est divisée au premier tour (...), elle s'est remarquablement rassemblée au second tour face à la droite et l'extrême droite qui ont souvent fait bloc», a estimé M. CAMBADELIS lors d'une déclaration au
siège du PS. Aussi, «ce qui a été possible au 2e tour des départementales, doit être possible aux régionaux dans le tripartisme».
«L'extrême droite rejoint la droite dans un programme redoutable pour la France, qui sort progressivement du chaos dans lequel Nicolas Sarkozy l'avait plongée», a-t-il affirmé.
Estimant que le climat économique «s'améliore nettement dans les chiffres», il a jugé que «s'il ne s'agit pas de changer de cap, il faut utiliser le moment et les résultats pour soutenir l'investissement privé, comme dans les collectivités locales». Un soutien a peine caché au chef du Gouvernement.
Le patron du PS a également cité «l'investissement dans l'éducation», dans «le développement durable», «le numérique» et «la recherche». Soulignant que «Le second maître mot de cette élection, c'est la lutte contre les inégalités, l'exclusion, la relégation», a-t-il ajouté, assurant «qu'il s'agit de ne laisser personne sur le bord du chemin».
Le socle de la victoire est posé
Marine Le Pen a souligné dimanche soir le « niveau électoral exceptionnel » du Front national, qui constitue selon elle « le socle des grandes victoires de demain ». Précisant que « Le fait historique de ce soir est l'installation du Front national/Rassemblement Bleu Marine comme force politique puissante dans de nombreux territoires, a déclaré la présidente du FN au siège de son parti. Ce niveau électoral exceptionnel est le socle des grandes victoires de demain. »
La Présidente qui avait paru déçue du premier tour n'a pas caché cette fois sa déception, même si elle affirme ce résultat une nouvelle fois comme une victoire. Un sentiment qu'a exprimé elle aussi sa nièce et Députée du Vaucluse accusant les médias et l'union UMP/PS
Un troisième tour qui pourrait s'avérait difficile...
Jeudi prochain, les tout nouveaux conseillers départementaux se réunirons quatre jours après le second tour, un rendez-vous appelez par les politiques le troisième tour ». C'est en fait l'élection du président de chaque conseil départemental. Il y en a 101 au total. Et c'est un moment fort puisqu'on peut alors voir précisément la couleur politique du président du conseil départemental, la personnalité élue centrale du département.
Le scrutin se fait à bulletin secret. Les conseillers votent pour les candidats qu'ils ont choisis. Si un candidat au fauteuil de président obtient la majorité absolue des voix, il est élu. Si personne ne l'obtient, on organise un deuxième tour de scrutin. Et si la majorité absolue n'est toujours pas atteinte, on organise un troisième tour où la majorité relative suffit. Enfin, en cas d'égalité entre deux candidats, c'est le plus âgé qui devient président du département. Une situation qui pourrait avoir lieu dans trois a cinq départements comme le Vaucluse et le Gard.
En effet dans le cas ou dans un département, deux partis sont au coude à coude en nombre de conseillers élu, mais qu'aucun des deux n'ait la majorité absolue et que le Front national soit en troisième position, en position d'arbitre. Alors, au moment du vote et même pendant les jours qui précèdent ce troisième tour, l'attitude de chacun des partis sera énormément surveillée et commentée...
Stéphane LAGOUTIÉRE
Publication : 30/03/2015
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