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Caractéristiques génétiques et rémission durable du VIH après interruption du traitement

Un lymphocyte infecté par le vih en contact avec un lymphocyte non infectée © Institut Pasteur 2025 (Illustration)

La lutte contre le VIH reste un défi majeur de santé publique. Le traitement du VIH nécessite généralement une thérapie antirétrovirale à vie, mais certains "contrôleurs post-traitement" maintiennent une charge virale indétectable sans traitement. Des chercheurs ont identifié des caractéristiques génétiques immunitaires chez ces personnes, ouvrant de nouvelles possibilités d’immunothérapies pour la rémission ou la guérison du VIH. Des résultats qui viennent d’être publiés dans une étude RHIVIERA01.

Contexte et enjeux…
La lutte contre le VIH demeure un enjeu crucial de santé publique à l’échelle mondiale. Malgré les progrès thérapeutiques réalisés au cours des dernières décennies, le traitement du VIH repose encore principalement sur l’administration continue de thérapies antirétrovirales. Ce traitement à vie est rendu nécessaire par la capacité du virus à établir des réservoirs persistants dans l’organisme, qui échappent au contrôle du système immunitaire et résistent à l’éradication complète.

Comprendre les mécanismes biologiques et immunitaires qui permettent à ces individus de contrôler le virus sans médicament représente un enjeu majeur, tant pour le développement de stratégies innovantes de rémission durable que pour l’élaboration de potentielles immunothérapies curatives. Les avancées récentes dans l’identification de caractéristiques génétiques spécifiques à ces contrôleurs ouvrent ainsi des perspectives inédites pour repenser la prise en charge et l’avenir du traitement du VIH.

L’existence de ces réservoirs viraux constitue le principal obstacle à une guérison définitive, car l’arrêt du traitement entraîne généralement une reprise rapide de la réplication virale. Toutefois, une minorité de personnes, appelées « contrôleurs post-traitement », parviennent à maintenir une charge virale indétectable après l’interruption de la thérapie. Leur cas intrigue la communauté scientifique et suscite de nouveaux espoirs.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm et de l’AP-HP, dans une étude financée par l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE),Un Gros plan des scientifiques avec tube et lame de verre (Illustration) © Conçu par Freepik 2025 sont parvenus à identifier des caractéristiques génétiques immunitaires particulières d’un groupe de ces personnes. Ces travaux offrent des renseignements inédits sur les mécanismes immunitaires associés au contrôle du VIH sans traitement antirétroviral et ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement d’immunothérapies visant la rémission ou la guérison de l’infection par le VIH.

Eclairage nouveau sur les mécanismes immunitaires…
Des chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm et de l’AP-HP, soutenus par l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE), ont identifié des caractéristiques génétiques immunitaires spécifiques chez un groupe de contrôleurs post-traitement. Cette avancée apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes immunitaires qui permettent le contrôle du VIH sans antirétroviraux, ouvrant ainsi la voie à de futures immunothérapies.

Réservoirs viraux et contrôle post-traitement (NK)…
Malgré la prise d’antirétroviraux, des cellules infectées par le VIH subsistent dans l’organisme et forment les réservoirs viraux responsables du rebond du virus en cas d’interruption du traitement. Cependant, certains individus, identifiés pour la première fois dans l’étude VISCONTI en 2013, maintiennent durablement le contrôle du virus après l’arrêt de la thérapie. Ce contrôle peut, dans certains cas, durer plus de 25 ans. L’amorce précoce du traitement, initiée dès les premiers jours de l’infection, semble favoriser cette rémission, bien que les mécanismes immunitaires ne soient pas encore entièrement élucidés.

Rôle des cellules Natural Killer…
Sous la direction d’Asier SAEZ-CIRION (Institut Pasteur), l’étude a mis en évidence que certaines caractéristiques génétiques liées aux cellules de l’immunité innée, les cellules Natural Killer (NK), sont particulièrement fréquentes chez les contrôleurs post-traitement de la cohorte VISCONTI. Une analyse rétrospective de la cohorte ANRS CO6 PRIMO, qui comprend plus de 1600 participants, confirme que ces marqueurs favoriseraient une rémission durable chez les personnes ayant débuté le traitement tôt et l’ayant interrompu par la suite. La présence de ces marqueurs s’accompagne de populations particulières de cellules NK, dotées d’une capacité accrue à contrôler l’infection. Ce constat pourrait orienter le développement de nouvelles immunothérapies.

Essai clinique en cours
Pour confirmer ces résultats, un essai clinique intitulé ANRS 175 RHIVIERA01, promu par l’Inserm / ANRS MIE, a été lancé en mars 2023. Cet essai porte sur 16 personnes présentant ces caractéristiques génétiques et ayant été traitées dès leur primo-infection, à qui une interruption du traitement très surveillée a été proposée. Les analyses sont toujours en cours. Simultanément, les chercheurs étudient l’effet précis de ces marqueurs génétiques sur le programme et la fonction des cellules NK.

Perspectives pour de nouvelles immunothérapies
Cette approche ouvre la possibilité de développer des immunothérapies capables d’activer ces cellules spécifiques chez d’autres personnes vivant avec le VIH. Selon Asier SAEZ-CIRION, cette découverte constitue une avancée vers la rémission durable de l’infection, alors que l’accès aux antirétroviraux demeure fragile. Des thérapies innovantes permettant aux personnes concernées de vivre sans traitement deviennent ainsi une priorité.

Appuis et financements
Cette étude est étroitement liée aux travaux VISCONTI et à la cohorte PRIMO, tous deux soutenus par l’ANRS MIE, ainsi qu’à des financements du NIH, notamment dans le cadre du projet ERASE HIV.

La Rédaction 

Sources : Institut Pasteur 2025 / Photo Freepik

Rédacteur(s) : Stéphane LAGOUTIERE
Catégorie : INNOVATION & RECHERCHE
Publication : 29/04/2025
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