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Médecin sans Frontières : Quel impact l'épidémie d'Ebola a-t-elle eu sur la santé mentale des populations ?

Epidemie d Ebola en Afrique au Liberia avec Medecin sans Frontiere en juillet 2014

Plus de 4 800 Libériens sont morts d'Ebola en 2014 et 2015. De nombreuses personnes ont perdu des proches, parfois toute leur famille. Beaucoup de survivants souffrent d'un profond sentiment de culpabilité : certains ont été les premiers de leur famille à attraper le virus, et l'ont transmis aux autres. D'autres sont les seuls à avoir survécu - deux ans après, ils ne cessent de se demander pourquoi ils ont encore en vie tandis que les autres sont morts. Un constat que dresse Médecin sans frontière.

Si selon l’ONG, Médecin sans frontière la religion est un moyen pour certains de surmonter le décès de proches, notamment grâce aux rites funéraires. Le sentiment d'appartenance à la communauté et les croyances communes peuvent aussi aider à réduire la douleur et le traumatisme des malades. Mais au plus fort de l'épidémie, même cette possibilité avait disparu car le gouvernement avait dû établir des règles strictes de crémation des corps et interdire les cérémonies d'inhumation.

Dans leur histoire récente, les Libériens ont été confrontés à d'autres situations traumatisantes, comme la pauvreté extrême, les violences, les déplacements de masse et les massacres liés à 13 années de guerre civile, qui a pris fin en 2003. Chez de nombreuses personnes, l'épidémie d'Ebola a fait ressurgir ces douloureux souvenirs, leur rappelant une période de leur vie où la mort était omniprésente.

« L'accumulation des traumatismes aide à comprendre les difficultés des Libériens à laisser derrière eux les souvenirs de l'épidémie d'Ebola. Un traumatisme psychologique est comme une blessure ; de la même manière que la peau cicatrise, il laisse une ‘cicatrice psychologique' indélébile. »

Deux ans après le pic de l'épidémie...
Quels sont les principaux problèmes auxquels sont confrontés les survivants d'Ebola ?
« Le nombre de personnes souffrant de symptômes physiques, tels que des douleurs articulaires, des migraines ou des problèmes ophtalmologiques, a diminué au fil du temps, mais les problèmes psychologiques demeurent, Epidemie d Ebola en Afrique de l Ouest avec Medecin sans Frontiere en juillet 2014principalement sous la forme de stress post-traumatique et de dépressions.

Chez les personnes souffrant de stress post-traumatique, les souvenirs traumatiques ont tendance à réapparaître sous une forme destructrice : le patient revit le traumatisme, la nuit dans ses rêves ou la journée lors de flashbacks, qui provoquent la même peur que le traumatisme originel. C'est comme s'il avait réussi à poser sur la “blessure psychique” un tissu cicatriciel si fin que le simple fait de diminuer le seuil de conscience – comme c'est le cas lorsque l'on dort – suffisait à rouvrir la plaie.

De leur côté, les patients souffrant de dépression ne cessent de repenser au traumatisme, ils ne peuvent exister sans lui. Dans ce cas, le traumatisme est comme une plaie qui ne parvient pas à cicatriser car les patients ne cessent de la gratter. »

Pourquoi MSF a-t-elle ouvert une clinique spécialement dédiée aux survivants d'Ebola ?
« Début 2015, lorsque la fin de l'épidémie d'Ebola a été déclarée pour la première fois au Libéria, les survivants ont soudainement eu du mal à trouver du soutien et des soins. Ils devaient non seulement faire face à un système de santé au bord du gouffre, mais aussi à la stigmatisation et à la peur de la contagion ». Selon l’ONG Souvent, les structures de santé leur refusaient l'accès aux soins. Beaucoup ont dû fuir leurs foyers et abandonner tous leurs biens, se retrouvant parfois totalement seuls car ils avaient perdu tous les membres de leurs familles.

« Notre clinique dédiée aux survivants a ouvert en avril 2015 ». Gérée par une équipe d'anciens employés de centres de traitement d'Ebola, qui prennent en charge des patients souffrant de symptômes physiques ou psychologiques. Celle-ci initialement, ne soignait alors que les patients sortis des centres de traitement d'Ebola.

Début 2016, l'équipe a étendu ses activités à la prise en charge de personnes tombées malades durant l'épidémie qui ne s'étaient pas rendues dans un centre de traitement, aux proches de personnes décédées, ainsi qu'au personnel de santé et aux équipes en charge de la manipulation des cadavres, « qui ont fait face à des situations très traumatisantes dans le cadre de leur travail. Plus de 600 patients ont reçu des soins depuis l'ouverture de la clinique « , souligne MSF

Fermeture progressive des activités auprès des survivants d'Ebola.
Une décision prise pour deux raisons, « D'une part, le nombre de consultations à la clinique, d'environ 240 par mois, est stable. De l'autre, les autorités libériennes ont décidé d'intégrer la prise en charge des survivants d'Ebola au système de santé du pays, car la stigmatisation dans les structures de santé est aujourd'hui moindre ».

Médecin sans frontière c’est ainsi demandés si une clinique pour les survivants aidait réellement les patients à surmonter leur passé. Bien souvent, le seul document d'identité dont ces personnes disposent est un certificat de guérison d'Ebola. Le nom même de la clinique renvoie les patients uniquement à leur identité de malades, de victimes post-traumatiques.

« C'est pourquoi nous avons décidé de fermer progressivement la clinique et de transférer les patients dans d'autres structures qui seront en mesure de leur proposer des soins aussi longtemps qu'ils en auront besoin. » conclut l’ONG.

La Rédaction

Source : Médecins Sans Frontières

Catégorie : SANTÉ -- INTERNATIONAL
Publication : 27/10/2016

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Ils seraient 225 millions, soit un tiers des 900 millions d'habitants de la zone européenne de l'OMS, a vivre dans l'un 16 pays sur 53 n'interdisent toujours pas l'utilisation de toutes les formes d'amiante, auquel ces personnes peuvent être exposées dans leur milieu de travail et dans l'environnement, selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la santé. Il s'agit pour la plupart d'anciennes républiques soviétiques, comme l'Ukraine et le Kazakhstan. Les autres disposent de réglementations plus ou moins exigeantes. Une situation dont l'OMS met en garde et appel les pays à remplir les engagements pris en 2010 a déclaré Zsuzsanna JAKAB, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe dans un communiqué, lors de la clôture de la réunion de haut niveau sur l'environnement et la santé à Haïfa (Israël).

Des promesses rapidement oubliées ?

Un bilan bien pessimiste pour l'avenir, ou les promesses de 2010 dans le cadre de la cinquième conférence ministérielle sur la santé et l'environnement organisée à Parme (Italie), semblée avoir disparu ou a défaut mis de côté. Un bilan que détaille le dernier, rapport publié le 30 avril 2015 (en anglais) par la branche Europe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Certes ce rapport montre une évolution du comportement, pour 37 des 53 États membres de la Région aient interdit l'utilisation de toutes les formes d'amiante, les 16 pays restants1), pour la plupart étant d'anciennes républiques soviétiques, comme l'Ukraine et le Kazakhstan, l'utilisent toujours, surtout pour les matériaux de construction, et certains continuent à en produire et à en exporter. Un produit qui comme le démontre les nombreux procès en France, même lorsque l'on a cessé d'utiliser l'amiante, il reste présent dans l'environnement pendant plusieurs décennies.

Même parmi les pays ayant interdit l'amiante, la situation est loin d'être idéale: seuls 62 % de ceux l'ayant interdit disposent de plans pour mettre fin aux maladies liées à ce matériau, objectif principal de l'OMS pour 2015. Et 32 % ont mis en place des mesures pour empêcher l'exposition du public lors du désamiantage des bâtiments, du transport et de la gestion des déchets.

Un risque lors de conséquence et encore trop ignoré...

Une exposition dont l'OMS rappel qu'il est générateur de nombreux cancer des poumons, des ovaires et du larynx, un mésothéliome et l'asbestose. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre près de 15 000 vies chaque année en Europe, surtout des travailleurs, en raison des maladies causées par une exposition à l'amiante. Chaque décès de ce type est évitable », indique le Dr. Zsuzsanna JAKAB, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe.

« Nous exhortons tous les pays à remplir les engagements pris en 2010, et à élaborer pour la fin de l'année des politiques qui permettront d'éliminer les maladies liées à l'amiante en Europe. Il reste très peu de temps pour cela », précise la directrice.

Aucun des pays continuant à autoriser l'amiante ne dispose de tableaux des maladies professionnelles: dès lors, le mésothéliome ne peut y être reconnu comme tel. Pire, aucun d'entre eux ne distingue cette maladie des autres cancers dans ses registres cancers. Mais même parmi les pays interdisant l'amiante, 23 % ne reconnaissant pas officiellement le mésothéliome comme une maladie professionnelle. Un fardeau réel pour les États: parmi les 15 plus pays les plus peuplés de l'Union européenne, l'OMS estime qu'il coûte à lui seul plus de plus 1,68 Mds€ par an.

Début mai, le Comité d'étude des produits chimiques de la Convention de Rotterdam envisagera de répertorier le chrysotile, ou amiante blanche (la forme la plus courante de l'amiante), parmi les substances pour lesquelles les pays importateurs devront donner leur consentement à l'exportateur pour que la transaction puisse se produire.

Stéphane LAGOUTIERE

1) Liste des 16 Pays  : l'Albanie, Andorre, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, la Fédération de Russie, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, Monaco, l'Ouzbékistan, la République de Moldova, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ukraine.

L’OMS préconise l’intensification de la vaccination contre la rougeole avec plus de 22 000 cas signalés en Europe en 2014-2015

Vaccin contre la rougeoleLe Bureau régional de l’OMS pour l’Europe vient de lancé un appel a tous les les responsables politiques, les agents de santé et les parents à intensifier sans attendre la vaccination contre la rougeole chez tous les groupes d’âge à risque. Ainsi pourra-t-on mettre fin aux flambées épidémiques sévissant dans les pays de la Région européenne de l’OMS  et empêcher la survenue de flambées similaires à l’avenir. Une maladie dont les conséquences les plus graves peuvent provoquer des handicaps physiques ou neurologiques.

Parmi cette alerte sept pays de la Région ont signalé 22 657 cas de rougeole en 2014 et jusqu’à maintenant en 2015. L’objectif de l’élimination de la maladie d’ici la fin 2015 est donc mis en péril. Même si les cas de rougeole ont diminué de 50 % de 2013 à 2014, on observe encore d’importantes flambées épidémiques.

« Sachant que le nombre de cas de rougeole dans la Région européenne a baissé de 96 % au cours de ces deux dernières décennies, et que nous sommes tout près de l’élimination de la maladie, ces chiffres ne peuvent que nous surprendre. Nous devons sans plus tarder mener une action collective afin de combler l’insuffisance immunitaire », a souligné le Dr. Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe. « En effet, il est inacceptable que la rougeole continue à faire des victimes et à coûter de l’argent et du temps après les efforts déployés ces 50 dernières années afin de rendre disponibles des vaccins sûrs et efficaces. »

Les flambées épidémiques continuent de sévir en Europe de par la présence de poches de populations sensibles non vaccinées ou sous-vaccinées, notamment en raison du nombre croissant de parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants ou voient une entrave à l’accès à la vaccination. Les voyages peuvent accroître le risque d’exposition au virus de la rougeole ainsi que sa propagation chez les populations sensibles qui ne sont pas vaccinées.

« La priorité est désormais de lutter contre les flambées épidémiques dans tous les pays touchés moyennant des activités de vaccination qui ciblent les personnes à risque », conclut le Dr. Nedret EMIROGLU, directrice adjointe de la Division des maladies transmissibles, de la sécurité sanitaire et de l’environnement au Bureau régional de l’OMS pour l’Europe. « En même temps, tous les pays, sans exception, doivent maintenir un niveau très élevé de couverture vaccinale régulière contre la rougeole, afin de prévenir la survenue d’autres flambées épidémiques dans notre Région et d’éliminer la rougeole une fois pour toutes. »

Parmi les mesures nécessaires à la lutte contre les flambées épidémiques actuelles, l’OMS rappel qu’il convient notamment d’améliorer la surveillance  afin de dépister tous les cas suspects et de procéder à leur enquête, de

détecter rapidement les cas et déterminer les chaînes de transmission ou encore de rendre disponibles des informations de qualité fondées sur des bases factuelles quant aux avantages et aux risques associés à la vaccination contre la rougeole.

Pour soutenir les pays européens dans ces efforts, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe a lancé un nouveau Plan d’action européen pour les vaccins, une interprétation régionale du Plan d’action mondial pour les vaccins. Les États membres ont approuvé le plan d’action européen en septembre 2014 lors de la session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe. Beaucoup plus d’informations sur la rougeole et la rubéole en Europe sont disponibles sur le site Web du Bureau régional , notamment des rapports de données épidémiologiques , un programme de mesures accélérées en vue d’éliminer la rougeole et la rubéole  et un cadre pour la vérification du processus d’élimination.

Les complications graves de la rougeole

La rougeole peut entraîner des complications graves nécessitant une hospitalisation. Les complications sévères sont plus fréquentes chez les enfants de moins de un an et les adultes de plus de vingt ans. La rougeole peut ainsi entraîner : une otite aiguë (complication très fréquente chez le nourrisson), une laryngite ; une broncho-pneumonie parfois avec des difficultés respiratoires sévères nécessitant une hospitalisation ; une complication neurologique comme l'encéphalite dans un cas sur mille.

Elle se manifeste par une fièvre élevée, des maux de tête, des troubles de la conscience et peut entraîner le décès ou des séquelles graves irréversibles dans 30% des cas (troubles mentaux, paralysie, épilepsie) ; une conjonctivite qui peut évoluer vers une atteinte de l'œil (kératite) et la perte de la vue ; des douleurs abdominales avec diarrhées ; un purpura thrombopénique, une myocardite, une atteinte du foie ou des reins sont aussi possibles.

La rougeole comporte également un risque plus élevé de complications graves chez : les femmes enceintes avec risque d'anomalies du fœtus, de mort in utero du fœtus et de rougeole congénitale selon la date de survenue de la rougeole ; les personnes immunodéprimées, c'est-à-dire des personnes ayant des défenses immunitaires affaiblies ; les nourrissons de moins d'un an qui ne peuvent pas être vacciné.

La rougeole est de retour en France !

Alors que la rougeole a quasiment disparu dans de nombreux pays (Amérique en particulier), la France est depuis 2008 confrontée à une épidémie de rougeole. Même si le nombre de cas a diminué en 2013, la transmission continue. Alors qu'une quarantaine de cas seulement étaient déclarés en 2006 et 2007, une épidémie de rougeole a été observée en France à partir de 2008, avec 600 cas cette année-là. Cette épidémie s'est accentuée ensuite avec près de 15 000 cas déclarés pour la seule année 2011. En 2012, le nombre de cas a diminué avec encore 859 cas déclarés mais le virus continue à circuler en 2013 en particulier dans le Sud de la France. Au total, entre janvier 2008 et fin 2012, plus de 23000 cas ont été déclarés en France. Pour se tenir informé de l'évolution de l'épidémie en France : www.invs.sante.fr

La Rédaction