L’ANSM autorise l’expérimentation du Cannabis a usage thérapeutique en France
Demandé depuis longtemps par de nombreux patients et par des membres du corps médicale de plus en plus nombreux. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait ouvert en 2018 une commission d’enquête. Un groupe d’expert qui avait pour mission d'évaluer la pertinence et la faisabilité de la mise à disposition du cannabis et qui a présenté ces conclusions le 28 juin dernier. l'ANSM qui a décidé ce 11 juillet de suivre les recommandations. L’agence et le ministère des solidarités et de la santé engagent dès à présent les travaux nécessaires à la mise en place de l’expérimentation.
Cannabis thérapeutique : feu vert pour l’expérimentation….
Le comité d’experts mis en place par l’ANSM en septembre 2018 avait pour mission d’évaluer l'intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement de certaines pathologies ou de certains symptômes. Il s’est attaché dans un premier temps à analyser la littérature scientifique et les expériences d’autres pays l'ayant déjà mis en place et a auditionné des patients et des professionnels de santé.
Les éléments les plus importants de cette proposition de cadre visent à sécuriser au mieux la prescription et le suivi des patients. Pour mettre en place et évaluer l’expérimentation, les experts recommandent par ailleurs la mise en place d’un comité scientifique pluridisciplinaire composé notamment de représentants des patients et de professionnels de santé. L’agence s’engage dès à présent à préparer, avec les différents services de l’État concernés, les modalités techniques de mise en œuvre de l’expérimentation. « Le cadre global qu'ils posent est un cadre à partir duquel on peut travailler, leurs propositions nous paraissent de bonnes propositions », a précisé Dominique MARTIN, directeur général de l'ANSM.
Des patients en « impasse thérapeutique »….
Il ne s’agit pas là évidemment d’une légalisation du cannabis en France, mais simplement d’une autorisation a caractère exclusivement médicale comme le précise le communiqué de l’agence pour des patients qui pourrait se trouver face a une « impasse thérapeutique ». A titre d’exemple le comité d’expert avait notamment cité par exemple les douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles, dans certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes, maladie dont des récentes études "Données probantes sur le cannabis et les cannabinoïdes pour l'épilepsie: examen systématique des données probantes contrôlées et observées" (anglais) publié en 2017 on prouvé son efficacité, ou encore dans la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou encore d’effets secondaires de chimiothérapies.
Pas question de prescrire des joints sur ordonnance ! le cannabis thérapeutique sera uniquement sous forme de produits inhalés (huiles ou fleurs séchées) ou ingérés (solutions buvables, capsules d’huiles ou gouttes).Une expérimentation qui devrait se faire selon l’agence en collaboration avec des médecins volontaires a l’expérimentation et qui devront pour cela suivre une formation en ligne qui seront fixé prochainement par le ministère et l’agence dans les prochaines semaines. « Les éléments les plus importants de cette proposition de cadre visent à sécuriser au mieux la prescription et le suivi des patients » précise l’agence. Une annonce dont ce réjoui Jean, atteint d'une forme sévère de la maladie de Crohn qui espére « vraiment pouvoir faire partie de ceux qui pourront solliciter ce complément thérapeutique pour pouvoir vivre. Car si on ns interdit l'euthanasie alors ne ns interdisons plus les possibilités de mieux vivre certains troubles ou maladies. Pensons aux droits humains ».
Car comme le précise le Vidal, « en France, les patients qui ont actuellement recours au cannabis pour soulager certains maux malgré la prohibition le consomment le plus souvent en fumant, en l'absence d'autres galéniques disponibles. » L'organisme 60 millions de consommateurs rappelle quant à lui en quoi le cannabis médical se distingue du cannabis thérapeutique par sa composition. « Les consommateurs de marijuana recherchent les effets générés par le tétrahydrocannabinol (THC), la principale substance psychoactive de la plante. Dans les produits pharmaceutiques, ce cannabinoïde est moins concentré voire totalement absent au profit du cannabidiol (CBD) », explique-t-il.
Un usage confirmé par décret depuis 2013…
Le cannabis médical est autorisé dans une trentaine de pays, dont les premiers furent le Canada, les Pays-Bas et Israël, dans 33 Etats aux USA, au Pérou, Mexique, Colombie et dans 21 pays sur 28 en Europe à différents niveaux. Jusqu'à présent, l'État français interdisait, via l’article R5132-86 du Code de Santé Publique, la production, la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation, la détention, l'offre, la cession, l'acquisition ou l'emploi du cannabis et des tétrahydrocannabinols, à l'exception du dérivé de synthèse utilisables pour faire des études cliniques. Une interdiction soumise à dérogations mais qui interdisait quasiment totalement la possibilité d'utiliser les dérivés du cannabis en médecine.
Un changement de comportement que l’Etat avait commencé a prendre depuis 2013 avec le décret du 5 juin, publié au Journal Officiel du 7 juin, qui avait annulé cette restriction et permet désormais « la délivrance d'une autorisation de mise sur le marché à des médicaments contenant du cannabis ou ses dérivés ».
Stéphane LAGOUTIÉRE
Sources : ANSM 2019
Le Comité d’experts sur le cannabis à visée thérapeutique en France mis en place par l’ANSM, se réunit pour sa dernière séance afin d’échanger avec les parties prenantes sur le projet de cadre de la phase expérimentale de sa mise à disposition le 26 juin 2019. Un comité qui a rendu ces conclusion le 29 juin 2019
Publication : 15/07/2019
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