Agnès Buzyn, annonce une hausse des tarifs hospitaliers de 0,5 % après dix ans baisse successif ?
Depuis presque dix ans les gouvernements successifs n’ont eu de cesse d’imposaient au secteur hospitalier des baisses de tarif. La ministre de la Santé, Agnès BUZYN a annoncé, mardi, une progression de 0,5 % des tarifs hospitaliers en 2019. Une décision jugée comme « historique » par la ministre et qui met fin à « pression sur les personnels, sur leur capacité d'investissement, et sur leur capacité d'achat de matériel », précise telle. Une vision que ne partage pas une partie de l’opposition comme celle du groupe communiste républicain citoyen et écologiste (CRCE) du Sénat qui dénonce une « supercherie » le gouvernement qui finance celle-ci dans « la poche des assurés sociaux ! ».
Une hausse des tarifs hospitaliers en 2019…
Ce qui ne signifie pas une hausse des frais pour les personnes hospitalisées. Cela veut dire que, de manière rétroactive au 1er janvier, les hôpitaux publics et les cliniques seront remboursés par l'Assurance-maladie sur des tarifs d'actes plus rémunérateurs. Les hôpitaux publics et les cliniques étant financés par le nombre d'actes pratiqués. A chaque acte correspond un tarif, lequel leur est remboursé annuellement par l'assurance maladie. Un budget des hôpitaux qui progressera ainsi de 2 Mds€, passant de 80 à 82 Mds€. Ainsi en 2019 seule les établissements ayant une activité de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) verront leurs enveloppes progresser. A contrario des hôpitaux psychiatriques fonctionnent avec une enveloppe globale ne seront pas concerné, alors qu’il demeure les parents pauvres du secteur de santé et n’ont vu leur budget de progressé que 100 M€. « C'est la première étape vers un nouveau modèle de financement privilégiant davantage la qualité », note le ministère.
Un financement sur le prix des médicaments…
Si cette augmentation des tarifs semble satisfaire les représentants du secteur. Les quatre fédérations hospitalières des secteurs public et privé (FHP, FHF, Fehap et Unicancer) s'étaient unis pour réclamer une hausse de 1% des tarifs hospitaliers quand ceux-ci avaient encore baissé de 0,5% en 2018. « Cela donne un peu d'oxygène au système », a estimé auprès de l'AFP Frédéric VALLETOUX de la Fédération hospitalière de France (FHF). Précisant que cela marque « surtout la fin d'une mécanique délétère » selon laquelle « chaque acte valant moins cher à l'hôpital », il fallait pour préserver les budgets « qu'il y ait beaucoup plus de malades ou faire beaucoup plus d'actes ».
Une augmentation dont la Ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré sur RTL que le cadre financier voté par le Parlement pour l'Assurance-maladie est tenu. « Nous mettons la pression sur les prix des médicaments, explique-t-elle. Les industriels ne sont pas contents, mais ça nous permet de dégager des marges de manœuvre pour les hôpitaux ».
Une vague « supercherie ! »…
Pour le groupe communiste républicain citoyen et écologiste du Sénat cette augmentation et surtout et avant une immense « imposture du gouvernement qui prend une nouvelle fois dans la poche des assurés ». Une hausse qui démontre bien le manque de moyens des hôpitaux et l'urgence d'y apporter des remèdes mais dont le CRCE estime celle-ci comme « supercherie ! il n'est absolument pas question pour le gouvernement de stopper la politique d’austérité qu'il impose à notre système de santé ». Le groupe dénonçant le choix du gouvernement aux restrictions des dépenses de la santé « alors que c'est du côté des recettes qu'il faut agir en mettant à contribution les revenus financiers des entreprises par exemple et en luttant contre la fraude patronale ».
L’augmentation des tarifs hospitaliers est avant selon le CRCE un « moyen détourné de faire peser sur les assurés sociaux l'austérité imposée à l'hôpital par le gouvernement, et au passage, ce sont les plus précaires qui ne possèdent pas de complémentaires santé et les assurés en rupture de droit qui seront pénalisés ». Le groupe qui rappel que le budget loi de financement de la Sécurité sociale voté pour 2019 prévoit pour l'assurance maladie une restriction budgétaire de 4,2Mds€, dont 1,2 Mds€ pour l'hôpital par rapport à la progression naturelle des dépenses. Ainsi que le budget de la mission « santé » de l'État voté pour 2019 qui prévoit une diminution de 1,1 % des crédits de son programme « Prévention, sécurité sanitaire et offre de soins », par rapport à 2018.
Le projet de loi de programmation des finances publiques (PLPFP) 2018-2022 prévoyant une progression des dépenses de l'Assurance maladie limitée à 2,3% par an alors que l'augmentation naturelle est évaluée à 4,5%. Le dégel de près de 400 millions des crédits mis en réserve et réclamé par les quatre fédérations hospitalières, correspond seulement au quart du déficit des hôpitaux publics évalué à 1 milliard d'euros pour 2018.
La Rédaction
Publication : 27/02/2019
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