Accéder au contenu principal

L’ANSM interdit définitivement le valproate aux femmes enceintes et en âge de procréer

Logo d'interdiction Dépakine Chrono 500 produit par les laboratoires Sanofi

A la suite d’une mesure de contre-indication entérinée par la Commission européenne en mars venu renforcer le dispositif de réduction des risques instaurés depuis 2015 en France. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), annoncé son interdiction « pendant la grossesse et ne doit plus être prescrite aux femmes, adolescentes ou en âge de procréer, sauf exceptionnellement contre l’épilepsie ». Une victoire pour celle qui fut la lanceuse d’alerte et désormais la présidente de l’association l'APESAC Marine MARTIN. Une interdiction qui entrera en application fin juillet 2018.

Près de quatre mille victimes.

Entre 2 150 et 4 100 enfants ayant été exposés in utero au valproate et à ses dérivés au cours de la période 1967-2016 seraient atteints d’au moins une malformation congénitale majeure, selon une étude de l’ANSM publiée, il y a un an. Pour la présidente cette interdiction d'ici la fin juillet est avant tout « l'aboutissement d'un long travail de l'APESAC et nous nous félicitions aujourd'hui que l'ANSM et l'EMA (Agence européenne des médicaments) aboutissent à cette décision du valproate chez les femmes en enceintes et en âge de procréer ». Mais de souligné que l’association sera « restée attentive au respect de ces nouvelles recommandations ».

En 2014, l’EMA avait relevé des études montrant que « 30 à 40 % » des enfants exposés à cette molécule dans le ventre de leur mère connaissaient des troubles tels que « des retards dans la marche et le langage, des problèmes de mémoire, des difficultés de langage ou d’expression et de moindres capacités intellectuelles ». De plus, 11 % d’entre eux souffraient de malformations, soit quatre fois plus que la normale.

Valproate : des grossesses interdites ?

Si la contre-indication demeure générale pour toutes les femmes en âge de procréer, sauf si toutes les conditions du programme spécial de prévention de la grossesse incluant notamment l'information complète de la patiente sur les risques, la réévaluation annuelle de l'intérêt du traitement.

La contre-indication absolue demeure essentiellement chez les femmes enceintes (sauf dans des situations exceptionnelles d'épilepsie résistante aux autres traitements). Un choix dont la France avait devancé l’Union européenne en contre-indiquant le valproate, Dépakote et Dépamide, destiné aux bipolaires. Le valproate a été approuvé pour la première fois en France, en 1967 et reste largement prescrit contre l’épilepsie, notamment sous des versions génériques.

Cette décision oblige désormais les laboratoires à la mise en place d’une mise en garde « VALPROATE + GROSSESSE = INTERDIT Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes ». Une boîte qui comportera également un « QR code » pour renvoyer les patientes sur un site internet afin de délivrer l'information dédiée aux patientes. Des données qui devront normalement faire l’objet d’une actualisation sur les brochures patientes, le guide d'information pour les médecins et le formulaire d'accord.

Des pictogrammes trop anxiogènes !

Pour l’association des consommateurs l'UFC-Que Choisir les pictogrammes « danger » ou « interdit » à destination des femmes enceintes ont fait leur apparition sur les boîtes de médicaments. En pratique, les laboratoires pharmaceutiques les ont aussi apposés sur des spécialités ne présentant pas de danger avéré… au risque d’affoler les femmes enceintes, et de les pousser à arrêter des traitements indispensables.

Le décret sur les pictogrammes à destination des femmes enceintes vient de l’affaire « Dépakine ». De nombreux enfants sont nés malformés et/ou ont développé des troubles du spectre autistique parce que leur mère, épileptique ou bipolaire, pas ou peu informée par les médecins, a continué à prendre du valproate de sodium (Dépakine) ou un de ses dérivés (Dépamide, Dépakote, etc.) pendant sa grossesse. Une affaire jugée par la Cour d’appel d’Orléans a condamné les laboratoires pharmaceutiques Sanofi à indemniser les victimes. Une décision provisoire puisque Sanofi c’étant pourvu en Cassation.

La rédaction.

Source : ANSM / APESAC

Catégorie : SANTÉ PUBLIQUE
Publication : 14/06/2018
Recherche scientifique JusticeSantéLaboratoireMédicamentsANSMMarine MARTINAPESACDépakine

Articles en relation

Vaccin : Début d’alerte de bronchiolite en Ile de France par manque de protection et de vaccination des nourrissons

La Société française de pédiatrie a lancé un message d’alerte sur le manque de vaccination chez les nourrissons et enfants en bas âge contre la bronchiolite. Une maladie comme le rappel sa porte-parole Christèle GRAS Le GUEN bénigne mais dont les conséquences parfois mai peuvent entraîner des complications graves, surtout chez les bébés de moins d’un an ou fragiles. À titre d’exemple la région parisienne et passé au stade épidémique alors qu'on pourrait l'éviter !

Les Laboratoires condamné par l’ANSM à plus de 8 M€ d’amende pour non-respect de leurs obligations

Véritable fléau qui touche la France depuis plusieurs année. Pour lequel une fois de plus Emmanuel MACRON avait promis à celle-ci de retrouver une véritable indépendance, mais pour lequel une politique autre que celle répressive depuis la mise en œuvre du relatif au stock de sécurité destiné au marché national.  Cela est-il la seule solution ? Une ammende qui représente tout même la somme de 8 M€ et qui ne semblent pas pour autant effrayé les Laboratoires. Une certitude "les stocks sont cosntitué pour cette hiver".

Hospitalisation de cinq personnes à Tours suspecté de botulisme à la suite d’une consommation de Pesto

Lors d’une conférence de presse au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours, le préfet d’Indre-et-Loire Patrice LATRON a indiqué que « deux couples se sont présentés aux urgences samedi », suivis d’une cinquième personne dimanche après avoir participé à un même « repas d’anniversaire ». Selon les premières analyses celle-ci ont détecté cinq cas botulisme provoqué a la suite semble t’il de la consommation de conserves artisanales de pesto à l’ail des ours. Le ministère de la santé et le site Rappel conso ont ordonné le rappel de près 600 bocaux.

Une Française de 49 ans retrouve l’usage de la voix après une greffe du larynx à Lyon : Une première en France

Les 2 et 3 septembre, les chirurgiens des Hospices civils de Lyon ont réalisé la première greffe du larynx en France. Karine heureuse et dont ces enfants pourront désormais entendre la voix de leurs mère. Deux mois après, le très long travail de rééducation commence à peine pour la patiente qui doit réapprendre à inspirer et expirer pour commencer. 

Santé mentale des jeunes : des conseils pour prendre soin de sa santé mentale pour les 11 à 24 ans

En 2023, la santé mentale des jeunes reste dégradée. A la veille de la Journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre(v. article). Santé publique France souhaite sensibiliser les jeunes de 11 à 24 ans aux comportements bénéfiques à leur bien-être psychique et à leur santé mentale. Cinq vidéos « Le Fil Good » diffusées sur les réseaux sociaux jusqu’en décembre décrypteront ces comportements qui permettent de prendre soin de sa santé mentale. Par ailleurs,

Nouvelle plainte pour le décès suspect d’une femme au CHU de l’hôpital Remiremont

Une nouveau décès le 3 octobre d’une femme de 78 ans à l’hôpital de Remiremont, dans les Vosges et le douzième en deux ans, vient de provoquer à la suite de la plainte de la famille d’une enquête pour « recherche des causes de la mort ». L’établissement était déjà visé par plusieurs plaintes de familles d’autres patients décédés. Trois patientes âgées de 59, 67 et 78 ans, sont décédées entre juillet 2020 et juillet 2022. Deux d’entre elles étaient entrées à l’hôpital pour une fracture du fémur et avaient été prises en charge par le même chirurgien et le même anesthésiste.