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La douleur, ce n’est pas « dans la tête » : plus 45 associations appellent à une véritable prise en charge en France

Douleur chronique les associations demandent une prise en charge globale 57e04

Fourmillements, décharges électriques, brûlures...normalement, la douleur est un signal d'alarme censé protéger le corps des agressions. Mais quand elle dure plus de trois mois, elle devient une véritable maladie chronique touchent plus de 12 millions de Français. Des douleurs perturbant la vie quotidienne. « La douleur c’est du sérieux » c’est par ces mots, qui sonnent pourtant comme une évidence, que France Asso et plus 45 associations dans un communiqué dénoncent les insuffisances notoires dans « la prise en charge de la douleur », et leurs « conséquences dramatiques » pour les personnes concernées. Un appel lancé ce 21 octobre à l’occasion de journée mondiale de lutte contre la douleur.

Moins de 3% des patients pris en charge

Plus de 12 millions de Français souffrent de douleurs chroniques soit près de 1 français sur 5. Pourtant, malgré trois « Plans douleur » mis en place entre 1998 et 2011, 70% des personnes concernées ne bénéficient toujours pas d’un traitement approprié selon l’association. Qui rappel que moins « de 3% d’entre elles sont prises en charge dans un des centres spécialisés (SDC) » accueillent chaque année environ 400.000 patients, qui sont au nombre de 243 en France. « Lesquels manquent cruellement de moyens. La douleur présente lors de la fin de vie ne bénéficie pas non plus de l’attention nécessaire et de l’accompagnement adéquat » dénonce France Asso. Des centres ou les listes d’attente peuvent atteindre plusieurs mois d’attente avant d’obtenir un rendez-vous.

Un manque de financement qui fragilise ces ces SDC car elles sont financées en grande partie par des dotations de type Mission d’Intérêt Général (MIG) qui ont pour objet de financer les surcoûts associés aux consultations longues et/ou pluridisciplinaires. Leur avenir est ainsi conditionné par la volonté de l’établissement de maintenir ou pas une activité douleur, bien moins rémunératrice qu’une activité chirurgicale ou interventionnelle…

Si en France, contrairement au Etats-Unis, il ne faut certainement pas tomber dans la sinistrose et le qualificatif d’épidémie ne doit pas être employé. Les chiffres démontrent une forte augmentation de la consommation de codéine, deLes douleurs chroniques quand le symptôme devient maladie e2a0c Tramadol et de poudre d’opium depuis plusieurs années ; les opioïdes forts augmentent plus faiblement. La mortalité n’atteint pas les chiffres américains qui consomment 80% des opioïdes de notre planète. Cependant, la vigilance s’impose.

A noté d’ailleurs que que l’utilisation du cannabis thérapeutique vient d’être retenu par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a retenu pour l’expérimentation sur le cannabis thérapeutique les indications suivantes : Douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles, Certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco résistantes, Soins de support en oncologie, Situations palliatives, et enfin Spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central.

La douleur une maladie et handicap a part entière…

Rappelons que la douleur constitue le premier motif de consultation, chez le médecin généraliste et dans les services d’urgence. « Pour nous, associations de personnes concernées, la prise en charge de la douleur en France n’est pas à la hauteur des besoins. La douleur provoquée par les soins est par ailleurs trop souvent négligée au profit des seuls objectifs de guérison. Elle reste difficile à repérer et parfois considérée avec une certaine désinvolture. Sa reconnaissance reste très récente, surtout pour les adultes ».

La douleur dont les associations estiment que celle-ci a double impact a la fois sur les malades concernant leur qualité de vie et la préservation de leurs chances thérapeutiques (anxiété, dépression, refus de soin…). Mais aussi sur les soignants (sensation d’échec, démotivation, épuisement). Une relation qui selon les associations « s’en trouve significativement affectée ». L’absence de prise en charge de la douleur a également un coût financier notable pour la société avec l’« absence professionnelle, dépenses majorées de santé… » soulignent ces organisations, dont France Assos Santé, l'Association Française des Sclérosés En Plaques (AFSEP), la Ligue contre le cancer, ou encore X.

À l’occasion de cette Journée mondiale, les 47 associations demandent que la douleur soit « reconnue comme une maladie à part entière comme de la souffrance psychique qui y est associée », avec une reconnaissance de la part des soignants, qui minimisent encore trop souvent le sujet. Une demande qu’exprime aussi les malades eux même pour qui Il n’est plus possible d’entendre des personnes nous dire : « J’en ai parlé à mon médecin traitant, il m’a dit que cela allait passer. Cela a duré une dizaine d’années » ou encore « Je ne veux pas que la douleur vienne m’empêcher de vivre ».

Une véritable priorité politique…

Quarante sept signataires qui appel les pouvoirs publics à faire de la douleur une véritable priorité des politiques publiques de santé, et à garantir le droit pour chaque malade de recevoir « le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées », tel que prévu par la loi (Article L1110-5 du code de la santé publique). Pour ce faire, France Assos Santé demande que les propositions pour la prévention et la prise en charge de la douleur soient enfin mises en œuvre.

Les associations qui rappel la nécessité d’une véritable politique de actions de prévention de la douleur chronique, en développant la formation sur le sujet, en investissant dans la recherche et en reconnaissant la médecine de la douleur "comme une vraie spécialité médicale". Les étudiants en médecine souhaitant se former à la médecine de la douleur suivent actuellement une "formation spécialisée transversale" d'une durée d'un an. Un sujet qui sera au cœur des discussions à l’occasion du congrès annuel de la SFETD qui se tiendra à Strasbourg (67) du 27 au 29 novembre prochains et qui réunit tous les acteurs du domaine de la douleur.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Sources : France Assos Santé

Catégorie : SANTÉ PUBLIQUE
Publication : 21/10/2019
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